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Auteur : Thierry Jousse
Date de saisie : 13/04/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Cahiers du cinéma, Paris, France | INA, Bry-sur-Marne, France
Prix : 55.00 € / 360.78 F
ISBN : 978-2-86642-470-1
GENCOD : 9782866424701
Sorti le : 05/04/2007
Claire Lamarre - 19/04/2007
Marie Nicolle - 19/04/2007
Avec cette anthologie, c'est l'histoire d'un regard et d'un discours critique qui est racontée à travers l'exploration des formes télévisuelles que sont les dramatiques télé, les débats politiques, les émissions littéraires, les séries, le cinéma à la télé, les matchs de football, les documentaires de création, les clips ou la télé-réalité, sans oublier quelques moments forts de notre histoire contemporaine et télévisuelle comme la chute de Ceaucescu, la Guerre du Golfe, le procès Barbie ou la Guerre en Irak... Tout à la fois réflexion historique et ontologique sur l'évolution d'un médium et questionnement sur l'existence d'une critique de télévision, Le Goût de la télévision fait coexister dans un même ouvrage, André Bazin, Eric Rohmer, André S. Labarthe, Gilles Deleuze, Serge Daney, Jean Eustache, Jean Baudrillard, Olivier Assayas, Paul Virilio avec Jean-Christophe Averty, Pierre Bellemare, Serge Moati, Pierre Dumayet, Bernard Pivot, Guillaume Durand ou Pierre Chevalier.
Les Cahiers du cinéma n'ont cessé, depuis le commencement de leur histoire en 1951, d'écrire sur la télévision. Le premier numéro des Cahiers y consacrait déjà un article, alors intitulé «Film, cinéma et télévision». Considérée d'abord comme un espace utopique, ouvert à tous les possibles, la télévision est peu à peu devenue, pour les Cahiers, un sujet de réflexion, depuis l'expérience des pionniers de l'ORTF comme Pierre Sabbagh, Pierre Lazareff, Stellio Lorenzi jusqu'aux tentatives de quelques grands cinéastes comme Hitchcock, Renoir, Welles, Rossellini, Godard ou Fassbinder, pour investir le médium. Après 1981, et les multiples modifications du paysage audiovisuel (création de Canal +, irruption des chaînes privées, arrivée d'Arte, généralisation du câble et du satellite...), la télé prend une place grandissante dans la revue mais devient dans le même temps de plus en plus polémique.
L'institut national de l'audiovisuel conserve la mémoire de la télévision depuis ses origines. En s'associant à cet ouvrage, l'Ina a souhaité proposer de nouvelles clés de lecture pour l'histoire de la télévision et de ses programmes.
L'auteur
Thierry Jousse est cinéaste (Les invisibles, 2005) et a été le rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma tout au long des années 90. Il est également l'auteur de John Cassavetes, de Pendant les travaux, le cinéma reste ouvert, Wong Kar-wai et a dirigé l'encyclopédie La Ville au cinéma aux Éditions des Cahiers du cinéma.
Film, cinéma et télévision
Cette revue comporte dans son titre le mot «télécinéma» ; il s'agit bien là d'un programme : tout film qui enregistre des images par un procédé photochimique nous intéresse, fût-il le film qui sert à la télévision de support et qui joue pur rapport à elle - mutatis mutandis - le rôle du disque ou du magnétophone par rapport à la radio. Paraphrasant un mot célèbre, nous serions presque tentés de dire : «Tout ce qui est cinéma est nôtre». L'opinion de Fred Orain, technicien éminent du cinéma, qui vient de réaliser un véritable tour de force pour la télévision, est donc pour nous du plus haut intérêt.
L'inquiétude est grande chez les cinéastes depuis que la télévision a commencé à faire parler d'elle. Elle est grande chez les directeurs de salles obscures pour qui les écrans de 18, 22 et 32 centimètres apparaissent comme des concurrents redoutables. Elle est grande chez tous ceux qui, derrière la caméra, créent avec science, goût et talent pour le Septième Art.
Les acteurs voient également dans la multiplication des spectacles «at home», une menace pour leurs intérêts les plus directs, menace qui ressemble étrangement à celle qui pesait, il y a trente ans et plus, sur les interprètes de Bach, Mozart ou Christine, lors de la diffusion intensive du disque et de la radio. Certes, des problèmes se posent, des intérêts doivent être protégés. Des mesures sont à prendre pour que chacun de ceux qui oeuvrent pour le spectacle, de quelque nature et de quelque forme qu'il soit, ne devienne la victime de ce que l'on peut appeler sans réserve le plus merveilleux et le plus étonnant progrès du demi-siècle.
La lutte est engagée. En toute logique et chacun escomptant finalement y trouver son intérêt, des règles strictes doivent être établies et respectées. Les statuts du cinéma et de la télévision se compléteront et formeront un tout. C'est, en effet, grâce au cinéma, à sa technique faite de goût, de soins et de rigueur, que la télévision peut et pourra alimenter ses programmes. Ceci pose des problèmes très particuliers de réalisation dont la résolution apportera sans doute au cinéma des méthodes nouvelles, susceptibles de modifier l'économie d'une industrie si difficilement reniable. L'animateur de la télévision française depuis 1949, Jean Luc, l'a parfaitement compris. Dès hier, il avait mesuré que le seul moyen d'avoir à sa disposition des reportages vivants, quotidiens, attractifs et équilibrés, était d'utiliser «l'intermé-diaire-film 16 mm.», réparti, au tournage, dans des caméras aussi mobiles et aussi nombreuses que possible.
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