Un conseil de ma libraire jeunesse, coïncidence intéressante puisque l'agglopole me proposait une animation avec cet auteur, alors j'ai essayé, jusque là convaincue que les westerns n'ont d'intérêt qu'avec Clint Eastwood.... et ce fut le coup de foudre. Un scénario typique et original, une écriture fine où chaque mot sonne juste, un vocabulaire riche mais pas désuet, à dévorer que l'on soit adulte ou ado à condition de ne pas craindre d'avoir la gorge sèche et la larme à l'oeil car cette lecture vous propulse dans l'existence désertique de bandits de grand chemin.
Le journal sonore des livres : Claire Lamarre
- 16/05/2007
Dans cette immense contrée, âpre et sauvage, qu'on surnomme «le Ventre du Diable», le jeune Mosquito est enlevé par une bande de hors-la-loi.
Un événement qui marque pour lui la fin de l'enfance et le début d'une extraordinaire aventure. Car, s'il veut survivre, il n'a pas d'autre choix que celui de s'adapter à sa nouvelle existence, faite de longues chevauchées et de coups de revolver, d'amour et d'amitié, de poussière et de sang.
Les courts extraits de livres : 02/04/2007
Les astres sont des vaisseaux
La nuit.
Je m'éveillai au coeur du cosmos. Baignant dans l'onde d'un lac obscur, profond, dont les rives étaient semées de rinceaux d'étoiles. Je reconnus les constellations du Cygne et du Dragon. Celle du Lynx. Je me laissais porter de l'une à l'autre, au gré des courants. J'étais bien. J'étais bien...
Hélas, l'illusion ne perdura pas. Le ciel était immense, c'est vrai. Magnifique. Et innombrables les étoiles. Cependant, c'était bel et bien sur un terrain solide et rugueux que j'étais étendu. Loin du firmament.
Je basculai d'un bloc dans l'âpre réalité. Un choc. Tout mon corps me faisait souffrir. Ma chair, mes os. Mon estomac était serré comme un poing. Ma langue me paraissait lourde et gonflée. À l'intérieur de ma boîte crânienne, une invisible masse cognait à coups sourds et répétés, et la digue de mon front menaçait de rompre. Mais je ne pouvais pas m'évanouir à la commande. Il n'était plus question de fuite dans le néant, plus question de baignade interstellaire. Le ciel n'était que le ciel au-dessus de nos têtes. Un leurre somptueux. Je ne devais rien en attendre. Je devais faire face. Seul.
Pendant de longues minutes, allongé sur le dos, je m'astreignis à retrouver une respiration calme et régulière, à assouplir mes membres ankylosés, un à un, à délier mes articulations et mes muscles depuis mes orteils jusqu'à ma nuque. Cela finit par payer : peu à peu je retrouvai des sensations autres que la douleur.
Durant tout ce temps, je dus chasser sans relâche les funestes pensées qui m'assaillaient au sujet de mes parents et de M. Lärsen. Je refusais de céder de nouveau à l'apitoiement ou à la crainte. J'étais décidé à agir, à tenter quelque chose, fût-ce l'impossible. M'échapper : tel était désormais mon unique objectif. Ma seule chance de salut. Je n'avais aucun plan, mais je tenais à être paré au cas où l'occasion se présenterait.