A la mort de son père, Si-yan est séparée de sa mère et de son jeune frère. Son oncle l'emmène en ville pour être vendue à une famille bourgeoise.
Elle y fera office de domestique avant d'épouser le fils.
À onze ans, Si-yan se retrouve seule, sans famille.
Mais elle a un rêve. Celui de revoir le jardin de son enfance et de cultiver le potager de son père...
La route sera longue, Si-yan le sait, mais elle refuse de perdre espoir.
Certains rêves sont plus forts que tout...
L'AUTEUR
Sally Grindley vit à Londres. Décoratrice et costumière au théâtre pendant une quinzaine d'années, elle se consacre aujourd'hui entièrement à son métier d'écrivain et d'illustratrice pour la jeunesse. Elle a publié avec succès de nombreux albums pour les plus petits. Le rêve de Si-Yan est son deuxième roman jeunesse.
L'ILLUSTRATEUR
Olivier Tallec est né en 1970 en Bretagne. Il habite aujourd'hui Paris. Après avoir travaillé comme graphiste, il se consacre désormais au dessin. Il publie chez de nombreux éditeurs, plus particulièrement Rue du monde et Gallimard.
Au Père Castor, il a illustré plusieurs albums, ainsi que des couvertures de Castor Poche.
Les courts extraits de livres : 24/03/2007
Au marché
L'oncle a gardé le silence. Il a tiré sur sa cigarette, laissant ma question en suspens dans l'atmosphère lourde de la matinée jusqu'à l'arrivée de l'autocar. Il m'a fait monter à bord d'une bourrade. Deux femmes que je connaissais parce qu'elles habitaient un village voisin étaient déjà installées. Elles ont immédiatement voulu savoir où nous nous rendions. Oncle leur a donné un nom de ville qui ne me disait rien du tout et leur a fait clairement comprendre qu'il ne voulait pas les voir se mêler de ses affaires. J'ai entendu une des femmes chuchoter que, oh, mon dieu, on s'embarquait pour un sacré long voyage, et ensemble, elles se sont demandé à voix haute ce qu'on allait faire si loin de chez nous. Oncle les a ignorées tandis que je m'efforçais de démêler le sens de tous ces événements troublants qui venaient perturber le cours habituel de mon existence.
J'ai jeté un coup d'oeil par la fenêtre, légèrement réconfortée de voir un paysage encore familier. Avec mon père, nous étions souvent venus jusque-là, boum boum boum, en cahotant dans son rickshaw. Le car s'est arrêté, les deux femmes sont descendues en me faisant des signes d'adieu et en me souhaitant bon voyage. Elles se sont dirigées vers une rue bordée d'éventaires multicolores. C'était le marché où mon père venait toujours vendre ses légumes et où nous avions également vendu son énorme carpe.
- Pourquoi ne va-t-on pas dans ce marché-là ? ai-je demandé.