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Auteur : Oriana Fallaci
Traducteur : Victoire Simon
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Documents
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 2-268-06137-X
GENCOD : 9782268061375
Voici l'auto-interview d'une femme qui a le courage d'écrire la vérité sur les autres et sur elle-même.
Ses thèmes : le cancer moral qui ronge l'Occident et le cancer physique qui la ronge. L'anti-occidentalisme, le pro-islamisme, le parallèle entre l'Europe de 1938 et l'Eurabie d'aujourd'hui, le nouveau nazi-fascisme qui avance vêtu en nazi-islamisme. Ses lecteurs, ses souvenirs, à commencer par celui d'Hitler et de Mussolini qu'elle a vus, enfant, au cours de leur visite à Florence. Et aussi sa passion politique, son humour, la mort dont elle parle sans malaise ni peur.
Dans cette nouvelle édition, outre les nombreux ajouts (celui sur Ben Laden à Beyrouth est surprenant et captivant), elle a inclus un extraordinaire post-scriptum : L'Apocalypse. C'est pratiquement un nouveau livre (plus de 100 pages) dans lequel, en se référant à l'Apocalypse de saint Jean l'Évangéliste et en continuant son entretien avec elle-même, elle complète et achève son oeuvre avec son courage habituel.
Commençons par le huit cents millième exemplaire, ou plutôt par l'énième édition de votre livre La Force de la Raison, qui contient une nouvelle longue dédicace. Cette fois-ci, il est dédié non seulement aux morts de Madrid, mais aussi aux morts italiens, américains, anglais, canadiens, danois, français, polonais, allemands, bulgares, japonais, russes, coréens, iraquiens, bref, à toutes les victimes du terrorisme islamiste. Ainsi qu'aux personnes de bonne foi qui ne pleurent pas sur ces victimes autant qu'elles devraient. Eh bien, je dirais que c'est une dédicace féroce. Impitoyable et féroce.
Non. Elle est juste et nécessaire. Parce qu'il s'est passé des choses infâmes pendant ces quatre mois, depuis le jour de la parution de La Force de la Raison. Des massacres quotidiens, des enlèvements, des exécutions... Sans parler des mutilations et des décapitations qu'ils comportent. Ce sont des choses infâmes, mais elles sont assez souvent accueillies avec indifférence quand elles ne suscitent pas les mensonges habituels de ceux qui parlent de «résistance iraquienne». La dédicace aux morts de Madrid n'était donc plus suffisante à mon sens. Je regrette seulement de n'avoir pas été assez dure, d'avoir mitigé mon indignation avec la réflexion. Il y a trop de gens qui se taisent. Qui pensent la même chose que moi mais qui ont peur de dire ce que je dis. Qui trichent parce que cela les arrange ou par lâcheté, en feignant de ne pas voir ce qu'ils voient tout comme moi. C'est avec le même silence, la même peur et la même tricherie que leurs grands-parents ont accueilli le fascisme, le national-socialisme et le bolchevisme dans les années vingt et trente du vingtième siècle. Ma nouvelle dédicace, je ne pouvais pas plus m'abstenir de la faire que d'éternuer. Et le fait que certaines gens la jugent impitoyable, féroce, ne me préoccupe pas. Je me suis habituée à l'incompréhension, aux jugements, aux autodafés, «Brûlez-l'hérétique-brûlez-la».
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