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_ Les années mortes

Couverture du livre Les années mortes

Auteur : Alain Nadaud

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-246-53991-9

GENCOD : 9782246539919

  • Les présentations des éditeurs : 14/05/2006

La logique narrative de ce récit autobiographique relève de l'inventaire : en huit jours et huit objets minutieusement décrits, de la valise toute cabossée à la blouse grise, en passant par le porte-plume à l'ancienne, l'auteur ressuscite ce qu'il nomme lui-même ses "années mortes". Un long apprentissage de la solitude et de la douleur morale, exagérée bien sûr par la fragilité de l'enfance, qui prend la forme d'un séjour en pension chez les Pères. Punitions physiques, ambiance confinée, premiers émois, paysage imprécis et cotonneux de l'ennui, jalousies et mensonges, cruautés des camarades. L'air est connu, mais Alain Nadaud transcende la banalité de l'expérience par le recours de l'enfant à l'écriture. L'écriture, jusqu'aux dictées infligées, le sauve, en même temps que l'imaginaire où il se complait, qui le protège du réel trop médiocre et décevant.



  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur

Il n'a échappé à personne que cette année en France le pensionnat était devenu furieusement tendance. Blouses grises vintage, godillots de paras, coupe au bol, catéchisme,... représailles disciplinaires... Manquait le livre. Alain Nadaud, 55 ans, vient de l'écrire. Son titre : «les Années mortes». Avec une méticulosité d'entomologiste, non seulement il y dresse l'inventaire des souffrances qu'il a endurées dans un pensionnat catholique mais procède aussi au relevé des objets qui encombrent sa mémoire, la blouse grise, le cartable en cuir de vache, la carte Vidal-Lablache de l'Afrique-Occidentale française, le porte-plume Baignol & Farjon, le costume bleu marine acheté à la Belle Jardinière et piqué de boutons dorés aux armes du collège... Le récit autobiographique d'Alain Nadaud, rédigé avec des pleins et des déliés, et puis séché au buvard, s'ajouterait à la volumineuse littérature de l'éducation à l'ancienne, comme on le dit de la terrine du chef, si deux secrets, tapis dans l'ombre froide, ne lui donnaient sa raison d'être. Le premier est douloureux : cette enfance sacrifiée, dont ses parents furent les organisateurs, le collégien l'attribue en effet au frère mort dont il porte le prénom, dont il a le sentiment d'être l'imparfaite réplique... Le second est lumineux : affamé de lecture, il ne trouve pas, dans la bibliothèque austère ou infantile du pensionnat, l'histoire qui le fasse rêver, le roman qui le délivre de sa prison. Ce qui lui est refusé, il va donc l'inventer : «Je comprends que le désir d'écrire vient de naître en moi.» Désormais, le futur auteur de «la Fonte des glaces» est hors d'atteinte. Il s'est libéré tout seul. «Les Années mortes» sont devenues celles de l'éveil littéraire. Et ce récit, qui s'était ouvert sur la sirupeuse rengaine des «Choristes», s'élève soudain à la hauteur, où l'air est pur, des écrits inflexibles de Charles Juliet.


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