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_ Voyage aux sources du thé

Couverture du livre Voyage aux sources du thé

Auteur : Catherine Bourzat

Illustrateur : photographies de Laurence Mouton

Date de saisie : 18/10/2006

Genre : Beaux Livres

Editeur : Chêne, Paris, France

Prix : 49.90 € / 327.32 F

ISBN : 978-2-84277-501-8

GENCOD : 9782842775018

Sorti le : 18/10/2006

Célia Nogues - 08/02/2007


  • Les présentations des éditeurs : 23/11/2006

De l'océan Indien à la mer de Chine, du piémont de l'Himalaya aux pentes du Fujiyama, de manufactures familiales en usines high-tech, Catherine Bourzat et Laurence Mouton sont parties dans les jardins d'Asie scruter les destinées de la plante thé. Car, pour être du quotidien de dizaines de millions de gens de par le monde en tant que deuxième boisson consommée après l'eau, le thé n'en demeure pas moins un produit mal connu. Pendant trois ans, nos deux exploratrices ont arpenté des milliers de kilomètres et enquêté pour parvenir à cette conclusion impossible de venir à bout des surprises due la capricieuse plante réserve à ses jardiniers, des tours que prend sa manufacture, de l'alchimie qui fait ses saveurs. Mais, les journaux de bord qu'elles nous ont ramenés débordent d'anecdotes, de trouvailles de trottoir, d'herbiers de marché, de recettes insolites, de propos d'amateurs et d'experts qui nous font mieux comprendre, au fil des chausse-trappes et des émerveillements, des impasses et des rebondissements, lot de tous les grands voyages, le fascinant monde du thé. Ainsi est né Voyages aux sources du thé, une formidable référence sur le thé et le monde où il a vu le jour.

Diplômes de chinois et d'histoire de l'art en poche, Catherine Bourzat sillonne depuis près de vingt ans les routes d'Asie. Glaneuse de rencontres, de lieux, de recettes et d'histoires, elle en compose des récits, des conférences et des ouvrages pour le plaisir d'ouvrir des portes dérobées sur le quotidien d'ailleurs. Auteur érudite et curieuse de nombreux guides de voyages sur l'Inde, la Chine, la Birmanie, le Vietnam, le Sri Lanka chez Hachette Tourisme et Liana Levi, elle a écrit De bouche à oreille, recueil de recettes et de souvenirs d'enfance et de voyages au Zouave éditeur (2000), Saveurs indiennes (2001) et Chine, dans les Monts de la Lune (2003) au Chêne, De fil et d'argent : mémoire des Miao en Chine (2005) aux Editions des 5 continents et Sri Lanka, l'île radieuse chez Vilo (2006). Passionnée de cuisine - ses plats, ses lieux, ses artisans - et de voyages, Laurence Mouton a d'abord traduit les saveurs en images à travers son travail de styliste spécialisée dans la gastronomie et l'art de vivre. Durant ces années de travail auprès de photographes de renom, elle a fait l'apprentissage de la lumière et du mouvement pour capter, dans une démarche toute personnelle, la beauté simple du quotidien. Elle a réalisé les images de nombreux ouvrages : Saveurs indiennes (2001) et saveurs italiennes (2005) au Chêne, trop bon ! (2003), Génial, je cuisine avec maman ! (2004), Génial on popote avec papa ! (2004), Gérard Mulot, pâtissier à Saint-Germain-des Prés (2004) chez Minerva, Nord Gourmand aux éditions Déclic (2005) chez Mango ainsi que plusieurs livres pour enfants chez Nathan Jeunesse (2006).



  • La revue de presse - L'Express du 23 novembre 2006

Le résultat est un intrigant pavé qui tient à la fois du road-book et du portfolio. 512 pages de papier glacé, où les splendides «cartes postales» de plantations ou de dégustation alternent avec des images nettement plus ardues, prises sur le vif, montrant la crasse des usines et la sueur des ouvrières. Incisif et vivant, le texte est une enquête au long cours qui navigue, cartes à l'appui, des jardins familiaux du Triangle d'or birman aux exploitations tentaculaires des pentes du Fuji-Yama, des échoppes de campagne du Yunnan aux sociétés de courtiers de Colombo, de Calcutta, où certains darjeelings s'arrachent à 315 euros le kilo, jusqu'à Taipei, où le bubble tea se boit à la paille.


  • Les courts extraits de livres : 13/12/2006

En Uva

Cueillettes sur carnet de notes - Du Ceylan au slogan - Un maître de thé de plantation - Un maître de thé de village.

Si, à Kandy et Nuwara Eliya, les vents du sud-ouest ont chassé les nuages de pluie, la mousson du nord-est souffle encore sur l'Uva, le versant oriental de la région montagneuse. Sur le rebord des hautes terres, Dambatenne est la proie de nuages fantasques et soudains, qui crèvent en torrents ou s'envolent dans une bourrasque vers l'océan Indien.
Malgré la pluie et la grisaille, le thé pousse encore un peu, et tant qu'il pousse, il ne faut pas cesser de le cueillir. Une nuée de femmes en sari est chargée de la besogne. Plongées à mi-corps dans la mer de feuilles, elles grappillent tout ce qu'elles peuvent, bornant d'un bâton posé sur les théiers leur secteur de cueillette. Une poignée d'hommes joue aux contremaîtres.
Le geste des cueilleuses est rapide. La main ne sectionne que la jeune tige qui porte le bourgeon et les deux premières feuilles. Two leaves and the bud : c'est dans ces pousses tendres que loge la quintessence du thé, son arôme, sa saveur et ses vertus. Elle s'énonce en trois composants chimiques que met en valeur le cycle de la manufacture : la théanine, produite dans les racines de la plante, qui procure douceur et fraîcheur à l'infusion, les catéchines, des polyphénols qui lui confèrent son astringence, et la caféine, un acide aminé qui porte l'amertume, ces deux dernières molécules étant produites au cours de la photosynthèse.
Un frémissement sous les feuilles trahit parfois le passage d'un chien, tra­quant les serpents au milieu des pieds nus des femmes. Par endroits, l'escarpe ment est tel que les cueilleuses semblent accrochées au ciel, les nuages pour écharpes. Tanné par le travail de plein air, leur visage n'a plus d'âge. Toutes, ou presque, portent à la narine une boucle d'or. Quand elles ont une pleine poignée de feuilles, elles l'envoient par-dessus leur tête, dans le sac qu'elle porte accroché sur le dos. Elles ne s'arrêtent que quand il est plein et vont faire la queue pour la pesée. Le poids vaudra leur salaire. Son montant est consigné sur le carnet qu'elles serrent dans leur ceinture, décoré de décalcomanies et de vignettes comme un cahier de fillette. Les effeuilleuses vont à pied. Nous bénéficions du camion de transport des ballots de feuilles pour monter vers les hauteurs de Dambatenne, qui plongent abruptement vers les basses terres du littoral. Ce rebord de monde fut propriété d'un homme du thé, natif de Glasgow et bien plus fameux que le pauvre Taylor : Thomas Lipton.


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