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_ Das Kind (L'enfant)

Couverture du livre Das Kind (L'enfant)

Auteur : Christine Lavant

Traducteur : François Mathieu

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Lignes-Manifestes, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 11.50 € / 75.44 F

ISBN : 978-2-84938-066-6

GENCOD : 9782849380666

  • Les présentations des éditeurs : 12/10/2006

Das Kind relève d'un merveilleux rare et étrange. C'est le récit du séjour d'une jeune fille dans un hôpital ophtalmologique. On y soigne ses yeux, qu'elle a presque aveugles, à cause des scrofules dont son corps souffre et qui feront qu'elle ne pourra jamais montrer qu'une peau malade, stigmatisée. Elle a alors 12 ans. 12 ans : c'est l'âge que décrit ce livre. Et ce livre est écrit dans le langage qu'on a quand on n'a que 12 ans. C'est sans doute la prouesse littéraire de Das Kind (L'Enfant), qu'écrit dans cette langue d'enfant, pour dire des visions et des terreurs d'enfant, des supplications et des espérances d'enfant, il n'emprunte rien à la puérilité de l'enfance, sans pourtant non plus jamais recourir à la lucidité rétrospective de l'adulte. Ni niaiserie ni apitoiement. L'enfant en appelle certes ici à toutes les figures possibles de l'autorité et du salut, mais aucune n'est réelle cependant. Pas davantage le médecin chef que l' "ange fort ", que Dieu même, à la fin. Toutes ces figures merveilleuses n'existent pas comme telles, sans doute, mais par contraste avec le monstrueux sous les traits duquel l'enfant se représente.



  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 12 octobre 2006

Sans linéarité, par circonvolution, le récit développe et chasse à la fois l'angoisse qui le meut, faisant tournoyer comme des fétiches les mêmes images psychiques : l'héroïne couchée dans un cercueil-pierre, un médecin chef qui a des yeux de verres (par comparaison avec les siens, sans doute, qui sont comme brisés), d'autres enfants à la psychologie aussi dépenaillée qu'une poupée de Bellmer. C'est un livre-plaie, dont la chair est collée au bandage, indissolublement, et quand on cherche à les séparer, «ce qui arrive maintenant est aussi grave que l'enfer le plus profond, ou pire encore. Où sont les nattes ? Il n'y a là que des cheveux, clairsemés, plats, les siens, et ce qui pend est infiniment long, mais blanc avec par endroits des taches de sang. Tout le pansement est défait et ne tient plus à un endroit de la chevelure que par une épingle à nourrice. Le couloir est terriblement honteux d'avoir dû voir tout ça, et les esprits sûrement aussi. D'un seul coup, ils sont tous partis». Comme si l'enchantement ne pouvait avoir lieu, avoir corps que dans la cache de la misère, dans un engluement purulent de soi avec la douleur du monde.


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