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.. Le printemps en octobre : une histoire de la révolution hongroise

Couverture du livre Le printemps en octobre : une histoire de la révolution hongroise

Auteur : Henri-Christian Giraud

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Histoire, Géographie

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-268-05842-9

GENCOD : 9782268058429

  • Les présentations des éditeurs : 06/10/2006

Le Printemps en octobre

Le 23 octobre 1956, le sang coule à Budapest. Un peuple de 10 millions d'habitants en défie un autre de 220 millions qui possède la plus forte armée du monde : l'URSS, le pays aux cent divisions. Armés de «cocktails Molotov», étudiants, ouvriers, femmes et tout jeunes enfants, affrontent les chars de l'Armée rouge. Au prix d'un héroïsme inouï, qui bouleverse les correspondants de presse du monde entier, ils en détruisent plusieurs centaines.
La révolution hongroise qui s'est poursuivie en résistance passive aux conséquences inhumaines pour la population, a fait des milliers de morts et de blessés et poussé 200 000 Hongrois à l'exode. Elle a aussi provoqué en Occident une crise de conscience qui a ouvert les yeux à plus d'un admirateur de la «grande lueur à l'Est». Cette autre révolution d'Octobre, fondée sur le retour de la nation, ruinait l'aura de la «mère des révolutions» porteuse du rêve policier et sanglant de l'internationalisme prolétarien.
À cette insurrection, il n'aura manqué ni la trahison la plus vile (qui a laissé une tâche sur l'honneur de la légendaire armée rouge), ni l'obscure manoeuvre des États-Unis d'Amérique qui, derrière le paravent de l'indignation, ont délibérément instrumentalisé cette tragédie, via l'ONU, pour en faire le test de leur volonté de coexistence pacifique.
Fondé sur les archives soviétiques et américaines et les recherches les plus récentes, cet ouvrage dévoile les multiples aspects de cette «Révolution antitotalitaire», qui sonnait en réalité le glas de l'empire soviétique et du communisme. Il y a des défaites plus prometteuses que des victoires.

Henri-Christian Giraud est journaliste. Ancien directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine, il est l'auteur de De Gaulle et les communistes (Albin Michel, 1988 et 1989), t.1 : L'Alliance (juin 1941-mai 1943), t.2 : Le Piège (mai 1943-janvier 1946), et de Terres de Mafia, (J.-C. Lattes, 1993). Il a dirigé l'ouvrage collectif Réplique à l'amiral de Gaulle (Le Rocher, 2004).


  • Les courts extraits de livres : 06/10/2006

Extrait de la préface :

Et l'on arrivait ainsi à cette fin d'octobre 1956 sans avoir constaté aucune véritable réforme, aucun changement démocratique. Les choses traînaient. Les dirigeants actuels semblaient encore subjugués par l'ombre de Rakosi, sa silhouette courtaude, son crâne lisse comme un oeuf et ses dents en or, alors que les camarades polonais prenaient en main les destinées de leur pays ! L'étonnement et le malaise des premiers moments une fois dissipés, les camarades soviétiques eux-mêmes finiraient par les approuver. Pourquoi les Hongrois ne suivraient-ils pas cet exemple ? Pourquoi ne profiteraient-ils pas sur l'heure des changements survenus en Pologne ?
Une voix de stentor s'éleva :
- Il existe un moyen, dès maintenant, d'obtenir ce que nous voulons et il tient en trois mots : Nagy au pouvoir !
C'était Jozsef Szilagyi qui intervenait. À son physique impressionnant, la foule reconnut l'ancien colonel de la police, mis à pied par le régime pour avoir pris la défense de la mémoire de Laszlo Rajk, et lui fit une ovation ; puis elle se mit à scander : «Vive Imre Nagy ! Vive le Gomulka hongrois !»
Un étudiant se hissa sur l'estrade, s'approcha du micro et, d'un geste, demanda le silence. Le jeune homme n'était pas grand, mais il y avait quelque chose de romain dans son attitude. Malgré réchauffement de la salle, la gravité qui se dégageait de sa personne suffit en quelques secondes à imposer le calme. Et ce fut bientôt dans le silence de plusieurs milliers de respirations contenues que le jeune homme commença à parler, à voix presque basse :
- Il faut désigner la vraie cause de nos vrais maux : l'occupation étrangère de notre pays...


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