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.. Trans

Couverture du livre Trans

Auteur : Pavel Hak

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction et Cie

Prix : 15.90 € / 104.30 F

ISBN : 978-2-02-084252-5

GENCOD : 9782020842525

  • Les présentations des éditeurs : 03/09/2006

Cela commence dans un pays d'Asie indéfini, vaste morgue gelée dont Wu Tse veut s'échapper. Il y parvient, travaille dans un chantier pour réunir l'argent nécessaire à son passage vers un pays riche. Piégé par un habile entrepreneur, il fait la rencontre d'une jeune femme, la belle Kwan, avec qui il monte un coup pour payer un départ accéléré. Mais le cargo prend l'eau. Wu Tse échoue sur une côte africaine, trouve sur sa route un médecin fou, une équipe scientifique, une tribu anthropophage. Au terme de ses tribulations, il aboutit dans un aéroport occidental. Arrêté à la douane, placé en centre de rétention, il réussit à s'évader. Dans les docks d'un port, il recherche Kwan, petite lueur à l'horizon.

Une fresque époustouflante sur les nouvelles réalités du monde actuel ou à venir, avec ses tyrannies ultra-sécuritaires, ses flux migratoires, ses clandestins, son exploitation des corps, ses trafics, ses corruptions, ses épidémies, ses virus. Le roman n'est jamais aussi réaliste que lorsqu'il se permet d'être visionnaire.


Pavel Hak est né en 1962 en Bohême. Il est l'auteur de trois livres, tous publiés chez Tristram, Safari (roman, 2001), Sniper (roman, 2002) et Lutte à mort (théâtre, 2004).



  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 12 octobre 2006

Tous les textes de Pavel Hak racontent des luttes à mort. La différence, entre la pièce et le roman, c'est que Trans, loin d'être un carnage limité dans le temps et l'espace, est une odyssée.
Une odyssée délirante, bien sûr, l'auteur restant fidèle à sa manière...
Il y a un côté bande dessinée dans ces aventures en série, c'est Tintin au pays des mauvais coups et du viol. Mais Tintin infiniment triste, épuisé, lassé de son humaine condition...
L'auteur place à intervalles réguliers, de manière à encadrer les épisodes, des phrases généralement nominales. Elles vont par deux, elles ont un rythme, une pulsation, ce sont des pensées incrustées, ou bien des condensés d'action, des intertitres de cinéma...
Ces citations, évidemment, ne rendent pas compte de la violence extrême de Trans. Comme toujours chez Pavel Hak, il s'agit d'une violence désarmante.


  • La revue de presse Franck Nouchi - Le Monde du 28 septembre 2006

Comme hypertendu entre la fiction et le réel, voilà un roman à très haute tension. Haletant, violent, insoutenable parfois ; une sorte d'allégorie de la violence, de toutes les violences du monde. Après Safari (2001), Sniper (2002) et Lutte à mort (2004) (1), Trans est le quatrième roman de Pavel Hak. Il confirme l'étonnant talent de cet écrivain d'origine tchèque, exilé en France depuis une vingtaine d'années...
Est-ce ainsi que les hommes vivent ? C'est, livre après livre, toute l'ambition de cet écrivain singulier : donner à voir, à ressentir, à vomir, la violence et l'injustice du monde ; construire une fresque implacable des nouvelles réalités planétaires, actuelles ou à venir. Réaliste et visionnaire à la fois, il propose une écriture de la sensation et de l'image qui n'a guère d'équivalent dans la littérature contemporaine. On ressort de Trans abasourdi. Au milieu de l'extrême noirceur de ce chaos, une petite lueur tout de même, le fol espoir de Wu Tse de retrouver, quelque part au milieu des immenses docks d'un port occidental, sa chère Kwan.


  • Les courts extraits de livres : 20/10/2006

Leur premier cadavre fut un homme d'âge mûr, mort de froid sous un tas de cartons où il s'était couché pour dormir. Wu Tse se baissa, toucha les jambes de l'homme. Elles étaient d'une rigidité inattendue. Cette raideur le troubla. Mais Lao Zu tenait déjà les bras du mort et encourageait Wu Tse à suivre son exemple.
- Dépêche !
Us soulevèrent le cadavre. Ce fut comme soulever une momie de glace ! En se dirigeant vers la benne du camion, Wu Tse n'arrivait pas à détacher son regard de la bouche de l'homme. Muette, elle semblait crier encore sa faim et sa rage. En même temps, ses gencives édentées, sa langue rigide, avouaient le terrible échec d'une vie.
- Un, deux, trois, cria Lao Zu en balançant le cadavre. L'homme atterrit dans la benne du camion. Le corps
gelé heurta le fond d'acier. Un bruit sinistre, amplifié par les parois de l'engin, résonna dans les profondeurs de la benne : Wu Tse en éprouva un réel effroi.
- Qu'est-ce que tu attends ? cria Lao Zu.
Wu Tse se rendit compte que le camion redémarrait : il y avait tant d'autres cadavres à ramasser, le temps pressait, la mission était dure, la compétition féroce... - et il ne fallait pas montrer ses états d'âme : il n'était pas exclu que Lao Zu soit le délateur du groupe et que les cadavres eux-mêmes (remplissant post mortem on ne sait quel contrat) travaillent pour le régime, agents d'outre-tombe !
- C'est la première fois que je touche un mort, mentit Wu Tse.
- Et ça t'émeut ? rit Lao Zu. Tu t'habitueras, t'inquiète, camarade. On a décroché un bon boulot, meilleur que la chaîne à l'usine d'armement.
Ils ramassèrent un homme d'âge indéterminé au pied d'un monument à la gloire du régime, un adolescent recroquevillé dans une cage d'escalier, puis d'autres hommes et femmes, dispersés un peu partout, tous gelés, tous pétrifiés dans des poses évoquant leur ultime combat. Au deuxième cadavre, Wu Tse eut envie de vomir (pulsion bizarre étant donné que son estomac était vide depuis dix-sept jours). Au troisième cadavre, sa nausée augmenta encore d'un cran.


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