Daisy, new-yorkaise de quinze ans mal dans sa peau, voit son univers chamboulé l'été où elle part vivre chez ses cousins, dans la campagne anglaise : pour la première fois de sa vie, elle tombe follement, éperdument amoureuse, et tout est parfait. Mais à la suite d'un attentat kamikaze au centre de Londres, une guerre totale éclate - qui pourrait bien être le prochain grand conflit de notre XXIe siècle. Brusquement, Daisy se voit coupée du reste du monde et de ceux qu'elle aime. Et là, tout bascule...
La revue de presse Frédérique Roussel - Libération du 1er juin 2006
Daisy vit à New York avec son père et sa marâtre, qui l'expédient chez des cousins dans la campagne londonienne pour s'en débarrasser. La mort de sa maman à sa naissance serait moins lourde à porter sans les préjugés. «J'aurais pu vivre heureuse sans les étiquettes qu'on m'a collées à cause de ça. Soit "meurtrière", soit "pauvre petit agneau privé de mère".» L'univers qui l'accueille se situe à mille lieues de sa trépidante existence new-yorkaise. Sa tante Penn et ses quatre cousins habitent une ferme biscornue avec moutons, chèvres, chats et chiens. Dans cette bohème, elle découvre un semblant de chaleur humaine. Après une première journée de pêche, elle ressent le flash-back d'un bonheur autrefois vécu.
Maintenant, c'est ma vie pourrait se contenter de cette épiphanie, celle de la joie de l'adolescente mal-aimée qui trouve la tendresse et un semblant de famille. Le premier roman de l'Américaine Meg Rosoff pousse plus loin, au point d'entraîner aussi le lecteur adulte. Son héroïne, narratrice au langage dru, tombe raide amoureuse de son cousin germain, Edmond, du même âge qu'elle. De «ce truc qu'on n'est pas censé ressentir avec son propre cousin», l'auteur fait une splendide histoire d'amour et de faim... La guerre joue l'arrière-fond fantastique, comme un théâtre d'ombres. Le lecteur apprend qu'un Ennemi a envahi la Grande-Bretagne de l'intérieur pendant que ses soldats se battent au loin. C'est tout. Ses conséquences sont connues : destructions, crimes gratuits, carnages, enfants fauchés. «Si vous n'avez pas connu la guerre et que vous vous demandez combien de temps on met à s'habituer au fait de perdre tout ce dont a besoin, tout ce à quoi on tient, je peux vous dire que la réponse est : pas longtemps.» Les deux cousines finissent par errer sur les routes, Daisy guidée par la voix intérieure d'Edmond, la télépathie entre les êtres court aussi dans les pages. Ce conflit sans nom les fera entrer dans l'âge adulte...
La revue de presse Martine Laval - Télérama du 24 mai 2006
Meg Rosoff raconte une histoire improbable - ou serait-elle visionnaire ? Sa narratrice Daisy a les tourments de son âge : 15 ans. Elle quitte son père, sa belle-mère et New York, et échoue chez ses cousins en Angleterre. Les gamins sont laissés à eux-mêmes... alors que Londres s'effondre sous les bombes et que la guerre «totale» éclate... Ce premier roman de Meg Rosoff se moque du conventionnel. La romancière a une écriture délurée, un ton sympathique qui jamais ne tombe dans le pathos. Surtout, elle a réussi à créer des personnages...