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_ Une femme sans nom ; sous la langue

Couverture du livre Une femme sans nom ; sous la langue

Auteur : Yvonne Vera

Date de saisie : 03/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Litterature Etrangere Fayard

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782213623108

GENCOD : 9782213623108

Sorti le : 25/01/2006

  • Les présentations des éditeurs : 23/12/2009

«Mazvita était passée de la clarté à l'ombre et cette ombre était si soudaine et lourde, comme de l'eau répandue sur ses bras, sur tout son corps en attente, qu'elle frissonna sous l'eau qui tomba de l'arbre non en gouttes mais en déversement brusque, comme les champignons qu'elle aperçut lorsqu'elle tourna son visage rieur et joyeux en le cherchant. L'eau tira sur ses bras par vagues épaisses et lourdes. Elle paraissait lourde sur ses bras. Un désir vivace la poussa vers le chablis.»

Sur fond de violence politique et sociale dans le Zimbabwe de la fin des années 1970, ces deux premiers récits d'Yvonne Vera réunissent déjà les thèmes qui vont constituer le tissu de toute son oeuvre : les traumatismes entraînés par la violence, la haine, l'intolérance, mais aussi l'humanité qui tempère la douleur, le sens de la nature, la beauté sauvage de son pays, et les moments de grâce qui parviennent à surgir dans un milieu totalement déshérité.



  • La revue de presse Sean James Rose - Libération du 1er juin 2006

Quand, il y a un an, Yvonne Vera a succombé des suites d'une méningite, c'est une des voix les plus singulières de l'Afrique anglophone qui s'est éteinte. Née en 1964 au Zimbabwe, «la fille de la township» avait acquis une reconnaissance internationale. La BBC World Service lui avait consacré deux heures d'émission sous le titre Une femme de Bulawayo. Grâce à son roman Sous la langue, elle avait obtenu le Prix des écrivains du Commonwealth pour l'Afrique en 1997. C'est ce roman précédé d'un autre roman court, Une femme sans nom, qui vient compléter la traduction de son oeuvre en français.

Comme dans les autres livres de Vera (Papillon brûle, 2002 et les Vierges de pierre, 2003, même éditeur), les figures centrales sont des femmes. Des femmes aux prises avec le mythe et l'Histoire qui les subliment (Nehanda, son premier roman non traduit, a pour sujet l'héroïne du XIXe siècle, symbole de la lutte anticoloniale), et une société patriarcale qui les opprime. Si on peut parler de féminisme ce n'est pas dans un sens littéral, chez Vera rien de militant, le désir d'indépendance suffit à exprimer le combat et la seule description des faits vaut toutes les dénonciations. La femme revêt le visage de l'humain, l'humanité face au bourreau sans visage... Comme Papillon brûle, Une femme sans nom est une histoire d'émancipation, du passé et de la société. Dans le chaos des années 70, Mazvita a été victime d'un viol, elle essaie de se reconstruire en allant à la ville. Dans sa campagne d'origine, elle avait bien rencontré un homme qui l'aimait, mais ce qu'elle désire plus que tout, c'est cette liberté anonyme qu'on trouve à Harare, là-bas elle emménage avec un jeune citadin «moderne». Il la chasse dès qu'il découvre sa grossesse. Sous la langue traite d'une fille abusée par son père. Sa mère tue son père, et va en prison. Point de vue de la fille, et ton de l'élégie, Zizha chante l'innocence perdue, et contre le silence, invoque les mânes des morts... Vera ose dans le fond autant que dans la forme... Yvonne Vera dépeint le monde comme on caresse, son écriture vibre de mille sensations, se laisse imprégner par les couleurs, les odeurs, porter par les mélodies des berceuses, le rythme de la danse. La construction de ses histoires, tout en ellipses et en volutes, produit des vertiges...


  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 4 mai 2006

Née en 1964 à Bulawayo, Rhodésie du Sud, colonie britannique qui, après avoir obtenu l'indépendance en 1980, deviendra le Zimbabwe, Yvonne Vera a fait ses études supérieures à Toronto, où elle a obtenu un doctorat d'anglais. Couronnée en 1997 par le prix des écrivains du Commonwealth, elle était conservatrice de la National Gallery de Bulawayo, où elle recevait de nombreux artistes. Voilà pour l'écrivain, dont l'importance excède de beaucoup les quelques renseignements biographiques que l'on possède à son sujet. Avant d'être emportée par une méningite, elle s'était hissée, en cinq romans et un recueil de nouvelles, parmi les voix les plus importantes de la littérature d'origine africaine.

Une femme sans nom, le plus accessible des deux récits traduits aujourd'hui, est une parfaite condensation de son univers, et de ses motifs : la femme, la violence, la ville. Dans un pays ensanglanté par les atrocités de la guerre civile...

Yvonne Vera excelle à dépeindre les ambiances, les lumières, les couleurs. Son écriture fragmentée et incantatoire est celle d'un peintre impressionniste...

Yvonne Vera, auteur d'une oeuvre singulière, difficile, fait partie des auteurs rares qui ont donné une voix à l'Afrique noire du dernier quart de siècle, aux anciens peuples longtemps colonisés. Son oeuvre brève et fiévreuse restera.


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