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Auteur : Katherine Mansfield
Préface : Marie Desplechin
Traducteur : J.-G. Delamain, Marthe Duproix, Madeleine T. Guéritte...
Date de saisie : 24/03/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Stock, Paris, France
Collection : La cosmopolite
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-234-05872-9
GENCOD : 9782234058729
Cet ouvrage regroupe des nouvelles de Katherine Mansfield initialement réparties en cinq recueils : Pension allemande (1911), Félicité (1920), La Garden party (1922), Le Nid de colombes (1923) et Quelque chose d'enfantin (1924). Les nouvelles de Katherine Mansfield font de la vie quotidienne, qui est leur sujet constant, une féerie vraie. Personnages, paysages, tableaux composent une poésie qui est celle de la réalité, décrite avec une incroyable justesse d'observation. Nouvelle après nouvelle, Katherine Mansfield peint la vie par petites touches tendres, cocasses, poignantes, parfois cruelles. Elle dit la solitude, la peur et la mort partout présentes, même dans la baie des vacances et de l'enfance. Elle chante aussi le bonheur d'exister, l'intensité et la multiplicité des plaisirs qui s'offrent dans l'instant, ces merveilles que sont le sourire édenté d'un bébé, le tourbillon des lumières d'une salle de bal, une odeur de lavande, un vieux saladier rempli de capucines jaunes et rouges sur une table éclaboussée de soleil. Des nouvelles cruellement réalistes du début à l'impressionnisme des évocations de son enfance et à la tendresse désabusée ou ironique des derniers écrits, tout le génie de la reine de la nouvelle se retrouve dans ce livre...
(...) Les nouvelles de Katherine Mansfield sont comme ces tableaux pointillistes qui demandent un certain recul pour qu'apparaissent avec netteté le personnage ou le paysage représentés. Le bonheur, le malheur, le trouble cohabitent sans qu'il y ait de réelle frontière entre eux.
(...) Pas de mots, juste des émotions. Et un charme d'autant plus troublant qu'elles disent l'indicible, ces mouvements de l'esprit que Nathalie Sarraute nommait tropismes.
Le talent de Katherine Mansfield est le comble du minimalisme au point que, souvent, on aurait du mal à définir même ce qu'est le sujet d'une de ses nouvelles. Leur imprévisibilité n'est pas juste du domaine de ce qui est raconté mais s'étend à la façon dont ça l'est. Comme l'écrit Marie Desplechin en préface de cette intégrale en évoquant sa première lecture : «Rien ne s'ajustait à ce qu'on est en droit d'attendre d'une nouvelle. Celle-ci était trop courte, celle-là trop longue, certaines s'interrompaient trop brusquement, d'autres étaient rongées par les digressions. Quelques-unes obéissaient à une construction classique, mais il arrivait que l'auteur change de cap sans prévenir et l'on se retrouvait ahuri au milieu du gué.» C'est un talent de Katherine Mansfield de rendre son lecteur «ahuri» par des moyens qui lui sont entièrement propres comme si elle n'entreprenait pas de raconter des histoires avec un début et une fin, une narration, mais voulait exprimer ce qu'est un instant, ce que sont un état et un changement d'état. Ce sont des coups d'Etat miniatures qu'elle ne cesse de mettre en scène, comment la félicité, la pureté de l'amour sont gâtés à jamais...
Le talent de Katherine Mansfield a à voir à la fois avec celui de Tchekhov et celui de Virginia Woolf comme si elle racontait précisément l'indiscernable, l'immobilité du mouvement. Les couples se séparent plus qu'ils ne se rassemblent parce que, au gré des nouvelles, l'homme va croire de bonne stratégie d'appeler plaisanterie ce qui est le plus sérieux, par snobisme une femme préférera conserver ses amis que son mari. La conversation désunit parce que vient toujours un moment où ce qui s'y dit est la vérité. Le monde social fait tout exploser...
Dans ses nouvelles réunies pour la première fois en un volume, la romancière dit la solitude, la peur, la mort et le bonheur d'exister.
Katherine Mansfield avait ce don de magicienne de transformer l'instant en cristal d'éternité. Ses personnages, pourtant si vulnérables devant l'insoutenable vanité des choses et si inquiets de la fuite du temps, ont passé le siècle sans ciller. Aujourd'hui, les demoiselles Sheridan sentent un peu la naphtaline et le style de Mansfield, qui puise ses métaphores dans les fleurs, les nuages et les papillons, a le charme suranné des photos sépia. Mais l'enchantement persiste...
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