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France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Gabriela Adamesteanu
Traducteur : Alain Paruit
Date de saisie : 27/11/2005
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Du monde entier
Prix : 26.00 € / 170.55 F
ISBN : 978-2-07-077211-7
GENCOD : 9782070772117
"Rien que du boulot et encore du boulot, la voilà sa vie, à partir de ses onze ans quand sa mère est morte et qu'elle s'est retrouvée seule avec une ribambelle de frères à s'occuper. Le père, il était parti à la guerre et au bout d'un an, c'était l'été, la mère a attrapé la fièvre typhoïde, ou le typhus, bref elle a attrapé une belle saloperie et elle en est morte, la pauvre. Et Sile, le plus petit, il est mort aussi, vu que personne y donnait plus le sein, et puis ç'a été le tour des jumeaux, mais Ilie et Niculae et elle, ils s'en sont tirés, ils étaient plus grands, et Dieu leur a prêté vie." A plus de soixante-dix ans, Vica se souvient... Et plus de soixante-dix ans d'histoire roumaine défilent, vus par ses yeux, et à travers son franc-parler savoureux de femme du peuple, auquel fait contrepoint toute une galerie de personnages. Dans cette polyphonie de voix, alternent le grave et le comique, la tendresse et l'humour, et le monde se dissout et se recompose à chaque page, tel un kaléidoscope.
Gabriela Adamesteanu, née en 1942 à Târgu Ocna, s'est imposée comme l'un des écrivains majeurs des lettres roumaines. Elle est l'auteur de trois romans et de deux recueils de nouvelles, couronnés dans son pays par les prix les plus prestigieux. Vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires en Roumanie, Une matinée perdue est son premier livre traduit en français.
«Vica, une Roumaine de soixante-dix ans et ses souvenirs... Alors qu'un matin, elle décide d'effectuer quelques visites à Bucarest, la mémoire du temps afflue par vagues successives. C'est alors soixante-dix ans d'histoire roumaine que le lecteur goûte, à travers le regard impitoyablement ironique et attendrissant de cette femme, à la parole gouailleuse, remplie de boursouflures...»
«Plusieurs narrations s'entrecroisent à travers un subtil jeu de monologues intérieurs. Si le roman s'ouvre à notre époque, nous sommes assez vite projetés à la veille de l'engagement de la Roumanie dans la Première Guerre mondiale. Ainsi, après le tableau d'un pays pour le moins appauvri et abîmé par des dizaines d'années de régime politique autoritaire, nous nous retrouvons dans un contexte d'agitations politiques et de réflexions sur l'évolution du pays.
Professeur appartenant à la noblesse de l'avant-guerre : «Comment nier qu'une Constitution trop démocratique a été accordée trop tôt à un peuple qui, ignorant ce que signifient la liberté et la démocratie, en a abusé ? Celui qui rouvrira un jour nos gazettes et nos mémoires risquent d'être assourdi par un vacarme épouvantable. Sarcasmes et médisances à l'envi. Une fourmilière de silhouettes grotesques, marionnettes mues par les ficelles de l'ambition et de l'avidité !» Pendant ces semaines d'attente angoissée d'une prise de position de la Roumanie dans le premier conflit mondial, les conversations politiques animent les salons. Cela n'empêche pas d'envisager le pire, comme ce jeune Titi Iaomiteanu, amant hardi de la femme du Professeur, qui a su ménager ses amitiés politiques pendant et après la guerre, de manière à n'être jamais inquiété : «Une semaine, et tu courras peut-être à l'aveuglette, le fusil au poing, en espérant être épargné par les balles. Parce qu'il y a des blessures horribles... Tu te vois faire quelques pas encore après que l'obus t'a déchiqueté l'abdomen, tu te vois en train d'essayer de te rafistoler : tu t'accroupis et, les mains froides, maculées de sang, tu ramasses autour de toi tes boyaux sanguinolents.» L'époque est troublée, les esprits ne le sont pas moins, et il appartient aux anciens de témoigner, chose qu'ils peuvent parfois refuser...»
«J'avais trente-trois ans et je vivais au pays de Big Brotherescu», se souvient Gabriela Adamesteanu, née en 1942. Refusant de se plier à la norme du réalisme socialiste de son pays, elle a longtemps différé son entrée en littérature, mais celle-ci a été tonitruante : son premier roman est chaudement accueilli en 1975, mais le véritable événement pour la romancière et pour les lettres roumaines est Une matinée perdue, qui devient un livre culte dès sa sortie, en 1985...
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