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Auteur : Bernard Giraudeau
Date de saisie : 02/03/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Métailié, Paris, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 9782864245032
GENCOD : 9782864245032
Sorti le : 06/05/2004
Les hommes à terre sont tous un peu des marins perdus : immobiles, ils voyagent vers d'indicibles aventures.
A Ho Chi Minh-ville, Jean-Paul accompagne son père et découvre un inconnu qui n'a pas oublié sa guerre à Saïgon.
A Brest, un marin raconte ses voyages à une toute jeune fille mais c'est elle qui partira. Billy, lui, n'est pas un marin comme les autres, le capitaine d'armes l'a immédiatement deviné, la dame de L'Iguaçu le sait. A Lisbonne, Diego l'Angolais, le naufragé, pêche sur les quais en attendant de reprendre la mer pour rêver ses amours dans la salle des machines. A La Rochelle, Pierre enterre Jeanne, une femme tendre qui connaissait la mélancolie des voyages, les bonheurs des retours de son Ange et l'éternité de l'amour.
Toutes ces vies racontées dans une prose précise, drue, crue, poétique et lyrique, émergent d'un imaginaire construit sur l'aventure, l'ailleurs, le désir, la compassion et l'éternité éphémère que seule fait naître la mer.
Né en 1947 à La Rochelle, Bernard Giraudeau s'engage très tôt dans la marine, avant de se lancer dans le cinéma, en tant qu'acteur et réalisateur. Il a réalisé des longs métrages (L'Autre, Les Caprices d'un fleuve) et des documentaires (Esquisses philippines, Un ami chilien). Il se consacre aujourd'hui à l'écriture.
A terre, le marin a peur, il chaloupe, tangue et s'affale. En mer, son «esprit voyage libre, sans contraintes», il est dans une autre vie, «un monde de l'autre côté du sommeil». Ainsi parle Diego l'Angolais échoué à Lisbonne, un des héros des cinq nouvelles qui composent le magnifique recueil de Bernard Giraudeau,... Bernard Giraudeau raconte de manière bouleversante ces vies fantasmées, ces hommes que la réalité brise, ces femmes sublimes, adorées, adorantes, qui «se tiennent» jusqu'au bout. Le miracle, c'est qu'il évite la nostalgie de mauvais aloi et surtout la fausse poésie que peut engendrer un tel thème. Tous ceux qui aiment «les grands cargos arrêtés dans les rades» et qui ont en eux des départs inassouvis seront comblés. Mais la force de ces nouvelles vient de ce que l'auteur a médité sur cette phrase de Nicolas Bouvier : «La plus grande vertu des longues absences est de pouvoir rêver de ceux qu'on aime. Au retour, il arrive qu'on en meure.» «Les hommes à terre» est, aussi, un livre sur la mort. Beau à pleurer.
Il a le goût des départs, Bernard Giraudeau. Des errances attentives et des histoires volées. De celles que colporte le vent du large et dont une simple bribe suffit à faire gonfler les voiles de l'imaginaire. Des fables que les marins s'inventent entre deux escales pour tromper les nuits de quart et les longues traversées. Des histoires de femmes inaccessibles et de terres inconnues dont la légende n'en finit pas de hanter les quais et les bars du bout du monde... Il vous embarque, Bernard Giraudeau, vous tire vers le large, vous serre dans ses filets. Avec un don irrésistible pour dire le clair-obscur de la vie et capter l'éternité des émotions, la saveur d'une fille de passage, l'étreinte d'un père et d'un fils ou la poussière accumulée sur le vernis d'un meuble... Après Le Marin à l'ancre, paru en 2001, bouleversante correspondance adressée des quatre coins du monde à son ami Roland, cloué sur sa chaise par une maladie, les cinq nouvelles des Hommes à terre viennent confirmer un vrai goût des mots...
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