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Auteur : Evelyne Bloch-Dano
Date de saisie : 11/09/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-246-63011-1
GENCOD : 9782246630111
Marie-Christine Barrault vous lit aujourd'hui une lettre de Jeanne Proust, adressée à son fils Marcel.
D'autres lettres de Jeanne Proust et de Marcel Proust seront lues par Marie-Christine Barrault au Festival de la Correspondance de Grignan, le dimanche 10 juillet.
Nous la remercions vivement de cette lecture pour les amis de passiondulivre.com.
Voici le communiqué du festival :
UN AMOUR FILIAL
Proust et sa mère
Coproduction THEATRE BAKAKAI
d'après la correspondance de Proust, lettres choisies par Evelyne Bloch-Dano
dirigé par Jacques Rosner /Collaboration artistique Nicole Rosner
avec Marie Christine Barrault, Nicolas Vaude
Jeanne Proust ne cessait de lire Mme de Sévigné «sa chère Madame de Sévigné».Certaines de ses lettres à son fils sont aussi belles que celles de la grande épistolière qu'elle admirait tant.
L'intérêt des lettres de Marcel Proust à sa mère est d'autant plus grand qu'il s'y adresse à la personne qu'il a le plus aimée au monde : «ma propre mère. Avec elle nulle réticence sur mes pensées les plus intimes, nulle gène pour dire mon opinion sincère, sur les gens, sur les choses». Marcel Proust libéré de toute affectation.
Vous pouvez également retrouver une partie de la correspondance de Jeanne et Marcel Proust dans le livre d'Evelyne Bloch-Dano : Madame Proust.
A la question : " Quel serait votre plus grand malheur ? ", Marcel Proust avait répondu : "Etre séparé de maman."...
Jeanne Weil, née en 1849 à Paris, appartient à cette bourgeoisie juive éclairée dont les ancêtres sont venus d'Alsace et d'Allemagne au XVIIIème siècle. Son mariage avec Adrien Proust, fils d'épicier catholique beauceron, sans fortune mais promis à une brillante carrière médicale, témoigne avant tout de son désir d'intégration : si elle-même ne se convertit pas, ses enfants deviendront les descendants catholiques d'une famille terrienne d'Illiers. Du côté Proust, on voit bien le parti avantageux que représente la jeune femme, éduquée et fortunée... mais on approuve du bout des lèvres.
Marcel sera donc baptisé, comme près de deux ans plus tard, son frère Robert. Autant le premier est, dès sa naissance, fragile et nerveux, autant le cadet est robuste et indépendant. Entre ses trois hommes, Jeanne Proust s'efforcera toute sa vie à l'égalité. Pourtant, elle a beau faire, il y a en elle un fond d'inquiétude permanent pour l'aîné, que Marcel, lui-même toujours inquiet quant à l'amour qu'elle lui porte, ne cessera d'attiser, comme si ses crises d'asthmes n'y suffisaient pas...
Jusqu'à la mort de Jeanne en 1905 (il alors a 34 ans !), il est ainsi anxieusement couvé, comme un éternel petit garçon, par celle qu'en légitime retour, il appellera toute sa vie "maman" : "J'avais toujours quatre ans pour elle", écrira-t-il. Tous deux se quitteront peu, vivant sous le même toit, partant ensemble en cure quand la santé de l'un ou l'autre l'exige, et entretenant une correspondance suivie des plus détaillées les rares fois où ils s'éloignent...
Evelyne Bloch-Dano, agrégée de lettres modernes, est l'auteur, chez Grasset, de la première biographie de Madame Zola (1998, Grand Prix des lectrices de Elle, 30 000 exemplaires vendus) et d'une biographie de Flora Tristan (2001, Prix François Billetdoux de la SCAM).
A la question : " Quel serait votre plus grand malheur ? ", Marcel Proust avait répondu : " Etre séparé de maman. "...
Jeanne Weil, née en 1849 à Paris, appartient à cette bourgeoisie juive éclairée dont les ancêtres sont venus d'Alsace et d'Allemagne au XVIIIème siècle. Son mariage avec Adrien Proust, fils d'épicier catholique beauceron, sans fortune mais promis à une brillante carrière médicale, témoigne avant tout de son désir d'intégration : si elle-même ne se convertit pas, ses enfants deviendront les descendants catholiques d'une famille terrienne d'Illiers. Du côté Proust, on voit bien le parti avantageux que représente la jeune femme, éduquée et fortunée... mais on approuve du bout des lèvres.
Marcel sera donc baptisé, comme près de deux ans plus tard, son frère Robert. Autant le premier est, dès sa naissance, fragile et nerveux, autant le cadet est robuste et indépendant. Entre ses trois hommes, Jeanne Proust s'efforcera toute sa vie à l'égalité. Pourtant, elle a beau faire, il y a en elle un fond d'inquiétude permanent pour l'aîné, que Marcel, lui-même toujours inquiet quant à l'amour qu'elle lui porte, ne cessera d'attiser, comme si ses crises d'asthmes n'y suffisaient pas...
Jusqu'à la mort de Jeanne en 1905 (il alors a 34 ans !), il est ainsi anxieusement couvé, comme un éternel petit garçon, par celle qu'en légitime retour, il appellera toute sa vie " maman " : " J'avais toujours quatre ans pour elle ", écrira-t-il. Tous deux se quitteront peu, vivant sous le même toit, partant ensemble en cure quand la santé de l'un ou l'autre l'exige, et entretenant une correspondance suivie des plus détaillées les rares fois où ils s'éloignent...
Evelyne Bloch-Dano, agrégée de lettres modernes, est l'auteur, chez Grasset, de la première biographie de Madame Zola (1998, Grand Prix des lectrices de Elle, 30 000 exemplaires vendus) et d'une biographie de Flora Tristan (2001, Prix François Billetdoux de la SCAM).
Que savons-nous de Mme Proust ? Peu de choses, mais la biographie écrite par Evelyne Bloch-Dano comble cette lacune.
Dans «A la recherche du temps perdu», alors que le père du narrateur s'appelle «mon père», jamais la mère n'est nommée autrement que «Maman». Mais quand, en 1922, meurt l'auteur, il croit la voir entrer dans sa chambre et prie Céleste Albaret de chasser «la grosse dame en noir». Qui était Mme Proust ?
Née en 1849, elle se marie à 21 ans et aura deux enfants : Marcel, l'année suivante, que l'on croit toujours le cadet à cause de son immaturité, et Robert, qui deviendra médecin, comme papa. L'aîné sera lettré, comme maman, mais surtout écrivain, comme elle ne voulait pas qu'il soit... Une mère abusive, selon le cliché reçu ? Certes, elle surveillait les dépenses et les selles de son grand garçon de 20 ans, et à son homosexualité elle avait choisi de répondre comme lorsque Marcel hésitait à lui exposer sa conception de la critique littéraire : «Fais comme si je ne le savais pas.» La seule question qui nous importe, à la lecture de cette singulière biographie d'une mère ordinaire, femme d'hygiène, d'ordre et de santé, c'est le rôle qu'elle joua dans le devenir écrivain de son fils...
Il faut d'entrée de jeu lever l'ambiguïté du titre : «Madame Proust», c'est la mère de Marcel. Celle qui l'embrassait le soir dans son lit l'appelait mon loup, tentait de le fortifier et l'aurait volontiers marié, ce qui s'appelle marié. Pour écrire la biographie de cette digne bourgeoise (1849-1905), dont le plus grand titre de gloire est d'avoir su «pétrir un génie», comme dit Baudelaire, et aussi s'en faire aimer au-delà de la limite communément admise, il ne faut pas hésiter à creuser, à exploiter le moindre détail. Faute de quoi l'on s'expose à ne produire qu'une mince notice de dictionnaire. Evelyne Bloch-Dano est donc remontée fort loin, examinant toute la parentèle de cette mère emblématique... Jeanne veut donner force et santé à ce fils fragile, malade et trop sensible. Mère véritablement aimante, elle veut le voir grandir, s'éloigner d'elle... Elle s'inquiétera pour lui, jusqu'à la fin, et, tout en rêvant qu'il s'émancipe, le retiendra contre elle... Evelyne Bloch-Dano se montre souvent fine et perspicace, dans les parallèles, les rapprochements. Et l'on ne regrette jamais qu'elle s'aventure au-delà du biographique. On se prend même à le souhaiter, quand il est trop inconsistant, ou qu'elle se laisse aller, romanesquement, à imaginer des scènes à grands coups de clichés, comme dans un feuilleton de TF1. Le ton est pudique, parfois délicieusement acidulé, un peu maternel, à la fois sérieux et souriant, léger et facile, jamais docte - si délicat que le lecteur masculin se sent presque exclu de cette féminité.
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