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.. Mes loisirs, ou Journal d'événemens tels qu'ils parviennent à ma connoissance (1753-1789). Volume 1, 1753-1770

Couverture du livre Mes loisirs, ou Journal d'événemens tels qu'ils parviennent à ma connoissance (1753-1789). Volume 1, 1753-1770

Auteur : Siméon-Prosper Hardy

Préface : Pascal Bastien | Daniel Roche

Date de saisie : 23/07/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Hermann, Paris, France

Collection : République des lettres

Prix : 52.00 €

ISBN : 978-2-7056-8396-2

GENCOD : 9782705683962

Sorti le : 14/09/2012

  • Les présentations des éditeurs : 24/07/2012

Volume dirigé par Pascal Bastien, Sabine Juratic et Daniel Roche
Texte établi par Pascal Bastien, Sabine Juratic, Annick Mellerio et Gaël Rideau
Présentation de Daniel Roche et Pascal Bastien

Le portrait de Paris au XVIIIe siècle : c'est ce que nous offre Siméon-Prosper Hardy, libraire de la rue Saint-Jacques, à travers le «Journal» qu'il rédigea quotidiennement pendant plus d'un quart de siècle.
«Mes Loisirs, ou Journal d'événemens tels qu'ils parviennent à ma connoissance (1753-1789)» constitue sans doute l'une des sources les plus riches que la littérature de témoignage nous ait laissée du XVIIIe siècle. Par son volume et par son organisation où entrent mêlés documents, extraits, racontars et observations personnelles, il prend place dans la lignée des grands journaux et mémoires d'Ancien Régime. Particulièrement riche pour l'histoire des institutions, de la vie politique, de la société urbaine, de la culture et de la sensibilité avec ses troubles, ses émotions, ses loisirs et ses divertissements, il ouvre au chercheur tout ce que les jours ont pu offrir à l'oeil et à l'oreille d'un petit bourgeois parisien pendant les trente dernières années de l'Ancien Régime.
Irrégulière entre 1753 et 1765, la plume de Hardy devient plus vive à partir de 1766 ; et jusqu'aux premiers mois de la Révolution française, c'est une biographie de Paris saisie au jour le jour qu'elle nous offre, en une «histoire du temps présent» généreusement confiée à la postérité.
«Mes Loisirs» connaissent, pour la première fois, une édition intégrale et annotée en 12 volumes.
www.journaldehardy.org


  • Les courts extraits de livres : 24/07/2012

Extrait de la présentation

LE JOURNAL D'UN TEMPS QUI PASSE :
MES LOISIRS, OU L'AUTRE TABLEAU DE PARIS

Conservés au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, les huit volumes de Mes Loisirs, ou Journal d'événemens tels qu'ils parviennent à ma connoissance (1753-1789) sont bien connus des chercheurs, historiens comme littéraires, qui se sont intéressés au XVIIIe siècle parisien. Les journaux d'événements, à l'instar de toute cette littérature de témoignage qui raconte l'Ancien Régime avec plus ou moins d'intimité, ont toujours constitué des observatoires privilégiés sur le monde vécu et écrit à l'époque moderne. On connaît les heurs et malheurs de ces documents exceptionnels, mémoires, livres de raison et journaux d'Ancien Régime qui, entre les années 1850 et la Grande Guerre, profitèrent largement des élans du positivisme et de la curiosité historique des lecteurs de toute sorte. Avant le presque abandon - notamment par l'école des Annales - de ces «témoignages marginaux» trop rares pour contribuer au rêve d'une histoire globale, les journaux ou mémoires des d'Ormesson, d'Argenson, de Luynes ou Barbier furent rapidement édités et publiés : puis, on le sait, l'exhumation s'est interrompue. Ce n'est qu'à la fin des années 1970 que le monde universitaire relaya les érudits locaux, lorsque les historiens redécouvrirent et voulurent exploiter «la voix des gens sans lettres» - Mennochio, Simon, Ménétra, Chavatte ou Conan - et que l'on restitua à ces histoires exceptionnelles leur intelligence historique, plus bavarde et révélatrice que des milliers d'archives stéréotypées. Dans ces circonstances, et à travers ces deux moments forts, on peut alors s'étonner que seuls certains extraits du Journal d'événemens de Hardy aient été jusqu'ici publiés : aucune édition intégrale de Mes Loisirs n'existait, en effet, avant celle que nous proposons aujourd'hui.

Les manuscrits que nous publions constituent sans doute l'une des sources les plus riches que la littérature de témoignage nous ait laissées sur le XVIIIe siècle. Le Journal de cet homme du livre parisien nous apparaît en effet comme l'un des ensembles documentaires les plus considérables pour comprendre une génération, celle du dernier tiers du XVIIIe siècle, dans ses représentations et ses pratiques : par son volume et par son organisation où entrent mêlés documents, extraits, rumeurs et observations personnelles, il prend place dans la lignée des grands journaux et mémoires d'Ancien Régime. Irrégulière entre 1753 et 1765, la plume de Hardy devient plus vive à partir de 1766 et jusqu'aux premiers mois de la Révolution française, c'est une biographie de Paris saisie au jour le jour qu'elle nous offre, en une «histoire du temps présent» généreusement confiée à la postérité.

Les huit manuscrits autographes que nous éditons paraîtront dans leur intégralité en onze volumes, avec un douzième volume d'index et de suppléments. La force et la cohérence du texte nous ont d'emblée interdit d'offrir une anthologie puisque l'intelligence du monde, tel qu'il s'est découvert à l'oeil et à l'oreille de ce petit bourgeois parisien, ne se révèle que dans la lecture totale du journal. Ce premier volume, qui couvre les années 1753-1770, met en place le projet d'écriture du jeune libraire, pose les intérêts et les passions qui le suivront jusqu'à sa dernière ligne et dresse, d'une manière extrêmement sensible, les progrès de la guerre entre le Parlement et le roi. Première étape de ce projet de longue haleine, ces années d'écriture en formulent déjà tous les voeux.


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