«en d'autres lieux sans doute
aurions-nous aimé la paix des cerisiers ;
mais, en ces temps sauvages,
nos corps n'écoutèrent que la teneur de l'orage :
brisant la superbe
nous fûmes tout à la fureur dont la terre
et la poudre écument ceux qui s'aiment en passant;
solitudes creusées d'oasis, nous,
fûmes ce croire, cet espoir et ce haut mal
qui dans la trêve des grands combats,
firent d'une même geste brûler
le chaleil et l'eau»
Extrait Le Chaleil et l'Eau
«Ce choix anthologique est judicieux d'autant plus judicieux que le poète a récréé avec les étoffes de ces autres recueils un livre neuf qui donne à lire, à voir, à comprendre, à entendre ce chant de l'archi-temps. À saisir aussi un lyrisme condensé. Le poème L'Étranger et la Rose rattache l'effort créateur et poétique de Claudine Helft au mythe vivant de Tristan et Yseult. Sa poésie voyage dans les limbes mystérieux de l'amour et l'énigme de l'univers. vivre cette énigme sera toujours la réponse à cette question : «mais qu'est-ce que cette énigme ?». La femme devient-elle alors cette épouse souterraine, souveraine, soeur interdite ?
[...]La poésie de Claudine est la voyageuse qui s'est inventée des chemins dans les arcanes du temps jusqu'à bousculer sa grammaire dans un automne rouge. Il y a enfin dans cette marée du verbe, les parfums de la mémoire, de l'absence et de l'éternité et ces couleurs qui alimentent la force des images. L'amour seul à connaître l'amour lumière. Le couple Amour-Temps demeure une vaste énigme sans réponse.
Si cette anthologie recelait un enseignement ce serait : aimer au-delà de l'amour et de l'oubli. Elle est de futur simple et d'espérance.
Ce livre-étincelle allume la nuit lisante au fond de nos yeux.»
Extrait d'Avant lire de Luc Vidal
Claudine Helft est membre de l'Académie Mallarmé, du jury du Prix Alain Bosquet et présidente du Prix Louise Labé. Traduits dans une quinzaine de langues, ses poèmes figurent dans de nombreuses anthologies.
Les courts extraits de livres : 21/08/2012
L'IVRESSE DE L'HOMME
Serait-ce un mal être né homme et condamné ?
Bonheur, la Geste d'un fou que tente la foi ;
le rêve de terre n'aurait-il donc servi
que d'hameçon céleste à quelque dieu déçu ?
Peu importe le dessein, mangeons la pomme ;
convive la fête achevée il reste
ce vin fané dans la cruche des songes :