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Auteur : Laurent Bolard
Date de saisie : 20/07/2012
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Belles lettres, Paris, France
Collection : Realia
Prix : 25.00 €
ISBN : 978-2-251-33837-8
GENCOD : 9782251338378
Sorti le : 18/05/2012
Au XVIIe siècle, le voyage en Italie n'est pas encore pour les artistes l'institution qu'il deviendra par la suite. Il est le rêve d'un apprentissage, d'une jeunesse, parfois de toute une vie. Il est une référence, une nécessité pour qui veut se former, pour qui désire se faire un nom dans son pays. Il est une fascination pour des terres qui ont vu fleurir la civilisation romaine et s'épanouir la Renaissance. Il reste toujours une aventure, une source d'émerveillement.
Ce livre suit les peintres pas à pas, sur des itinéraires toujours riches de surprises et d'enseignements. Il décrit leurs conditions de voyages, celles de leur hébergement. Il évoque leurs amitiés et leurs souffrances, leurs amours, aussi, quelquefois leur mort. Il s'attache à leurs activités quotidiennes, ces joies et ces peines qui font du séjour italien un paradis, plus rarement un enfer. Il dit leur métier de peintre, analyse leur pratique professionnelle, singulièrement à Rome.
De ces voyages, de ces séjours qui quelquefois se sont prolongés une vie entière, les artistes ont laissé des traces artistiques, souvent sous la forme de vedute, ces vues de villes, ces paysages qui nous restituent l'Italie du temps. Ces oeuvres nous disent ce que les peintres ont vu, nous disent leur goût, celui du siècle, mais aussi, avec passion et poésie, leur sensibilité, leur amour de l'Italie.
Docteur en Histoire de l'Art moderne de l'Université de Paris IV Sorbonne, Laurent Bolard est spécialisé dans la peinture italienne de la Renaissance et du XVIIe siècle. Il est l'auteur de nombreux articles et a récemment publié un Caravage chez Fayard.
Pourquoi l'Italie ?
Au Moyen Âge, la situation de Rome et de l'Italie par rapport au reste de l'Europe relève d'une profonde ambiguïté. Capitale incontestée de la chrétienté d'Occident, Rome garde un prestige considérable qui se double du souvenir toujours vif, encore que de plus en plus lointain, de l'Antiquité, du temps où elle était capitale impériale. Qui se double aussi de l'image de la cité comme lieu de cristallisation du mythe de l'Empire universel, fondé sur l'alliance du temporel et du spirituel. Certains papes énergiques, tel Innocent III, s'efforcent d'assurer auprès des autres souverains du continent la primauté du second sur le premier par des interventions marquées d'un autoritarisme croissant. Dans le même temps, cette ville si prestigieuse, ce monstre urbain du monde antique se voit réduit à un gros bourg de quelques dizaines de milliers d'habitants aux périphéries de l'Europe, livré aux factions aristocratiques qui se disputent sans vergogne l'espace et la population à coups de forteresses érigées au milieu du bâti, des ruines, des friches, des jardins et des champs.
L'Italie, riche de ses expériences politiques axées sur l'émancipation puis l'expansion communales, riche également de sa domination économico-commerciale sur le reste du continent, l'Italie se révèle le heu de toutes les expérimentations et innovations grosses d'avenir. Que l'on songe, dans des domaines aussi différents, aux Tables amalfitaines et aux portulans, à la lettre de change et à l'assurance maritime, au système de notation musicale et à la forme du sonnet. Pourtant, et tout autant que Rome, la péninsule apparaît bien marginale par rapport à ce modèle féodal qui constitue le lot de la majeure partie de l'Europe occidentale, par rapport aussi à l'irrésistible ascension de la souveraineté royale et territoriale : situation qui fait d'elle, déjà, la proie de toutes les convoitises - celles de l'Empire au premier chef et, surtout dans sa frange méridionale, des Normands, des Angevins, des Catalans, en attendant les Français et les Espagnols. De même se tient-elle à l'écart des nouveautés architecturales (le gothique qui triomphe dès le début du XIIIe siècle reste un art profondément français) comme des genres littéraires dominants, du roman courtois à la poésie des troubadours.
Un tableau aussi sommaire dans ses contradictions ne doit cependant pas occulter le fait que l'Italie en général et Rome en particulier sont tout au long du Moyen Âge un territoire que les populations des autres nations d'Europe fréquentent volontiers. Qui s'y rend ? Des négociants bien sûr, pour régler leurs affaires - Villani le dit explicitement dans ses Chroniques à propos de Florence ; plus au nord, les Allemands descendent sur Venise où un fondaco (entrepôt) est construit spécialement à leur intention. Ces négociants ne sont pourtant pas les plus nombreux : le gros des étrangers est constitué de ces foules anonymes de pèlerins qui, malgré la rude concurrence de Saint-Jacques-de-Compostelle, se rendent expressément à Rome pour prier sur les tombeaux de Pierre et de Paul. Et s'ils ne vont pas à Rome, les pèlerins au moins traversent la péninsule jusqu'à Venise, Ancône, Bari, Brindisi pour gagner la Terre sainte dont la côte est de l'Italie reste le principal point d'embarquement. Chemin faisant, ils peuvent adorer d'insignes reliques, saint Marc à Venise, la maison de la Vierge à Lorette, saint Nicolas à Bari. À côté de ces pieux voyageurs se repèrent ici et là, au hasard d'une église ou d'un palais, quelques artistes étrangers, surtout français et allemands, et qui bien souvent ne sont plus que des signatures, des noms - maîtres d'oeuvre, sculpteurs, orfèvres, enlumineurs, maîtres verriers.
(...)
1) Qui êtes-vous ? !
Un amoureux de la chose écrite, et peinte
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La passion de l'Italie.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
" Parce qu'il est des terres, comme ça, sources même de la civilisation, et l'Italie assurément en est une, qui semblent contenir en elles toute la magie du monde. "
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une cantate du XVIIe siècle, de préférence profane, et joyeuse.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'errance sur ces mêmes chemins de lumière que parcouraient les artistes.
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