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.. Sur les chemins de Palmyre : récit

Couverture du livre Sur les chemins de Palmyre : récit

Auteur : Lucien d' Azay

Date de saisie : 27/08/2012

Genre : Récits de Voyages

Editeur : La Table ronde, Paris, France

Collection : Vermillon

Prix : 16.00 €

ISBN : 978-2-7103-6904-2

GENCOD : 9782710369042

Sorti le : 19/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 23/08/2012

Sur les chemins de Palmyre est le récit d'un voyage en Syrie, la découverte d'un territoire et d'une nation, mais aussi une réflexion sur certaines valeurs politiques et religieuses de notre époque. Jalonné de paysages et de rencontres, cet itinéraire, retranscrit quasiment sur le vif, se déploie à la manière d'un roman, en «promenant un miroir le long d'un chemin», selon l'expression si chère à Stendhal. On y découvre, entre autres, l'esquisse d'un portrait de la femme syrienne ou encore les vissicitudes d'une dictature inaugurée en 1970 par le coup d'État d'Hafez el-Assad, le père de l'actuel président. Sur les chemins de Palmyre aurait pu s'intituler Thermidor en Syrie : thermidor, mois du calendrier républicain où se déroule ce récit, est aussi le crépuscule d'un régime de terreur. Car c'est à une aurore démocratique - ou du moins à une société plus libre et plus juste - que ce fabuleux pays aspire à présent, comme on envisage une naissance plutôt qu'une «renaissance».

Lucien d'Azay est né en 1966. Il a notamment publié À la recherche de Sunsiaré aux Éditions Gallimard en 2005 et, aux Belles Lettres, Tibulle à Corfou (2003), Le Faussaire et son double (2009) et Trois excentriques anglais (2011). Il partage son temps entre Venise, Paris et Londres.



  • La revue de presse Jean-Pierre Perrin - Libération du 28 juin 2012

Entre légèreté et ironie mordante, le récit d'une escapade à Alep, Palmyre... durant l'été 2008...
On s'agace d'abord de tant de légèreté dans un pays déjà à ce point marqué par la gravité, mais les remarques sont souvent pertinentes, les analyses, même rapides, frappées au coin du bon sens et le style ironique fait mouche : «La moiteur s'affale comme une femme obèse au coeur de la nuit.» Et l'auteur restitue bien cette Syrie bâillonnée, où la peur appelle la peur, où «la terreur s'instaure d'elle-même»...


  • Les courts extraits de livres : 27/08/2012

Pourquoi dans toutes nos langues occidentales dit-on «tomber amoureux» ? Monter serait plus juste. L'amour est ascensionnel comme la prière. Ascensionnel et éperdu.

Nicolas Bouvier, Le Poisson-scorpion.

Tüurk HavaYollari : ainsi s'appelle la compagnie en version originale, mais que veulent dire les deux derniers termes ? Je pose la question à Chloé au moment où elle se penche pour regarder par le hublot. «Youpi ! on s'envole !» répond-elle sans hésiter. Les volets d'intrados rentrent dans les ailes tandis que le train d'atterrissage se replie sous nos fesses. Clac ! Chloé jubile. J'espère que le petit poisson qui croît à l'intérieur de son ventre aura aussi le sens de l'humour. Petit poisson ? C'est ainsi que nous l'appelons en attendant de lui trouver un prénom, à cause du signe zodiacal sous lequel il est censé naître. Est-il sensible à l'ascension ? Mastique-t-il pour ne pas avoir mal aux oreilles ? L'hôtesse nous enjoint de garder nos ceintures attachées jusqu'à ce que l'avion ait atteint l'altitude et la vitesse de croisière. Nous survolons la Corne d'Or, Sultanahmet et le sérail de Topkapi. Aux aguets comme de grosses araignées pataudes, Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue dressent leurs fusées vers le ciel. Vont-elles nous allumer au passage ? «On dirait des vaisseaux extraterrestres. Des vaisseaux sympathiques», me souffle Chloé à l'oreille, de sa voix flûtée de petite fille. A peine ai-je le temps d'apprécier la justesse de son image que nous avons traversé le Bosphore ; voilà déjà l'Anatolie. Dans deux heures, nous atterrirons à Damas.
Qu'allons-nous faire en Syrie ? Le sourcil en apostrophe, Chloé m'adresse un demi-sourire, sa fossette parachevant le point-virgule, comme si elle lisait dans mes pensées. Elle semble chercher une expression de circonstance qui n'empêche pas la pose, et je me demande si c'est Bette Davis, Jeanne Moreau ou Claudia Cardinale qui l'a le plus influencée. Parisienne, oui, des orteils à sa bouche en coeur, en dépit ou en vertu d'une ascendance italienne. Catégorie Betty Boop, comme on n'en fait d'ailleurs plus qu'à Paris. Elle a presque tous les défauts de ses concitoyennes. Et presque toutes leurs qualités. Les qualités de la Parisienne sont d'être frivole, dépensière, narcissique, impatiente, effrontée, gâtée et blasée. Avec cela adorable, au point de séduire les plus récalcitrants, dont je faisais partie. Le Petit Poisson lui ressemblera-t-il ? Comme il sera troublant de la reconnaître chez un enfant en qui je me reconnaîtrai moi aussi ! Mais voilà que je fais de la métaphysique. Il faut dire que l'endroit s'y prête. Les cathédrales du XXIe siècle, ce sont les avions. Suspendu dans les deux, à plus de trente mille pieds d'altitude et à près de mille kilomètres à l'heure, on est volontiers enclin à la prière. À plus forte raison s'il y a des turbulences. Se répercutent-elles dans la matrice, carlingue gigogne ? Chloé s'est endormie et dodeline de la tête au gré des masses d'air. R. L. Stevenson parle quelque part du bonheur de la solitude à côté de la femme qu'on aime et qui dort. Pas l'ombre d'un claustrophobe dans cette cabine pressurisée. La plupart des passagers sont barbus ; les passagères ont un foulard sur la tête : on se croirait à Bethléem au début de notre ère, mais personne ne semble s'en émouvoir outre mesure. Un avion pareil à une mosquée où il faudrait se déchausser en tendant sa carte d'embarquement...


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