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.. Huit bouffées de sagesse papaoute

Couverture du livre Huit bouffées de sagesse papaoute

Auteur : Karin Huet

Date de saisie : 04/07/2012

Genre : Littérature, essais

Editeur : Gros textes, Chateauroux-les-Alpes

Prix : 8.00 €

ISBN : 9782350821320

GENCOD : 9782350821320

Sorti le : 26/06/2012

  • Les présentations des éditeurs : 05/07/2012

«La première énergie, absolument renouvelable, c'est la mienne d'énergie, c'est la vôtre aussi, celle de nos corps tout nus, celle qui nous fait ouvrir les yeux chaque matin, bouger, soulever, battre le tapis, renifler, marcher, chanter, chercher les champignons, sauter, mastiquer, creuser, tirer, porter le pot à lait, pincer, pousser, éternuer, rire !
Ce n'est pas si compliqué ! Et quand on pète, on ne rejette même pas beaucoup de méthane !»

Karin Huet publie des écrits depuis 1978. Mais c'est bien la première fait qu'elle nous livre un ouvrage de sapience.


  • Les courts extraits de livres : 05/07/2012

LE BONHEUR D'AVOIR DES FESSES
(et quatre membres pliants)

Je suis de taille et de corpulence moyennes pour mon espèce, de peau blanche tirant sur le basané, de poil brun. Yeux marron. Aspect physique banal par 43° nord / 6° est. Mais je ne suis pas comme les autres.
Qu'est-ce qui me fait dire ça ? Des tas d'indices. Des détails. Mais récurrents. Persistant.

Par exemple... Quand des amis m'invitent, je pense avant d'entrer : «Pourvu que tous les sièges soient déjà occupés !» Si je suis exaucée, après les embrassades, sans donner à penser que je fais mon intéressante, je m'assieds par terre : le derrière au même niveau que les pieds.
Je suis encore mieux installée qu'un foetus dans le ventre maternel ! Je jouis de la chaleur de l'amitié, des harmonies de la conversation et des pistaches salées. Je peux varier la flexion de mes membres inférieurs. Je remonte mes genoux sur ma poitrine mais, plus tard, je poserai mes creux poplités sur le sol ou j'épanouirai mes mollets repliés sur mes cuisses, tels deux sépales de lotus. Et tant d'autres variantes ! Charmes multiples de la position assise.
Elle est l'exact intermédiaire entre la station verticale (la gloire de l'homme, à ce qu'on nous enseigne) et la station horizontale (qui n'est pas à dédaigner). La moitié supérieure du corps, verticale, appartient à un être vigilant et tonique. La moitié inférieure, alanguie à l'horizontale, est celle d'un donneur. Le cerveau de l'homme assis, mobilisé par ses activités, se sent en même temps tout aise de percevoir que son derrière et ses pieds se délassent, mollement couchés côte à côte.
Quand je lève les yeux vers les amis qui siègent autour de moi, il me semble qu'un enchanteur méchant a figé leur arrière-train au milieu de sa naturelle descente vers le repos. Les jambes, les cuisses et le tronc forment deux angles droits ; le derrière est en suspens, empêché de rejoindre la terre ferme où s'appuient les pieds. Aucun être humain normalement constitué ne peut rester ainsi plus de quelques secondes. Pour compenser le maléfice, mes amis ont des étais coincés sous le surplomb : canapé, chaise, fauteuil. Mais, bientôt, le sang peinera à remonter dans leurs jambes contraintes à une quasi immobilité verticale.
Pourquoi le siège a-t-il été inventé ?
J'imagine que ce fut pour un Ancien, à qui des genoux ankylosés par l'arthrose interdisaient de s'asseoir à terre. Or, autrefois, les Anciens assuraient la fonction de Chefs ou de Rois. Alors, sans doute par respect et pour le consoler de ne plus être assis convenablement, on a agrémenté la charpente qui lui soutenait le fondement avec des étoffes somptueuses et des guirlandes en bas-relief. Et cela a rangé le siège parmi les signes du pouvoir, au même titre que la couronne ou le sceptre... Puis les sociétés se sont démocratisées. Peut-être chaque citoyen a-t-il voulu un trône, tout inadapté qu'il fût à son propre état de santé, pour venger l'assujettissement de ses aïeux ?


  • Le courrier des auteurs : 05/07/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Une métisse franco-papaoute qui aime bouquiner, papouiller le monde et peaufiner ses bouquins.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La première énergie, absolument renouvelable, c'est la mienne, c'est la vôtre aussi, celle de nos corps tout nus.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
J'ai bien compris que la Papaoutie c'est bath : l'horizon rond, les sentiers qu'on fraie avec les pieds, avec les cuisses, entre les fougères, la voix apaisante des rivières, les plaines de graminées à perte de vue, les sables et les arbres brossés par le vent, le juteux des myrtilles, le charnu du pourpier, la boue soyeuse qui vous épouse la voûte plantaire et se glisse entre vos orteils...

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un air de ukulele joué par une bonne amie assise sur les galets devant la mer et moi qui fredonne pour les accompagner, la mer et l'amie et les galets. Ou bien cette mélopée à la guimbarde que je chantais-jouais, traversant la toundra avec les amis qui me suivaient et dansaient, des bois de caribou sur la tête.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le goût de cheminer à pied ou à la pagaie puis de se reposer cul nu sur la terre sacrée.


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