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.. L'homme contre l'argent : souvenirs de 10 ans, 1918-1929

Couverture du livre L'homme contre l'argent : souvenirs de 10 ans, 1918-1929

Auteur : Georges Valois

Préface : Olivier Dard

Date de saisie : 27/06/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, France

Collection : Documents et témoignages

Prix : 30.00 €

ISBN : 9782757403914

GENCOD : 9782757403914

Sorti le : 13/09/2012

  • Les présentations des éditeurs : 27/06/2012

De l'anarchisme à l'Action française, du fascisme à son retour vers la gauche et dans la République, jusqu'à sa mort en déportation, le parcours de Georges Valois (1878-1945) est emblématique des mutations et des reclassements à l'oeuvre dans la France de l'entre-deux-guerres.

L'Homme contre l'argent. Souvenirs de dix ans 1918-1928, ouvrage publié en 1928 et aujourd'hui introuvable devait être réédité. Il peut se découvrir comme une galerie où se croisent des portraits de figures emblématiques (de Charles Maurras à Benito Mussolini en passant par François Coty) et des fresques de milieux très divers (Action française, monde de la presse et de l'édition, sphères patronales, «jeunes équipes» en voie de formation). Valois propose aussi le récit de temps forts qui jalonnent sa propre vie en même temps qu'ils marquent la France de son temps : promotion d'une «économie nouvelle», dissidence de l'Action française, naissance d'un «fascisme français», crise monétaire et stabilisation Poincaré, impasse des solutions traditionnelles pour adapter la France à une modernisation nécessaire au-delà des voies tracées par le monde anglo-saxon et l'URSS, nécessité de «nouvelles équipes» pour concevoir et mettre en oeuvre, contre la «dictature» de l'argent, une troisième voie «réaliste», un «nouvel âge».

Au-delà de son itinéraire Valois restitue celui d'un groupe, qui croise cette «génération réaliste» dont il est une figure tutélaire et l'éditeur majeur dans sa librairie.

Olivier Dard, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Lorraine (plateforme de Metz). Spécialiste d'histoire politique du vingtième siècle, en particulier des droites radicales et des relations entre politique et économie.


  • Les courts extraits de livres : 27/06/2012

Introduction à la nouvelle édition

Il est des livres qui constituent une source de premier ordre pour qui veut se replonger dans l'atmosphère d'une période. L'Homme contre l'argent. Souvenirs de dix ans 1918-1928, seconde autobiographie aujourd'hui épuisée et introuvable de Georges Valois (1878-1945), est de ceux-là. Ce livre virulent et écrit à chaud compte assurément parmi les récits importants de l'entre-deux-guerres. En effet, L'Homme contre l'argent est une traversée des droites nationalistes au lendemain du premier conflit mondial, de l'Action française au Faisceau. Il évoque aussi les premiers pas des relèves «réalistes» de la fin des années vingt. Pour paraphraser le titre d'un ouvrage de Jean-Pierre Maxence, c'est donc une «histoire de dix ans», qui s'achève quasiment là où Maxence commence la sienne.
Lorsqu'il rédige L'Homme contre l'argent entre mai et septembre 1928, Valois est âgé de 50 ans. Venu de l'anarchisme, engagé pendant deux décennies à l'Action française, il en est le doctrinaire le plus éminent en matière économique et sociale et la cheville ouvrière des entreprises éditoriales à la Nouvelle Librairie nationale. Ensuite, avec le Faisceau, Valois peut être considéré comme la première personnalité marquante d'un fascisme français qui se cherche. Sa rupture spectaculaire avec le fascisme en 1927 fait de Valois un antifasciste en même temps qu'elle l'inscrit parmi les rénovateurs de la République qu'il entend, comme d'autres, voir se transformer sous le signe du «réalisme». À la fin des années trente, Valois est un des chantres de «l'abondancisme» et l'apôtre d'un «nouvel âge» pour l'humanité dont il a commencé à poser les fondements dans un essai de 1929.
Retracer la biographie intellectuelle et politique de Valois a constitué un véritable défi pour ceux qui se sont livrés à l'exercice : on songe ici principalement à Yves Guchet et à Allen Douglas. Qui est vraiment Georges Gressent dit Valois ? Existe-t-il un vrai Valois ou en existe-t-il des versions successives ? Valois donne à l'analyste un sentiment d'instabilité et de contradiction que n'ont pas manqué d'exploiter ses amis de la veille devenus en quelques mois des ennemis irréconciliables (on songe ici à l'Action française) ou plus tard, certains milieux syndicalistes réformistes. Valois lui-même est conscient de son évolution qu'il assume et revendique avec force. Ainsi, en ouverture de son ouvrage Guerre ou Révolution publié en 1931, Valois précise dans la rubrique «du même auteur» : «L'auteur a publié une quinzaine d'ouvrages de 1907 à 1927. Il n'indique ici que ceux qui sont postérieurs à 1927, [soit, Un Nouvel Age de l'Humanité et L'Homme contre l'argent (souvenirs de dix ans)] et qui font partie de l'ensemble de ses travaux de révision intellectuelle. Afin d'éviter toute équivoque, l'auteur a pratiquement retiré de la circulation tous ses ouvrages antérieurs à 1927, qui ne sont que des approximations successives et dont il extrait ce qu'il croit devoir demeurer.»
Les discontinuités de son itinéraire n'ont pas empêché Valois d'être un publiciste reconnu et de fréquenter une multitude de milieux. Son aura dans la France du premier vingtième siècle est certaine et L'Homme contre l'argent permet d'en prendre la mesure. Valois y propose, rédigée avec une plume acérée, une galerie de portraits de personnalités (de Charles Maurras à Benito Mussolini en passant par François Coty) mais aussi de milieux et d'événements dont il est un acteur majeur ou la cheville ouvrière («Semaines», Union des Corporations françaises, Faisceau, journal Le Nouveau Siècle, organes ou maisons d'édition comme la Nouvelle Librairie Nationale ou la Maison du Livre français). Publiciste en vue, Valois est aussi un observateur et un analyste de premier plan. Son récit est donc une plongée dans cette France des années vingt que l'historiographie a moins labourée que celle des années trente ou qu'elle a parfois eu tendance à considérer à partir d'une approche régressive, en raisonnant davantage sur son point d'arrivée, la crise des années trente, qu'en prenant réellement la mesure des bouillonnements et des potentialités d'une décennie qu'on ne saurait réduire à la formule bien connue des «années folles». Témoin et baromètre de la France de son temps, Valois est aussi célébré et reconnu par ses contemporains à l'étranger, notamment en Belgique, en Espagne et en Italie. Dans l'Homme contre l'argent, Valois évoque ces trois pays et raconte même en détail certains voyages qu'il y fait, notamment dans l'Italie mussolinienne. Comme en France, l'intérêt suscité par Valois y est fonction de la conjoncture et des étapes de son itinéraire. (...)


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