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Auteur : Madame Lisa
Date de saisie : 23/08/2012
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 16.00 €
ISBN : 978-2-246-79378-6
GENCOD : 9782246793786
Sorti le : 23/05/2012
Genève, ses horloges de luxe, son chocolat, son lac si paisible. Et ses prostituées, ni soumises ni illégales, et nombreuses. L'une des figures légendaires en est Madame Lisa. Patronne du plus grand salon érotique de Genève, cette prostituée française à l'optimisme indéfectible y a ouvert, en toute légalité, un lieu où se croisent les habitués et... les autres. Autant de questions rarement posées, autant de réponses. Les handicapés ont-ils droit au plaisir ? Les belles de jour rêvent-elles de sexe ou de liberté ? Peut-on être aussi un chef d'entreprise quand on dirige plus de soixante «filles» ? Comment éviter les problèmes ? Tour à tour légère et grave, Madame Lisa nous offre ainsi un regard inédit sur le plus vieux, mais aussi le plus controversé des métiers : la prostitution.
Ce livre sans fard ni dentelles est l'occasion d'une rencontre avec une femme courageuse, mère de famille comblée, tenancière épanouie, «pute et fière de l'être».
Jean-Pierre Saccani est journaliste. Il a été rédacteur en chef de nombreux titres de presse écrite, dont Le Figaroscope, VSD, Playboy et La Parisienne... Il est également l'auteur de Nelson et Simone, une enquête littéraire qui a dévoilé la liaison entre Simone de Beauvoir et Nelson Algren.
Sur les rives du Léman, non loin de la frontière française, un établissement semble défier le fantôme de Marthe Richard. Le Venusia, maison close moderne et taule à l'ancienne, n'est pourtant pas le bobinard standard. Bientôt quinze ans que ce salon de luxe prodigue aux désireux les premiers soins. Isabelle, alias Madame Lisa, mère maquerelle de son état et fondatrice des lieux, orchestre la danse. L'État helvétique défend en effet le droit des femmes à se prostituer, à condition qu'elles n'y soient pas contraintes...
Dans son livre de confessions impies, Madame Lisa se targue d'avoir rendu son bordel accessible aux handicapés. «J'encourage ces personnes à avoir une vraie vie sexuelle !» Ici, donc, pas d'intouchables. Lisa a le mérite de considérer le micheton uniquement pour ce qu'il a dans les fouilles. Pantalon aux chevilles, «il est un homme comme un autre». Seul avec sa honte et sa fierté, ses certitudes et ses errements. Le reste n'est que légende de traversins et thérapie de beaux draps.
Extrait du prologue
Je suis une pute. Et fière de l'être. A en croire la définition du Petit Robert, je suis également proxénète, puisque je «tire des revenus de la prostitution d'autrui». En revanche, les synonymes proposés par cet éminent dictionnaire m'horripilent. Je ne suis ni mère maquerelle, maquerelle, ni souteneuse ; jamais je ne cautionnerai l'exploitation du corps humain, comme le suggèrent ces termes péjoratifs. L'argot est un arbre vert dont les fleurs, au nom de la nostalgie, dégagent parfois une odeur fétide. Après toutes ces années, ce métier - j'insiste sur ce point -choisi de mon plein gré, me procure toujours beaucoup de plaisir. Mais jamais au grand jamais, je ne forcerai quiconque à l'exercer.
Comment ai-je commencé ? Tout simplement poussée par le besoin d'argent. Séances de photos de nu, tournages de films porno, hôtesse dans un «bar à bouchons», j'ai enchaîné tous les plans foireux avant d'avoir la révélation lors d'un après-midi merveilleux. J'avais quitté ma province - la Charente-Maritime - depuis quelques années, j'étais alors mariée et je vivais à Paris.
Un jour, une amie me proposa de venir chez elle pour une partie à trois : je n'en soupçonnais rien. Je n'étais pas une dingue de sexe et, comme la plupart des filles de l'époque, j'avais eu ma première expérience sexuelle à dix-huit ans. Avec mon amie, nous avions les mêmes points de vue sur les hommes. Celui de notre rendez-vous était charmant avec ses airs de prince arabe qui avait envie de s'éclater avec des femmes ouvertes à la «discussion», pour rester dans l'ellipse... Ce fut un moment absolument délicieux, sexuellement parlant. Quelle ne fut pas ma surprise le lendemain, lorsque je découvris dans mon sac à main une enveloppe contenant plusieurs milliers de francs. Une véritable aubaine, alors que mon mari était un vrai panier percé et que nourrir mes enfants devenait de jour en jour un véritable casse-tête.
Sur le moment, je crus à une erreur car je ne me rappelais pas avoir glissé cette enveloppe dans mon sac... L'aurais-je prise par inadvertance ? Au téléphone, mon amie me rassura. Oui, c'était bien elle qui l'avait déposée là. Le montant de ma prestation, me dit-elle... Ma prestation ! Comme si j'étais une artiste !
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