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.. Aimer lire : une passion à partager

Couverture du livre Aimer lire : une passion à partager

Auteur : Emmanuel Pierrat

Date de saisie : 25/06/2012

Genre : Littérature, essais

Editeur : Editions du Mesnil, Paris

Collection : Aimer... une passion à partager

Prix : 14.50 €

ISBN : 9782365340038

GENCOD : 9782365340038

Sorti le : 24/05/2012

Emmanuel Pierrat au micro de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 28/06/2012

Parce que le plaisir de lire va bien au-delà de la lecture, découvrez avec ce livre quelques-unes des multiples raisons qui font le bonheur de lire.
Aimer lire, c'est apprécier l'objet livre, l'ambiance des bibliothèques et des librairies, c'est aussi aimer relire, lire à haute voix, peut-être même aimer écrire.
C'est une multitude de plaisirs qu'Emmanuel Pierrat, en fin connaisseur, nous invite à partager. A travers anecdotes, souvenirs et réflexions, il nous offre un texte où tous ceux qui aiment lire se reconnaîtront

Avocat spécialisé dans le droit de l'édition, romancier et essayiste, Emmanuel Pierrat lit encore plus qu'il n'écrit (et pourtant la liste de ses oeuvres est longue). Son amour de la lecture l'a amené à devenir aussi éditeur.

EMMANUEL PIERRAT est un lecteur insatiable, un essayiste de grand talent et un avocat réputé. De la littérature moderne aux curiosa, il aime tous les genres et en parle avec une passion communicative.
Le fait qu'il dorme très peu lui donne le temps de TOUT lire
Le fait qu'il soit «brillantissime» lui donne l'envie de réfléchir
Le fait qu'il soit auteur prolifique et lecteur insatiable lui a donné envie de synthétiser ce que les lecteurs ressentent quand ils lisent.


  • Les courts extraits de livres : 28/06/2012

Aimer lire est-il un vice ? Une maladie ? Ni l'un ni l'autre. Une chose est sûre, cependant : ce n'est pas une passion anodine. Au début du 17e siècle, un certain hidalgo de la Mancha, pétri de romans de chevalerie, partit un jour, sur son cheval Rossinante, combattre les moulins à vent. Il serait loisible d'en conclure que la lecture rend fou. Mais alors, d'une folie qui nous aide à éclairer le monde. Plus de quatre cents ans après sa première parution, Don Quichotte - premier roman moderne et toujours l'un des plus lus à travers toute la planète - n'en finit pas de susciter son flot d'interprétations savantes, depuis Pierre Perrault en 1679 (le frère de Charles, le conteur, et de Claude, le bâtisseur de la colonnade du Louvre), jusqu'à Michel Foucault, en passant par Jorge Luis Borges. Même le cardinal Ratzinger, actuel pape Benoît XVI, s'est longuement penché sur l'oeuvre (en 1982), comme si ce monstre de la littérature résistait à toutes les tentatives pour le circonscrire.
Aimer lire, est-ce contagieux ? Comment cela s'attrape-t-il ? Avoir des parents qui aiment lire, ça peut aider. Mais ça n'est pas obligatoire. Les miens n'étaient pas des dévoreurs de livres. Et je connais des mordus de lecture qui ont grandi dans des maisons où le seul «livre» disponible était l'annuaire du téléphone. Ce qui est sûr, c'est qu'il est encore préférable d'avoir eu des parents qui n'aimaient pas lire, que des géniteurs qui vous ont forcé à lire. «Le verbe lire ne supporte pas l'impératif, aversion qu'il partage avec quelques autres : le verbe aimer, le verbe rêver», écrivait très justement Daniel Pennac dans Comme un roman. Il y a pire : quand l'impératif se double du négatif - «Ne lis pas ça !» Il peut arriver que pareille injonction, réveillant chez l'enfant un sentiment de rébellion, s'avère très fructueuse. Mais ce n'est pas la norme. La lecture est une activité intellectuelle qui bouscule l'indolence naturelle des enfants. Elle a besoin d'être encouragée, pas d'être découragée. Chaque fois que des parents, croyant user à bon escient de leur autorité de parents, s'autorisent à juger les lectures de leur progéniture, ils font un pas de plus pour dégoûter celle-ci d'ouvrir un livre. À la naissance de ma première fille, je me suis juré de ne jamais la forcer à lire. J'aurais été effondré si, elle et sa soeur, n'avaient pas attrapé le virus, mais je ne voulais pas être tenu responsable d'une overdose ! Mes amis m'ont, involontairement, aidé. Spontanément, ils m'ont laissé acheter peluches et jouets et se sont tous ligués pour offrir à Mattea et Sasha des livres, encore des livres, toujours des livres... qu'elles dévorent. Nous lisons à trois, à voix haute, le même livre. Et l'aînée vient désormais me soumettre tel ou tel passage qu'elle vient de savourer ou qu'elle veut m'entendre commenter. Elles ont déjà leur propre bibliothèque et le goût des librairies.
Avoir des professeurs - ou des instituteurs - qui aiment lire aide aussi. Mais ça n'est pas davantage obligatoire. A tout le moins, ces enseignants devront-ils savoir s'écarter des chemins balisés de l'Éducation nationale et des livres de classe. Combien de générations d'élèves Lagarde et Michard - ces Bouvard et Pécuchet du manuel littéraire - n'auront-ils pas détournées de la lecture ?


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