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Auteur : Tarun J. Tejpal
Traducteur : Dominique Vitalyos
Date de saisie : 11/10/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Grandes traductions
Prix : 22.90 €
ISBN : 978-2-226-24301-0
GENCOD : 9782226243010
Sorti le : 22/08/2012
«J'ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs coeurs et leurs âmes vacillaient. Un jour...
Aujourd'hui, c'est à l'urgence que je dois faire face.»
Au cours d'une longue nuit où il attend ses assassins, d'anciens frères d'armes, un homme raconte son histoire, celle d'une communauté recluse dans une vallée inaccessible de l'Inde, selon les préceptes d'un gourou légendaire, Aum, le pur des purs...
Porté par une langue baroque qui lui donne toute sa dimension mythique, le roman fulgurant et visionnaire de l'auteur de Loin de Chandigarh, transcende les frontières, les langues et les courants. Figure majeure de la littérature indienne contemporaine, Tarun Tejpal explore la société des hommes dans son «inhumanité» et entraîne le lecteur dans une fable philosophique et politique puissante, qui s'impose d'ores et déjà pour les générations à venir comme une lecture incontournable.
Fondateur et rédacteur en chef du magazine d'investigation Tehelka, qui a bâti sa réputation sur ses enquêtes contre la corruption, éditeur et romancier, Taun Tejpal est l'une des grandes figures de la littérature indienne contemporaine. Loin de Chandigarh (Buchet Chastel, 2005), son premier roman, a été traduit dans une quinzaine de langues et a été un immense succès en France, finaliste du Prix Femina et Prix des Libraires en 2007. Histoire de mes assassins, son deuxième roman, est paru également chez Buchet Chastel en septembre 2009. Tarun Tejpal vit à New Delhi avec son épouse et leurs deux filles.
Sur les pas de ce Wafadar, Tarun Tejpal, révélé en 2005 par Loin de Chandigarh, livre un récit tendu comme le vol d'une flèche. Journaliste d'investigation en Inde, fondateur et directeur d'un média spécialisé dans les enquêtes les plus délicates, il poursuit dans La Vallée des masques la traque des mécanismes sectaires. La force du roman tient dans les convictions du jeune guerrier. Sa capacité à endurer les épreuves, à abandonner les plus faibles, à se livrer à son autocritique, révèle la puissance du système. Au centre de cet univers réside la figure divinisée d'un libérateur. Mais la vérité héritée de ses enseignements - le partage, l'abandon du désir de possession, l'oubli de soi, pour atteindre la pureté - ne sert plus qu'une caste entretenant le désir fou de réformer le monde...
Tarun Tejpal, qui se dit athée, a voulu, dans ce roman, mettre en garde contre les extrémismes religieux. Philosophe, il renvoie l'homme à ses confondantes imperfections. Amoureux de la vie, il le préfère libre, doutant, mais le coeur battant.
La dernière nuit
Voici mon histoire. Et l'histoire de mon peuple.
Elle n'est pas très longue. Certains la racontaient le temps de vider un verre de Ferment aigre-doux. D'autres y apportaient tant de précision que les tonneaux étaient vides avant qu'ils aient terminé. Aujourd'hui, dans ma confusion, je me situe entre les deux. Pourtant j'ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs coeurs et leurs âmes vacillaient. Un jour.
Aujourd'hui, je dois faire face à l'urgence. Le train de neuf heures vient de siffler et je sais que mon sablier sera bientôt vide. Le sifflet d'un train, comme c'est beau ! La première fois que je l'ai entendu, je l'ai pris pour le cri de l'oiseau le plus grand du monde. Puis j'ai vu la bête fabriquée par les hommes, je l'ai entendue bavarder et chanter, et je suis tombé amoureux de sa voix. Ces derniers mois, j'ai escaladé souvent sans me faire voir le remblai de la voie ferrée. Assis sur les cailloux pointus, je caressais les veines de fer, je posais mon oreille contre leur douceur lisse et fraîche afin de percevoir la pulsation de vie encore lointaine qui s'approchait. L'indifférence des hommes à la beauté de cette voix me stupéfie. Ils ne suspendent même pas leur conversation quand le sifflement qui fuse de la locomotive fait voler l'air en éclats. J'ai appris autre chose encore : tous les humains ne voient pas le beau partout où il se trouve. Et c'est peut-être mieux ainsi.
Quelle facilité dans la digression ! A force de côtoyer les hommes chez qui je suis venu vivre, je finis par leur ressembler : distrait, séduit par tout ce qui se présente. Et c'est peut-être mieux ainsi.
Mais aujourd'hui, quoi qu'il en soit, je dois me concentrer sur deux choses : ce que j'ai à dire et les mots pour le faire. Tels le marteau et le clou unis dans leur percussion opiniâtre et bruyante jusqu'au bout de leur tâche.
Aujourd'hui, c'est à l'urgence que je dois faire face.
1) Qui êtes-vous ? !
Un journaliste et romancier. (Et un père et mari).
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La manière dont les hommes, même quand ils veulent faire le bien, finissent par faire le plus grand mal. Le livre explore les pathologies du puritanisme et du collectivisme.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«La pensée est toujours plus grande que l'Homme»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une lamentation. Une chanson populaire qui parlerait de la perte et du chagrin.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Qu'à travers l'Histoire, des hommes extraordinaires ont tenté de nous convaincre que la pensée est plus importante que l'Homme. Et que ça a toujours mené à la tragédie.
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