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Auteur : Yves Bigot
Date de saisie : 07/06/2012
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Don Quichotte éditions, Paris, France
Prix : 19.90 €
ISBN : 9782359490824
GENCOD : 9782359490824
Sorti le : 10/05/2012
«Message personnel», «Quelque chose de Tennessee», «Cézanne peint», «Le monde est stone», «Le blues du businessman», «Les uns contre les autres», «Ziggy», «Only the Very Best», «Musique», «Quelques mots d'amour», «La groupie du pianiste», «Il jouait du piano debout», «Résiste», «Débranche», «Diego, libre dans sa tête», «Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux», «Ella, elle l'a», «Le paradis blanc» : c'est une cinquantaine de tubes, certains iconiques, que nous devons à Michel Berger, mort à quarante-quatre ans, sans oublier ses opéras rock Starmania et La Légende deJimmy.
Compositeur, pianiste, parolier, concepteur, réalisateur, producteur, directeur artistique, scénographe, Pygmalion, le fils du triple académicien Jean Hamburger, chouchou de «Salut les copains» à quinze ans, n'est pas un chanteur comme les autres. Figure singulière de la scène musicale française, sa carrière est intimement liée à celles de Véronique Sanson et de France Gall, sa femme. Il a aussi contribué à celles de Françoise Hardy et de Johnny Hallyday collaboré avec Elton John, Cyndi Lauper, Willy DeVille, Céline Dion, Daniel Balavoine, etc.
Cette biographie à l'américaine s'appuie sur les nombreuses interviews de l'auteur avec Michel Berger ainsi que les témoignages de ses collaborateurs, amis et musiciens, selon l'exigence requise par le destin hors du commun de cet éternel jeune homme qui a fait chanter la France.
Directeur des programmes et de l'antenne de RTL après avoir été celui de France 2, de France 4, de la RTBF et d'Arte Belgique, Yves Bigot a chronique la vie du rock et des artistes à la télévision («Les enfants du rock», «Rapido», «L'autre musique», «Rive droite, rive gauche»), à la radio (Europe 1, France Inter), et dans la presse écrite (Libération, Rolling Stone, Rock & Folk).
Postface de Bayon
La minute de silence
«Michel Berger est mort. Tu peux te radiner au journal comme d'hab pour la nécro ?»
L'appel de Bayon, selon le rituel parfaitement rodé qui nous a vus mémorialiser ainsi, avec la dream team Libé qu'il dirige et inspire, Gainsbourg, Ferré, Montand, Trenet, Mort Shuman, Miles Davis, Frank Zappa, Freddie Mercury et tant d'autres, me sèche. C'est que, comme Daniel Balavoine avant lui, Michel Berger n'est pas simplement quelqu'un que j'ai rencontré, interviewé, filmé, dans un cadre professionnel sans que cette relation ne déborde sur nos vies.
Je n'oserai pas pour autant affirmer que Michel était un ami. Il lui aurait appartenu de le dire, éventuellement. Nous n'étions pas intimes. Mais pour le moins, il était un interlocuteur, un complice, voire un allié. Nous nous connaissions, nous voyions, nous appelions, échangions nos opinions, commentions les tribulations de nos amis et ennemis, les moquions parfois, avec une ironie douce-amère qui n'en pensait pas moins. Entretenions une conversation. Partagions aussi un certain nombre de convictions qui nous avaient conduits à nous retrouver dans quelques projets typiques de l'époque - les années quatre-vingt - Action Écoles (soit Band Aid France) ou un album caritatif à l'occasion des trente ans d'Amnesty International qui ne verrait jamais le jour.
On n'est pas censé mourir à quarante-quatre ans. Je suis sidéré par la nouvelle - tu parles d'une mauvaise nouvelle ! -, sonné, désarçonné, en ramassant mes affaires dans le petit bureau vitré au fond d'une cour de la rue du Cherche-Midi d'où j'essaie de diriger depuis seulement un mois Fnac Music Production, la maison de disques qu'a lancée l'enseigne d'achats des cadres et que j'ai pris le pari de rejoindre en partie pour tenter de mettre en pratique le fruit de certaines de nos observations et réflexions communes sur l'état de la musique et de la chanson de notre pays, qui nous frustre tellement, et depuis si longtemps. Je bloque toute émotion, zen comme ma profession l'exige, pour me concentrer sur la tâche. Rassembler mes idées, retrouver les numéros des proches à appeler pour avoir des informations sur ce qui a bien pu se passer - à ce stade, je sais seulement «Saint-Tropez» et «crise cardiaque» (pour mémoire, en 1992, ni téléphones portables ni chaînes d'info en continu, seulement France Info, et nous sommes début août, les rédactions sont dépeuplées). Au volant de ma Golf rouge même pas GTI, sur le trajet entre le Bon Marché et la place de la République, je réalise soudain que la probabilité que le jeune label lancé par la Fnac, alors propriété de la GMF, parvienne à signer un jour Michel - et France Gall, et sa propre étiquette -, grâce à une mécanique très avantageuse de contrats d'assurance-vie au coeur de la stratégie industrielle qui a contribué à naïvement me convaincre de me lancer dans l'aventure, est désormais nulle.
Paradoxalement, c'est cet instant d'égoïsme qui me fait réaliser l'ampleur de la perte pour nous tous : ça n'est pas seulement moi qui suis dévasté de perdre un compagnon, un mentor décisif, c'est l'avenir qui n'a plus le même éclat, tant la détermination de Michel à faire bouger les choses était vive - et nécessaire.
1) Qui êtes-vous ? !
Yves Bigot, tropézien, journaliste, actuellement directeur des programmes et de l'antenne de RTL.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La biographie de Michel Berger, qui scanne le milieu de la musique en France des années 60 aux années 90, de Salut les Copains à Starmania en passant par Véronique Sanson, France Gall, Johnny Hallyday, etc.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Écoute la musique (quelle consolation fantastique) : tout est dit dès ce premier succès personnel, en septembre 1973.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Celle de Michel Berger et de Véronique Sanson, évidemment.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un intérêt.
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