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.. Le grand Coeur

Couverture du livre Le grand Coeur

Auteur : Jean-Christophe Rufin

Date de saisie : 21/11/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782070119424

GENCOD : 9782070119424

Sorti le : 29/03/2012

Jean-Christophe Rufin au micro de Jean Morzadec
Jean-Christophe Rufin sera le parrain de "Radio France fête le livre" les 24 et 25 novembre 2012.


  • Les présentations des éditeurs : 27/11/2012

Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l'écheveau de son destin.
Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'Orient. Avec lui, l'Europe est passée du temps des croisades à celui de l'échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu.
Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune.
Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France, disparue à vingt-huit ans.
Son nom est Jacques Coeur.
Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Age et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d'une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Jean-Christophe Rufin, médecin, voyageur, écrivain, est l'auteur de romans désormais classiques, tels que L'Abyssin, Globalia ou Rouge Brésil, prix Concourt 2001.



  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 1er avril 2012

Le châteaupalais de Jacques Coeur, médiéval d'un côté, Renaissance de l'autre, comme les deux visages de Janus, a toujours fasciné le jeune Rufin. Lui qui n'a cessé, comme médecin et diplomate, de sillonner le monde ne pouvait qu'être admiratif de l'extraordinaire carrière d'un fils de pelletier, devenu l'argentier du royaume après avoir acquis l'idée sur place que l'Orient ne devait plus être une terre de croisade mais de négoce. Coeur et Rufin sont deux courageux globe-trotters convaincus que l'autre, si éloigné soit-il, a besoin comme eux de paix et de respect. C'est pourquoi la vie romancée de Coeur par Rufin est autant l'autoportrait de celui-ci que la biographie de celui-là...
Je rassure les lecteurs de romans historiques et de Rufin : le coeur de Jacques a aussi battu très fort. Pour deux femmes, la jeune Macé, qu'il a épousée, et la très belle Agnès Sorel, déjà la maîtresse du roi, immortalisée par un célèbre tableau de Jean Fouquet. De sorte que Le Grand Coeur mêle avec habileté et efficacité la politique, les affaires, les voyages et l'amour. Tout cela écrit dans une élégante prose classique dont Jean-Christophe Rufin a depuis longtemps la maîtrise.


  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 12 juillet 2012

Jean-Christophe Rufin se sentait une dette à l'égard de Jacques Coeur. Il a passé son enfance à Bourges, où se trouve le palais de Jacques Coeur, et aussi sa maison natale, proche de celle où Rufin est né. De cette maison modeste au somptueux palais, on peut mesurer " l'extraordinaire destin de cet homme ". Jacques Coeur a fait rêver Rufin et Rufin a voulu à son tour le rêver, devenir lui, pour lui rendre son humanité. Même si l'on ne s'est jamais intéressé à Jacques Coeur, on s'embarque pour le voyage. On se retrouve à Beyrouth, à Damas, on revient en France, on fréquente Charles VII, on est fou amoureux de la belle Agnès Sorel, puis on connaît la disgrâce, on se retrouve en prison, on s'évade, et à Chios commence le récit qu'on vient de lire.


  • La revue de presse Corinne Renou-Nativel - La Croix du 23 mai 2012

La biographie inspirée de Jacques Coeur, entre ascension, grandeur et chute...
Riche et dense, ce récit plein de souffle prend la forme de souvenirs, avec ce qu'ils supposent de regrets et de distance apaisée. Il entraîne sur les rives de l'intimité, de la psychologie la plus fine des rapports humains, tout comme sur celles de l'analyse d'une période charnière, de ses enjeux politiques et économiques. On n'en sera guère surpris : Jean-Christophe Rufin excelle dans l'observation des relations de pouvoir, des rapports de force et rappelle les dangers que recèle la fréquentation des puissants.


  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 12 avril 2012

Cette fois, l'ancien prix Goncourt (avec «Rouge Brésil») a juré de nous émouvoir avec l'histoire d'un richissime négociant, supposé affairiste et intrigant, l'argentier en personne du roi Charles VII : l'illustre Jacques Coeur...
C'est pourtant un seigneur, le plus sympathique de tous, qui se révèle ici et la mauvaise réputation que lui a fait sa fortune ne lui aura servi qu'à masquer sa vraie nature. Jacques Coeur, né dans le peuple, était un coureur de chimères, un nomade, un égaré qui s'était trompé de destin. Jean- Christophe Rufin, natif de Bourges comme son héros, s'est engouffré avec un bonheur rare dans l'ignorance où l'Histoire, obsédée par le pouvoir et ses comptages, a laissé périr cette belle figure d'aventurier sauvage et libre. Magistrale revanche, et de grand style.


  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot - Le Point du 5 avril 2012

Un homme dont on n'imagine pas le spectre existentiel et le rapport intime à l'exotisme : à l'heure où les derniers Francs de Syrie macèrent dans leur cotte de mailles, son palais berrichon possède un hammam. Un homme dont Rufin restitue le destin hors norme dans un roman chatoyant et sensuel qui vous enveloppe comme les couvertures en ventres d'écureuil confectionnées par maître Coeur...
Car il l'écrit lui-même dans la postface : Coeur, c'est le modèle de Rufin, grandi à Bourges dans une maison qui jouxtait son palais, dont l'enfant Jean-Christophe caressait les ferronneries pour sentir, par-delà les siècles, la tiédeur de la main de Coeur. "Pendant mon enfance rude et grise, il fut celui qui me montrait la voie, qui témoignait de la puissance des rêves et de l'existence d'un ailleurs de raffinement et de soleil." Ce soleil fixé à jamais dans le pelage du léopard que Rufin, exote en habit vert, s'est efforcé, à son tour, de devenir.


  • La revue de presse Delphine Peras - Lire, avril 2012

L'écrivain est fasciné par cette figure mythique du Moyen Age, au parcours aussi savoureux que tumultueux...
C'est en effet à cette personnalité du Moyen Age, née vers 1400 à Bourges, que Jean-Christophe Rufin -originaire de la même ville et fasciné depuis l'enfance par cette figure mythique- consacre son nouveau roman, avec toute la liberté que le genre lui confère. De ses fonctions d'"argentier" du roi à son amour fou pour Agnès Sorel, de vingt ans sa cadette, "Messire Coeur" évoque dans le détail sa vie édifiante, passionnante, tourmentée -un peu trop dans le détail du reste, d'où quelques longueurs. Mais le romancier sait y faire pour appâter son lecteur et lui servir une tranche d'histoire de France aussi savoureuse que tumultueuse.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express, avril 2012

Jean-Christophe Rufin vient de retrouver sa verve et son panache, celui du grand romancier populaire qui, de L'Abyssin à Rouge Brésil, enchanta ses lecteurs. Son nouveau roman est à la fois une odyssée chevaleresque et une brillante réflexion sur le pouvoir...
Le Grand Coeur est donc le roman de l'ambition. Non celle, vulgaire et trop peu romanesque, qui conduit à tout faire pour devenir riche et puissant, mais celle, beaucoup plus subtile, qui mène l'homme de peu à devenir meilleur...
Coeur fut longtemps calomnié, pris pour un intrigant devenu argentier du roi pour mieux entasser une fortune et saigner le royaume. La réalité ? Il préfigure la Renaissance.


  • Les courts extraits de livres : 27/11/2012

Je sais qu'il est venu pour me tuer. C'est un petit homme trapu qui n'a pas les traits phéniciens des gens de Chio. Il se cache comme il peut, mais je l'ai remarqué à plusieurs reprises dans les ruelles de la ville haute et sur le port.
La nature est belle sur cette île et il m'est impossible de croire qu'un tel décor puisse être celui de ma mort. J'ai eu si peur dans ma vie, j'ai tant de fois craint le poison, l'accident, le poignard que j'ai fini par me faire une idée assez précise de ma fin. Je l'ai toujours imaginée dans la pénombre, au crépuscule d'un jour de pluie, sombre et humide, un jour semblable à celui où je suis né et à tous ceux de mon enfance. Comment ces énormes figuiers de Barbarie gonflés de suc, ces fleurs violettes qui pendent en grappes le long des murs ; comment cet air immobile, aussi frémissant de chaleur que la main d'un amoureux, ces chemins qui sentent les aromates, ces toits de tuiles, rondes comme des hanches de femmes, comment toutes ces splendeurs calmes et simples pourraient-elles servir d'instrument à la nuit absolue et éternelle, à la froidure violente de ma mort ?
J'ai cinquante-six ans. Mon corps est en pleine santé. Les tortures que j'ai subies pendant mon procès n'ont laissé aucune trace. Elles ne m'ont même pas dégoûté des humains. Pour la première fois depuis bien longtemps, depuis toujours peut-être, je n'ai plus peur. La gloire, la plus extrême richesse, l'amitié des puissants ont tari ce qu'il pouvait y avoir en moi d'ambition, d'impatience avide, de désirs vains. La mort, si elle me frappait aujourd'hui, serait plus injuste que jamais.
Elvira, auprès de moi, ne sait rien. Elle est née sur cette île grecque et ne l'a jamais quittée. Elle ignore qui je suis et c'est cela que j'aime en elle. Je l'ai rencontrée après le départ des bateaux de la croisade. Elle n'a pas vu les capitaines de navire, les chevaliers harnachés pour combattre, le légat du pape me témoigner leur respect forcé et leurs hommages hypocrites. Ils avaient cru à mes prétendues douleurs et flux de ventre, et avaient accepté de m'abandonner sur cette île pour que j'y guérisse ou, plus probablement, que j'y meure. Je les avais suppliés de réinstaller dans une auberge près du port et non dans la citadelle du vieux podestat. Je leur avais dit que je mourrais de honte si ce noble Génois, à son retour de voyage, apprenait que j'avais déserté le combat... En réalité, je craignais surtout qu'il découvre que j'étais en parfaite santé. Je ne voulais pas devenir son obligé et qu'il m'empêche, le moment venu, de quitter l'île, pour jouir de ma liberté.


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