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.. Petite musique pour amoureux

Couverture du livre Petite musique pour amoureux

Auteur : Lawrence Durrell

Préface : Michel Déon

Traducteur : Annick Le Goyat

Date de saisie : 21/06/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 22.00 €

ISBN : 978-2-283-02520-8

GENCOD : 9782283025208

Sorti le : 16/02/2012

  • Les présentations des éditeurs : 07/03/2012

Lawrence Durrell (1912-1990) aurait eu cent ans cette année. Pour célébrer cet anniversaire, Buchet/Chastel, son éditeur historique depuis 1957, nous propose sa toute première oeuvre, écrite à l'âge de vingt ans et jamais traduite à ce jour.
Publié à Londres en 1935, Petite musique pour amoureux est le roman d'apprentissage du jeune Walsh Clifton, écartelé entre son Inde maternelle et son Angleterre paternelle, contraint d'abandonner une enfance libre et sauvage dans l'Himalaya pour se plier aux conventions de l'Angleterre étriquée et décadente des années vingt...
Marqué par l'Inde coloniale et animé par une conscience aiguë de l'exil et de la perte, Walsh nous touche par sa candeur désarmante face aux blessures à vif de la passion...
Parce que Petite musique pour amoureux est très largement autobiographique et fait la part belle à une expression intimiste des émotions, Lawrence Durrell n'en a jamais autorisé la réédition de son vivant.

Lawrence Durrell est né en Inde le 27 février 1912. Il quitte très vite l'Angleterre pour s'installer en Grèce avant d'exercer diverses fonctions diplomatiques.
De ses affectations dans le monde notamment méditerranéen, il tire des toiles de fond exceptionnelles pour ses romans, en particulier pour son chef-d'oeuvre, Le Quatuor d'Alexandrie. Il s'éteint à Sommières, dans le sud de la France, le 7 novembre 1990.



  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 21 juin 2012

Pour les 100 ans de l'auteur du " Quatuor d'Alexandrie ", voici traduit son premier roman...
Durrell l'avait écrit à 20 ans et, après sa publication à Londres en 1935, il avait interdit sa réédition. Probablement parce que ce roman d'apprentissage lui semblait à la fois trop autobiographique, trop naïf et comportant quelques longueurs. On est cependant heureux de découvrir l'histoire de Walsh Clifton, jeune Anglo-Indien qui, comme Durrell, a passé en Inde une enfance enchantée et libre. Son père, John, veuf, est ingénieur des chemins de fer et il emmène son fils avec lui, jusqu'à ce que sa tante Brenda décide de prendre en main l'éducation du petit Walsh.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, février 2012

L'enfant naquit aux premiers jours de la mousson." C'est ainsi que débute Petite Musique pour amoureux, le premier roman, inédit en France, qu'écrivit Lawrence Durrell à l'âge de 20 ans et qu'il publia à Londres en 1935. Un premier roman largement autobiographique, qu'il refusa de rééditer de son vivant. "Cela dit, l'auteur est-il bon juge de lui-même ?", s'interroge Michel Déon dans la préface de l'ouvrage, considèrant ces pages superbement traduites comme "d'un intérêt majeur".


  • Les courts extraits de livres : 07/03/2012

Maclean resta longtemps assise sur l'une des chaises inconfortables. L'air maussade, indifférent, elle feuilletait lentement un manuel de construction de ponts choisi au hasard sur l'étagère ; de temps à autre, elle tournait le livre de côté pour regarder les illustrations. Dans la clarté du petit matin, le sommeil la gagnait peu à peu. La température avait fraîchi. Les reflets de la lumière du jour sur les flaques d'eau, dans les replis du terrain, troublaient la vue. Elle était exténuée, et seul le mouvement mécanique de son doigt tournant les pages la tenait en éveil. La perspective du voyage de retour à Akyad la rendait morose. Il lui fallait se mettre en route sans délai, pendant que la pluie se renforçait en vue d'un prochain assaut ; mais même en partant sur-le-champ, se disait-elle pour excuser son apathie, le chemin serait un véritable marécage, et Dieu seul savait quels dégâts avait causés la crue de la rivière.
Elle se demandait où avait disparu Clifton. Il allait prendre froid à errer sous la bruine. Elle l'imaginait trébuchant sur les terrassements, marmonnant dans sa barbe, écartant les débris à coups de bottes. Quel âge avait-il ? S'offenserait-il si elle envoyait un domestique lui porter un manteau ?
Ses paupières se fermaient. Fatiguée... pas fautive...
Elle fut réveillée en sursaut par ces mots, hurlés dans sa tête. Non. Pas fautive. Les circonstances avaient joué contre elle. Les circonstances. Un mot inapproprié pour résumer de maudites défaillances... la faim, la peur, la lassitude... Les circonstances. L'écho se prolongea dans le silence. Elle espérait être assez forte pour chasser le cri de sa tête, mais cet espoir la mettait au supplice car elle se savait trop faible pour le satisfaire. Un immense apitoiement sur elle-même l'envahit. Elle murmurait par intermittence sa vaine consolation : «Pas fautive. Pas fautive.» Ses lèvres étaient à vif, craquelées.
Pour Clifton, c'était différent, se dit-elle en effleurant de sa langue la gerçure salée de sa lèvre inférieure. Il avait pour lui la vigueur de la jeunesse, la force et l'énergie, et toutes sortes d'activités qui facilitaient la convalescence affective. La récupération était une question de temps et il avait la vie devant lui. Elle chercha à se rappeler une phrase lue quelque part... chez Ella Wheeler Wilcox peut-être... Kipling... ou un autre, mais la citation lui échappait. Elle avait oublié.


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