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.. La mendiante

Couverture du livre La mendiante

Auteur : Drazen Katunaric

Illustrateur : Gérard Adam

Date de saisie : 10/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : M.E.O., Bruxelles, Belgique

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782930333472

GENCOD : 9782930333472

Sorti le : 10/02/2012

  • Les présentations des éditeurs : 11/02/2012

Né à Zagreb en 1954, diplômé en philosophie à l'Université des Sciences Humaines de Strasbourg, éditeur, rédacteur en chef de la revue littéraire Most/The Bridge, ainsi que de l'édition croate de la prestigieuse revue Europski Glasnik (Le Messager européen), Drazen Katunaric publie depuis 1980. Son oeuvre comprend des recueils de poèmes (traduits dans plus de dix langues), des essais, deux romans et un recueil de nouvelles (traduit en français sous le titre «Le Baume du Tigre» aux éditions M.E.O.). Titulaire de plusieurs prix littéraires, il est régulièrement l'hôte de grands festivals internationaux.

Sous l'emprise d'un oeil halluciné, Franjo, atteint d'une schizophrénie décompensée lors de la guerre d'Indépendance de la Croatie, cherche désespérément, par les rues de Zagreb envahies de miséreux, "la mendiante" en laquelle il croit reconnaître la femme tant aimée, pianiste de renom à laquelle l'unissait une commune passion pour la musique et particulièrement Chopin, mais qui a dû le quitter pour fuir sa violence.
Une inversion contemporaine du mythe d'Orphée, où la femme est la musicienne, précipitée en enfer par celui-là même qui s'imagine vouloir l'en arracher.

La traduction allemande de ce roman a obtenu le Prix Steiermärkische Sparkasse


  • Les courts extraits de livres : 11/02/2012

Jusqu'à hier, je ne connaissais pas mon nom. Et aujourd'hui, je grimpe des escaliers de bois sur une éminence de la ville où je ne suis jamais allé. M'attend au sommet une pancarte en métal bleuté fichée sur un pilier de fer, où est calligraphié en lettres blanches MONT LETINČIČ. Et je me dis que, tout de même, c'est un peu haut, qu'il n'y a pas ici de mendiante. Alors, déçu, je dévale les mêmes escaliers, et plus je descends plus me taraude le doute que le sommet du mont n'était pas si élevé que je le pensais. Du coup, je rebrousse chemin pour cent quatre-vingts marches, derrière le dos d'une énorme femme en tee-shirt noir qui souffle de façon atroce. En nage, je profite d'un palier pour la dépasser. C'est vraiment plus dur que la première fois. Contre une pente, on ne peut rien, si ce n'est renoncer. Ce qu'on devrait tous faire. Tous les convalescents sérieux. Mais moi, il faut que je la trouve : me voici à nouveau devant la pancarte bleutée, MONT LETINČIČ. Le panorama vaut le coup d'oeil, mais il fallait monter jusqu'ici ! Est-ce pour ça que la Ville haute a disparu ? Nul n'a plus eu la force d'y grimper chaque jour, et ce plusieurs fois.
J'aperçois une maisonnette isolée, qu'on ne pourrait pas même voir du plus haut gratte-ciel au monde. Une vieille bicoque avec un moulin qui regarde vers la vallée ouest où justement passe un autobus bleu de la ZET. Elle a un jardinet avec trois noyers, quelques pruniers et, tout au fond, un figuier. Un figuier, ici, sur le mont ! Vraiment surnaturel !
Quand on s'en approche, la vue s'élargit encore : on voit le toit étoile de l'église de Šestine. Avec, derrière elle, un cimetière.
Au loin s'élève la route vers Mlinovi, une autre monte vers Pantovcak. Le monde se ramifie à partir de l'église de Sestine.


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