Hiérarchie, inégalités et défiance : telle est la véritable devise de la société française ! Hiérarchisée à l'excès, élitiste, conflictuelle, cette organisation de notre société mine les relations sociales mais aussi la confiance en l'avenir et la croissance.
Diffusée à l'ensemble du corps social (entreprises, salariés, partenaires sociaux, Etat...), cette logique empêche pour l'instant la France de sortir de l'engrenage du déclin annoncé. Depuis 10 ans, ses effets pervers sont accentués par le manque de transparence du gouvernement, de capacité intégratrice du système scolaire et la mauvaise qualité des relations sociales. Autant d'entraves à l'économie française.
Pourtant, le déclin n'est pas une fatalité : les nombreuses réformes menées à l'étranger offrent des pistes pour sortir de l'ornière.
Universitaires reconnus, Yann Algan est professeur à Sciences Po, Pierre Cahuc à Polytechnique et André Zylberberg est directeur de recherche au CNRS, membre du Centre d'Economie de la Sorbonne et de l'Ecole d'Economie de Paris.
Pierre Cahuc et André Zylberberg ont publié avec succès chez Flammarion en 2009, Les réformes ratées du Président Sarkozy.
La revue de presse Claire Guélaud - Le Monde du 9 février 2012
Cinq ans après la sortie de leur premier livre commun, La Société de défiance (Ed. Rue d'Ulm, 2007), salué par la critique, Yann Algan et Pierre Cahuc revisitent, avec leur confrère André Zylberberg, le pessimisme français. A partir des résultats d'une série d'enquêtes internationales comme le World Values Survey ou européennes comme l'European Social Survey, et des travaux de recherche en sciences humaines les plus récents sur le capital social, les auteurs insistent sur l'ampleur du mal-être des Français, qui "grandit"...
Comment expliquer ce travers français ? D'abord par notre école, "archétype de l'enseignement vertical". "Nous sommes les champions de l'absence de travail en groupes", déplorent les auteurs, dont deux sont enseignants, en insistant sur le coût de ce dysfonctionnement, à savoir des résultats médiocres et des inégalités...
Ils pointent aussi le corporatisme et le clientélisme, s'inquiètent de l'état de santé de notre démocratie et déplorent que le droit français ignore "le conflit d'intérêts".