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.. Ce que je n'accepte pas : entretiens avec Gilles Vanderpooten

Couverture du livre Ce que je n'accepte pas : entretiens avec Gilles Vanderpooten

Auteur : Danielle Mitterrand

Date de saisie : 13/02/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigue, France

Collection : Monde en cours. Conversation pour l'avenir

Prix : 7.10 € / 46.57 F

ISBN : 978-2-8159-0401-8

GENCOD : 9782815904018

Sorti le : 19/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 13/02/2012

Cet ouvrage était pour moi une évidence, dans le prolongement d'Engagez-vous ! avec Stéphane Hessel.
Elle aussi s'est indignée et engagée, à travers des combats multiples et sincères, reconnus que l'on partage ou non ses convictions politiques.

«Le système a tellement exagéré dans la démesure, il a tellement pressuré non seulement la vie, les richesses humaines, mais aussi les richesses naturelles, qu'il existe aujourd'hui un mouvement qui dit : "Halte-là, ça suffit !"
Ce mouvement, j'y ai travaillé toute ma vie. Même quand François était au pouvoir.
Lorsque j'étais toute petite, ma mère me disait déjà : "Arrête de protester." Aujourd'hui encore, on me dit : "Vous êtes un peu trop radicale." Je réponds : "Il faut l'être."
[...] Et il faut toujours crier : "Vive l'avenir !"»

Danielle Mitterrand

Radicale, militante, battante... elle l'était !, n'hésitant pas à contester les politiques du gouvernement à l'époque même où son mari François était Président de la République...
Loin de n'être que "la femme de" ou "la première dame de France" - titre qu'elle réfutait - elle voulait agir.
Avec la Fondation France Libertés qu'elle a créé dans les années 1980 - et qui poursuit aujourd'hui son action - elle était présente sur de nombreux fronts, de la défense des peuples autochtones à la lutte pour l'accès gratuit de tous à l'eau.

Que ce livre puisse communiquer la force toujours vive de ses engagements !

Danielle Mitterrand a toujours cultivé, de la Résistance - où elle rencontra celui qui deviendra président de la République - à la Fondation France Libertés, l'esprit de résistance. Ce livre d'entretiens, qu'elle terminait dans les jours précédant sa disparition en est son ultime témoignage.

Gilles Vanderpooten est le coauteur d'Engagez-vous ! avec Stéphane Hessel. Fondateur de la série «Conversation pour l'avenir», il dirige également la rédaction de l'ONG Reporters d'Espoirs.


  • Les courts extraits de livres : 13/02/2012

Résistance d'hier et d'aujourd'hui

Gilles VANDERPOOTEN.- On vous présente souvent comme une personne qui ose dire les choses, y compris celles qui fâchent. On retrouve dans tout votre parcours ce refus d'oblitérer votre liberté de parole : vous êtes ce qu'on appelle une femme de convictions.

Danielle MITTERRAND. - C'est vrai que je suis d'un tempérament très radical. Mes collaborateurs de la Fondation me le font souvent remarquer. Je comprends ceux qui ne peuvent - même s'ils le souhaitent - être aussi radicaux que moi parce qu'ils ont des obligations professionnelles ou des engagements politiques; ils doivent parfois transiger. Je les comprends mais je ne les approuve pas pour autant. Un exemple : pour moi, la formule «pollueur = payeur» est temporairement admissible, mais l'objectif reste la pollution zéro ; on ne doit pas s'exonérer de sa responsabilité par l'argent, et donner ainsi le sentiment que les riches peuvent payer pour se soustraire à une nécessité impérieuse. La diplomatie n'est pas mon fort : j'appelle un chat un chat, ce qui me vaut de nombreux détracteurs. J'essaie d'expliquer le pourquoi d'une situation, ce qui ne veut pas dire que j'en approuve les portées. J'essaie de faire comprendre, pour l'avoir vécu, que toute résistance assimilée au terrorisme est la plupart du temps due au terrorisme d'État ou aux ambitions impérialistes qui mettent les populations dans l'impossibilité de s'épanouir.

G. V. - Sinon, on légitime le système... En affirmant vos convictions haut et fort, vous luttez contre une certaine bien-pensance. Est-ce que chacun d'entre nous devrait oser dire non ?

D. M. - Dire «non», je le tiens de mon père. Sous Vichy, il a refusé de délivrer le nom des enfants juifs de l'établissement dont il était directeur, en sachant les risques qu'il encourait. Il s'est dit : «Je ne peux pas faire ça, non, ce n'est pas possible. Je dois désobéir.»
J'ai moi-même été très tôt amenée à dire «non» à l'arbitraire. A l'âge de 6 ans, j'ai été l'objet d'une injustice qui m'a profondément marquée à vie. J'ai été la victime de la directrice du collège de Dinan, bigote au point qu'elle m'a fait payer pour les convictions de mon père, fervent laïc. N'avaient grâce à ses yeux que les élèves qui allaient prier tous les matins à ses côtés... alors même que nous étions dans un collège public ! Et pourtant, la loi de 1905 avait été votée vingt-cinq ans plus tôt, instaurant la séparation de l'Église et de l'État... J'avais beau avoir bien travaillé et obtenu le tableau d'honneur, elle a cru bon de me brimer, allant jusqu'à me priver de la récompense suprême qui revenait aux bons élèves : des bonbons. Peu importe, je réparai l'injustice en me servant moi-même. Que n'avais-je pas fait là ! J'ai été rapidement confondue et mise au pilori : l'institutrice a fait défiler toutes les élèves du collège devant la voleuse et la menteuse. L'enfant que j'étais, élevée sans Dieu par un père libre-penseur, a dû subir cette humiliation ! Je n'ai jamais oublié la cruauté de cet épisode.


  • Le courrier des auteurs : 11/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un membre de la jeune génération qui s'interroge sur le monde qui vient, et cherche des éléments de réponse auprès de ses ainés.
Un "reporter d'espoirs"...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La nécessité de dire non à l'arbitraire et oui à l'avenir ; de lutter et de s'engager ; d'espérer et d'agir.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Le système a tellement exagéré dans la démesure, il a tellement pressuré non seulement la vie, les richesses humaines, mais aussi les richesses naturelles, qu'il existe aujourd'hui un mouvement qui dit : "Halte-là, ça suffit !" Ce mouvement, j'y ai travaillé toute ma vie. Aujourd'hui encore, on me dit : "Vous êtes un peu trop radicale." Je réponds : "Il faut l'être.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un concert du virtuose argentin Miguel Ángel Estrella, que Danielle Mitterrand admirait tant.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La joie de cette conversation avec une personne qui force l'admiration par la sincérité de son engagement.


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