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.. Cartons

Couverture du livre Cartons

Auteur : Pascal Garnier

Date de saisie : 11/04/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Collection : Littérature française

Prix : 17.25 € / 113.15 F

ISBN : 978-2-84304-575-2

GENCOD : 9782843045752

Sorti le : 02/02/2012

  • Les présentations des éditeurs : 12/04/2012

Roman inédit, roman posthume, Cartons nous restitue toute la verve et tout le génie dramatique de Pascal Garnier. Ça commence par un déménagement - morceau de bravoure anthologique - qui d'une certaine manière est le sujet du livre : Brice quitte son appartement lyonnais pour une grande maison, entre un bourg et une route nationale. Mais il se retrouve sacrement seul, au milieu des cartons, dans cette vieille bâtisse où soufflent les mémoires mortes. Les évocations d'Emma, son épouse en reportage à l'autre bout du monde, l'attente d'un appel improbable, ou la rencontre avec Blanche, une étrange femme-elfe, sorte de spectre de l'enlisement provincial, ponctuent cette dégringolade dans l'enfer des cartons.

Cartons est un de ces chefs-d'oeuvre sur le pouce dont Pascal Garnier possédait à merveille la recette : il y faut du style, un humour d'ébène et ce goût immodéré pour les drames humains. Voilà un roman qui se lit d'une traite tout comme une boisson forte avalée cul sec par un temps de chien.

Pascal Garnier est une figure marquante de la littérature française contemporaine, dans la lignée des Simenon, Hardellet, Bove ou Calet. Ayant élu domicile dans un petit village en Ardèche, il s'y consacrait à l'écriture et à la peinture. Il nous a quittés le 5 mars 2010.



  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, avril 2012

Son éditeur Zulma vient de publier Cartons, un roman inédit, et donc posthume, qui rassemble tout ce qu'on apprécie depuis vingt-cinq ans chez cet auteur tendre et perclus de douleur...
Son écriture n'est jamais emphatique. Il aime s'arrêter au détail : une feuille morte dans la piscine trop bleue, une liste de commissions oubliée au fond d'une poche, une peau de vieille qui sent le savon de Marseille et la poudre de riz...
"Il ne faut pas être tiède", répétait Pascal Garnier. En littérature jeunesse comme dans ses romans pour adultes, l'écrivain a toujours préservé une bonne dose d'humour pour écarter la mièvrerie et un sens de la dérision pour ne jamais se prendre au sérieux. Ce sourire en coin nous manquera, il était sa petite coquetterie, son humanisme moqueur, sa délicatesse.


  • Les courts extraits de livres : 20/02/2012

Assis sur une cantine métallique qu'il avait eu bien du mal à fermer, Brice ressassait une comptine idiote dont il n'arrivait pas à se défaire : «Ma maison est en carton, pirouette, cacahuète...» Des cartons, il y en avait partout autour de lui, qui s'empilaient du sol au plafond, tant et tant que pour passer d'une pièce à l'autre il fallait se déplacer de profil à la manière des fresques égyptiennes. Cela dit, il n'y avait plus aucune raison de passer d'une pièce à l'autre étant donné qu'à part cette prolifération cubique, elles étaient tout aussi vides que le frigo et les tiroirs des meubles. Il était l'unique survivant de cette catastrophe naturelle et inévitable un jour ou l'autre qu'on appelle déménagement.
Passée la pire des nuits dans une chambre qui déjà ne lui appartenait plus, il avait dépouillé le lit de ses draps, couette, oreillers, et tassé le tout dans un sac Tati mis de côté la veille à cet effet. Après une toilette succincte histoire de ne pas étoiler le miroir de postillons de dentifrice, il se mit en devoir d'inspecter les lieux au cas où il aurait oublié quelque chose. Mais non, à part un bout de ficelle d'environ un mètre cinquante qu'il enroula machinalement autour de sa main, il ne restait plus ici que des impacts de clous ou de vis ayant servi à suspendre des cadres ou des étagères. Un bref instant il envisagea de se pendre avec le bout de ficelle mais y renonça. La situation était déjà suffisamment pénible.
Il lui restait une bonne petite heure avant que les Déménageurs bretons viennent porter le coup de grâce à dix ans d'une vie si parfaite qu'on aurait pu la croire éternelle.
En cette froide matinée de novembre il en voulut énormément à Emma de l'avoir abandonné, seul et désemparé, aux mains des déménageurs qui dans une heure, tel un vol de sauterelles, allaient mettre à sac l'appartement. Stratégiquement et moralement, sa position était intenable, aussi décida-t-il d'aller prendre un café en attendant la fin du monde.


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