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.. De l'Archéonaute à l'André Malraux : portraits intimes et histoires secrètes de l'archéologie des mondes engloutis

Couverture du livre De l'Archéonaute à l'André Malraux : portraits intimes et histoires secrètes de l'archéologie des mondes engloutis

Auteur : Frank Jubelin | Michel L'Hour

Illustrateur : photographies de Teddy Seguin

Date de saisie : 11/07/2012

Genre : Archéologie, Préhistoire

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 42.00 €

ISBN : 9782330002114

GENCOD : 9782330002114

Sorti le : 26/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 04/02/2012

C'est en France que l'archéologie des mondes engloutis a vu le jour à la fin des années 1940 et c'est en France que fut créé, en 1966, le premier service de recherches archéologiques sous-marines au monde, le DRASSM, doté dès 1967 du navire L'Archéonaute. Des grottes paléolithiques ennoyées aux grands vapeurs du XIXe siècle, des cargaisons d'amphores romaines aux frégates de Monsieur de La Pérouse perdues en 1788 dans le Pacifique Sud, d'un buste en marbre de César aux lingots d'or des Compagnies des Indes, il n'est guère de patrimoines sous-marins que les spécialistes du DRASSM n'aient un jour côtoyés. À l'heure où le navire André Malraux s'apprête à remplacer L'Archéonaute, il a paru opportun d'explorer la mémoire de ces décennies prodigieuses qui ont vu naître et se perfectionner un métier. Consigner la naissance de l'André Malraux, raconter à cette occasion les lieux, les hommes, les anecdotes secrètes qui ont fait l'histoire de l'archéologie sous-marine, donner la parole à ceux qui en ont écrit les plus belles pages, tel est le propos de cet ouvrage.

Michel L'Hour, conservateur général du patrimoine, académicien de marine, est, depuis 2006, directeur du DRASSM. Expert régulièrement sollicité par de nombreuses instances internationales, telles l'Unesco, il est l'auteur de très nombreux articles et ouvrages relatifs à la discipline.

Frank Jubelin, journaliste, marin et plongeur, a maintes fois participé à la recherche d'épaves sous-marines. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les nageurs de combat, les plongeurs démineurs ou les commandos de marine.

Teddy Seguin, photographe professionnel, a depuis dix ans accompagné nombre des missions archéologiques sous-marines pilotées par le DRASSM en France et à l'étranger.



  • La revue de presse Françoise Monier - Lire, juillet 2012

Navigateurs, plongeurs, historiens ou simples amoureux de la mer, ce livre est pour vous. On y raconte le sauvetage de mondes engloutis, navires pris dans les tempêtes ou coulés lors de combats navals. Des passionnés les repèrent, les analysent, remontent les plus belles pièces. Les Français ont été pionniers de l'archéologie sous-marine, un carrefour de compétences et de disciplines trop méconnues...
Dans ce gros ouvrage superbement illustré, une quarantaine d'aventures se déroulent sous nos yeux. On perçoit l'émotion des plongeurs qui découvrent les vaisseaux fantômes démantelés par les courants, avec leurs cargaisons, leurs canons, les vaisselles précieuses et les objets quotidiens.


  • Les courts extraits de livres : 04/02/2012

Le Grand Congloué

Un repère fondateur de l'archéologie sous-marine

C'est incontestablement la mise au point, en 1943, du scaphandre autonome par Jacques-Yves Cousteau et Émile Gagnan qui favorisa l'avènement de l'archéologie sous-marine, discipline dont Alfred Merlin, Louis Poinssot et Louis Drappier avaient, autour de 1910, démontré sur l'épave de Mahdia le fabuleux potentiel. En permettant à beaucoup d'accéder au "monde sans soleil", le scaphandre autonome entraîna la découverte d'un très grand nombre d'épaves, d'abord en Méditerranée puis sous tous les océans. Juste retour des choses, c'est aussi à Mahdia que, dotés du nouveau scaphandre, Philippe Tailliez, Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas inaugurèrent en 1948 une première expertise archéologique sous-marine. Les engins de dévasage et le recours à une méthodologie de fouille spécifique aux espaces immergés restaient toutefois à improviser. C'est le site du Grand Congloué qui allait y contribuer. Déclaré en 1948 par un plongeur marseillais, Gaston Cristianini, le site est localisé au sud-est de la rade de Marseille, non loin de l'île de Riou, au pied du massif rocheux dont il porte le nom. Lors de sa découverte, le gisement apparaissait comme un talus d'amphores reposant sur une pente, entre 37 et 42 m de profondeur. À l'initiative de Jacques-Yves Cousteau et sous la direction scientifique du professeur Fernand Benoit, le site fit l'objet, de 1952 à 1957, de la première fouille sous-marine exhaustive au monde. Par malheur, c'est aussi lors de ce chantier initiatique que l'on eut à déplorer le premier décès d'un plongeur intervenant sur un chantier de fouille subaquatique. Le 6 novembre 1952, Jean-Pierre Servanti fut en effet victime d'une narcose alors qu'il s'efforçait, par 60 m de fond, de capeler la chaîne d'ancre de la Calypso sur son mouillage. Malgré l'intervention immédiate d'Albert Falco, il fut impossible de le réanimer. En dépit du danger, dont nul n'ignorait plus l'omniprésence, il fallait persévérer. Tout alors était à imaginer et, par bonheur, les fouilleurs firent preuve d'une grande inventivité. Ainsi, c'est au pied du Grand Congloué que furent mises au point les premières suceuses, ces aspirateurs sous-marins sans lesquels il n'y aurait toujours pas aujourd'hui de fouille possible.
Paradoxalement, c'est pourtant à une "cagade", un raté de l'opération, que l'on doit la naissance de l'archéologie sous-marine professionnelle. Le gisement du "Conglue", comme le nomment les Marseillais, recelait en effet les vestiges non pas d'un mais de deux navires dont les épaves s'étaient partiellement superposées à près d'un siècle d'intervalle. Or, si l'hypothèse d'un double naufrage effleura Fernand Benoit, il ne confia cette réflexion qu'à son carnet de fouille. Dans leur majorité, les plongeurs de l'équipe Cousteau n'en furent pas avisés. "Riquet"Goiran, Canoé Kientzy et quelques autres procédèrent donc à la récupération d'une importante "couche de vaisselle et d'amphores", puis, après avoir observé dessous une première épaisseur de bois identifiée comme un pont, ils entreprirent de démonter ce dernier et de ramener au jour un second ensemble d'amphores, selon eux chargées en cale. Malheureusement, le présumé pont était le fond de carène du navire le plus récent et ladite cale celle d'un navire plus vieux d'un siècle que le précédent. Tôt soulignées par les archéologues terrestres, les incohérences chronologiques affichées par l'analyse du site suscitèrent une très vive et très longue polémique, qui ne s'est éteinte qu'en 1980, lorsqu'une équipe du DRASSM menée par Luc Long prouva définitivement la présence de deux épaves au pied du Grand Congloué. Dès 1966 toutefois, soucieux d'apaiser les querelles et conscient des lacunes, André Malraux, alors ministre de la Culture, avait pris la décision de créer le DRASSM afin que des archéologues dirigent désormais eux-mêmes l'étude des épaves en plongée. C'est ainsi dans le pas des pionniers du Congloué que le premier service officiel spécialisé en matière de patrimoine immergé vit le jour. Il matérialisait l'émergence à l'histoire d'une discipline nouvelle : l'archéologie sous-marine.


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