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Auteur : Gilles Caron
Date de saisie : 14/03/2012
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France
Prix : 22.50 € / 147.59 F
ISBN : 978-2-7021-4275-2
GENCOD : 9782702142752
Sorti le : 18/01/2012
Photographe célèbre, grand voyageur et jeune homme curieux, Gilles Garon, disparu au cours d'un reportage alors qu'il avait à peine trente ans, a laissé un héritage à la hauteur de son existence. Ses photos - celles de Mai 68, de la guerre des Six-Jours, ses portraits de Brigitte Bardot ou de De Gaulle - sont aujourd'hui mondialement connues, mais c'est grâce à sa correspondance avec sa mère que l'on découvre enfin qui était l'homme derrière le reporter.
Pendant la guerre d'Algérie, à partir de 1960, Gilles Caron, parachutiste amateur dans le civil, est mobilisé chez les paras, au sein du 3e régiment d'infanterie de marine. Sa mère et lui n'ont alors jamais cessé de s'écrire. Opérations sur le terrain, insoumission de Gilles, manifestations à Paris, mais aussi dernières lectures dans l'attente des combats : ils parlent de tout et de rien avec une intelligence et une intensité bouleversantes.
Tour à tour drôles et sérieuses, légères et inquiètes, ces lettres disent aussi la tendresse infinie qui lie une mère à son fils.
Gilles Caron, né à Neuilly le 8 juillet 1939, il a fondé l'agence Gamma avec Raymond Depardon et Hubert Henrotte. Ses reportages ont été régulièrement publiés dans des journaux français tels que Paris-Match ou L'Express, et également à la une de la presse anglo-saxonne, de Life ou du New York Times. Il disparaît en 1970 au Cambodge, sur la route n° 1 menant au Viêt Nam.
Dans cette correspondance avec sa mère, il raconte ce qu'est la guerre d'un appelé. Certes, ce «para» était un peu atypique, lisant Le Monde, L'Express, France Observateur, n'ayant pour la discipline militaire qu'un goût des plus modérés, et payant d'ailleurs de plusieurs séjours en prison son indiscipline, comme celle qui consista à refuser de partir en opérations vers la fin de son service légal. Mais il crapahuta dans les pitons et vit de près ce qu'une troupe lâchée dans les mechtas pouvait faire quand elle était ivre de violence, violant et tuant femmes et enfants, passant les prisonniers à tabac ou à la «gégène» - une cruauté des deux côtés, celles exercées par le FLN étant de la même eau.
Sa courte carrière, à peine six ans, est exceptionnelle. Il fonde avec Raymond Depardon une grande agence photos : Gamma. Il est sur tous les fronts : guerre des Six-Jours, Biafra, Ulster, Printemps de Prague... Il s'évade des malheurs du monde en filmant le tournage de Baisers volés, de Truffaut, et les formes de Sophia Loren. Ses reportages sont publiés dans les plus grands magazines, de L'Express à Newsweek, de Paris Match au Spiegel. Gilles Caron fut aussi, et c'est une découverte, un remarquable épistolier. On l'ignorait jusqu'à la publication des lettres à sa mère - et de celle-ci à son fils - dans un recueil bouleversant. L'essentiel de la correspondance traite de l'Algérie, où, après six mois de classes dans les Landes, Gilles effectue un service militaire de près de deux ans, entre juillet 1960 et avril 1962 - des premières esquisses de l'Algérie algérienne" du général de Gaulle aux accords d'Evian -, dans un régiment d'élite, le 3e RPIMA, d'abord dans les troupes aéroportées, puis... dans une prison militaire après son refus de participer aux opérations...
J'ai voulu voir est le témoignage exceptionnel d'un jeune soldat cultivé. C'est aussi deux merveilleuses histoires d'amour. Celle d'une mère pour son fils et celle d'une femme qui, quarante ans après la mort de son mari, rassemble une correspondance bouleversante.
Inquiet, exigeant, curieux, il l'a été bien avant de partir sur le terrain, comme en témoigne cette correspondance nourrie qu'il entretint treize ans durant avec sa mère et que publie aujourd'hui sa femme, Marianne. Entamée alors qu'il n'a que 10 ans et qu'il souffre d'être éloigné de Mame dans un pensionnat de Haute-Savoie, cette correspondance se poursuit lorsque, jeune étudiant en journalisme, il prend la route de l'Iran, de la Turquie ou de l'Afghanistan...
Un formidable témoignage sur une époque - pas si lointaine - où le mail, le portable et le numérique n'étaient même pas un rêve. Et sur une guerre d'Algérie qui l'a tant marqué qu'à cause ou grâce à elle, Caron a «voulu voir» ailleurs, pour comprendre, témoigner et mieux «se situer dans le monde».
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