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Auteur : Philippe Brunel
Date de saisie : 03/05/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 9782246753216
GENCOD : 9782246753216
Sorti le : 01/02/2012
Janvier 1967, Festival de la chanson de San Remo. La diva Dalida et le ténébreux Luigi Tenco vivent une idylle parfaite. Mais une nuit, Luigi Tenco est retrouvé mort d'une balle dans la tête, dans sa chambre de l'hôtel Savoy. Un suicide, d'après les enquêteurs...
Dalida a-t-elle assisté à la scène macabre ? Étaient-ils vraiment amants ? Ou les acteurs consentants d'une «picture story» orchestrée par la presse ? Pourquoi Dalida quitte-t-elle San Remo dans la nuit ? Comment expliquer son absence aux obsèques de Tenco ? Et que faisait sur les lieux son ancien mari et imprésario, Lucien Morisse, lequel se suicidera trois ans plus tard, à Paris, avec un Walther PPK, une arme identique à celle de Tenco ? Fallait-il y voir un signe ?
Des années plus tard, le narrateur interroge les rares témoins de cette tragédie qui le renvoie à l'Italie puritaine des années soixante. Mais surtout à ses propres fantômes...
«Qu'est-ce que la gloire ? Sinon l'autre face de la persécution ?»
Un roman vrai. Des destins qui s'entrecroisent. Et Dalida, à contre-jour de sa légende.
Né en 1956, Philippe Brunel est journaliste. Il est l'auteur d'un premier roman, Les Reporters (Calmann Lévy, 2000), et d'un document, Vie et mort de Marco Pantani (Grasset, 2009).
Philippe Brunel, dont l'art mélancolique, combiné à une intraitable élégance, fait ici des miracles, a réveillé les fantômes de ce monde englouti...
C'est comme un manège d'automates, une sorte de bal des maudits obsédé par une mortelle petite musique et dont le romancier, flâneur assidu de la Riviera, aurait retrouvé la clef, perdue sous les tapis du temps.
Grand reporter à L'Équipe, Philippe Brunel rouvre un dossier qui fascine l'Italie...
Brunel gratte le vernis d'un mythe, scrutant les coeurs, mais toujours avec une prudente retenue, tant ce qui se passe entre deux êtres relève d'une étrange alchimie. Il le sait d'autant mieux qu'il fuit lui-même son couple brisé - n'enquête-t-on pas toujours sur soi-même ? -, et c'est ce pudique sotto voce qui enrichit ce livre d'une sourde et attachante mélancolie, quasi modianesque.
du temps, plusieurs observateurs ont mis en doute cette thèse. Le dernier d'entre eux, Philippe Brunel, revient sur cette affaire dans un récit-enquête où il mêle habilement réalité et fiction. Le narrateur de ce «roman» va très loin puisqu'il laisse entendre que Tenco aurait été assassiné. Le nom de celui qui aurait commis le crime est même donné... mais, comme pour montrer que ce qu'il écrit n'a peut-être qu'un très lointain rapport avec la vérité, le narrateur s'engage aussitôt sur une autre piste. C'est la manière de Philippe Brunel. Il s'empare des faits, les recompose sous une forme romanesque mais vraisemblable. Et s'il tourne inlassablement autour du mystère jamais résolu de ce destin foudroyé, c'est sans doute parce que, comme il le fait dire à l'un de ses personnages, «la mort, le suicide, l'idée qu'un homme puisse mourir si jeune, tout cela ne peut nous laisser insensibles».
Que s'est-il passé la nuit du 27 janvier 1967 ? Pourqoui Luigi Tenco s'est-il suicidé ? Quels rapports entretenait-il avec Dalida ? Le journaliste Philippe Brunel s'interroge et lève un voile...
Au-delà des multiples zones d'ombre autour de cette disparition, il signe une enquête obstinée aux airs d'autoportrait, doublée d'une interrogation sur l'amour cannibale du public. A lire en chantonnant le tristement beau Mi sono innamorato di te...
Longtemps j'ai cru que ma confusion m'empêchait de voir clairement les choses. Maintenant, je sais clairement que tout est confus, que les injustices, les malentendus, les trahisons participent à l'équilibre du monde et que le meilleur nous attend quand on croit toucher le fond. Mais il m'aura fallu surmonter une longue période de désaffection pour comprendre que la vie se charge, dans son arbitrage souverain, de répartir les peines en accordant aux uns ce qu'elle retranche aux autres. Pour admettre aussi qu'un ordre supérieur nous gouverne, et nous préserve du chaos quand tout paraît compromis. C'était en juillet, il y a quatre ou cinq ans, avant mon divorce avec Susan, bien que les dates ici n'aient plus vraiment d'importance. Paris croulait sous une chaleur implacable et j'occupais encore, mais très provisoirement, un modeste appartement du quartier Montparnasse que j'allais bientôt devoir quitter. Chaque matin, je m'astreignais, dans l'odeur bouillie, remâchée, des cartons d'emballage à préparer mon prochain déménagement. J'empaquetais sans relâche divers livres et objets voués à solder dans leur transport domestique une dérive conjugale que nous avions liquidée avec Susan sans un mot, dans une froide indifférence. A elle l'appartement, le lit, le divan. A moi les livres, les photos, les statuettes religieuses en bois sculpté, collectées sur tous les continents, au gré de mes nombreux voyages. Quant aux regrets, je ne saurais dire jusqu'à quel point ils étaient partagés. Enclin à. privilégier les bons moments, je me sentais floué dans mes aspirations et ma quête franche, obstinée mais toujours déçue d'une existence stable et prolifique. Tout s'était fissuré après que Susan s'était mise à boire. Et si tout semble évacué, il suffit que mes pas me ramènent du côté de Montparnasse pour que remonte l'écho assourdi de nos déchirements et de ces journées amorphes (...)
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