Issue d'une famille défavorisée de Sydney, Louise Connor, adolescente de seize ans surdouée et mal dans sa peau, part dans le cadre d'un programme d'échanges scolaires passer sa dernière année de lycée dans une banlieue aisée de Chicago. Lou compte sur ce séjour pour se réinventer et commencer une vie nouvelle.
Mais elle comprend vite que nul ne peut faire table rase de sa personnalité et de ses angoisses quand elle se trouve confrontée à la cruelle tyrannie des lois de l'insertion sociale édictées par les Harding, sa famille d'accueil typiquement américaine, pétrie d'une inépuisable bonne volonté doublée d'une bonne conscience confinant à la pathologie.
Tiraillée entre sa vulnérabilité et son agressivité, son immense besoin d'affection et son dégoût pour la médiocrité environnante ou pour sa propre maladresse, Lou est un personnage complexe dont la sensibilité suraiguë fait une narratrice brillante. Parsemé d'images lumineuses et de véritables moments de grâce, le récit sans concession de la jeune rebelle laisse entrevoir la possibilité, pour une créature blessée, de retrouver un peu de chaleur humaine, d'amitié ou de rêve là où elle les attend le moins.
M. J. Hyland est née à Londres, en 1968, de parents irlandais. Elle a passé son enfance à Dublin avant que sa famille n'émigre en Australie, où elle a exercé la profession d'avocate. Elle vit aujourd'hui à Manchester. Après ce premier roman, Actes Sud a publié Dans tes yeux (2006) et C'est ainsi (2012).
Les courts extraits de livres : 01/02/2012
Dans moins de deux heures, cet avion se posera sur l'aéroport de Chicago O'Hare. C'est l'heure du déjeuner. Le store de mon hublot est relevé : le ciel est immense et bleu, la terre marron et plate. L'hôtesse m'a apporté une boisson et un repas et sur l'écran de la télévision de bord un groupe de chrétiens est en train de parler de l'exécution récente d'un condamné à mort par injection létale, au Texas.
- C'était un chrétien, a dit une femme, un crucifix à la main.
- Pour son dernier repas, a dit un homme barbu, il a demandé une banane, une pêche et une salade avec je ne sais plus quel assaisonnement.
- Qu'il pourrisse en enfer, a dit un autre. Je soulève le papier alu de la barquette en plastique blanc qui est sur mon plateau mais je suis incapable d'avaler quoi que ce soit.
Je me demande comment la vieille femme assise à côté de moi arrive à bourrer un petit pain de poulet tiède et à le manger alors que juste devant elle il y a l'image d'un chariot recouvert de lanières en cuir dans une chambre d'exécution.
Maintenant, on voit le quartier des condamnés à mort. Des hommes en chemise et pantalon (...)