Après dix ans de gouvernance conservatrice, qui ont fait de la France un pays divisé, la gauche a le devoir de gagner en mai 2012. Pour réconcilier les Français, leur redonner fierté et sens du projet collectif.
Donnons la priorité à l´éducation, au logement, à la justice fiscale et sociale, à la jeunesse, à l´environnement, à la moralisation de la vie politique, à la réforme du fonctionnement des marchés financiers, mais n´oublions pas de construire des «galeries vers le ciel» comme le disait Aragon.
La culture fait partie intégrante de notre identité et de notre histoire, elle fédère et rassemble les citoyens, contribue à donner à la France sa place spécifique en Europe et dans le monde. Vecteur d´épanouissement individuel autant que de valeurs collectives, elle est le socle de notre République.
Parce que nous traversons une crise économique et morale profonde, il me semble indispensable de défendre une politique culturelle audacieuse et réformatrice, en phase avec son temps, ouverte à tous les citoyens.
C´est l´objet de ce Petit livre rouge de la culture.
Christophe Girard, adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë depuis 2001, en charge de la Culture, conseiller régional d'Île-de-France, est notamment l'initiateur de Nuit blanche. Il a déjà publié La Défaillance des Pudeurs, au Seuil, et Père comme les autres chez Hachette.
Les courts extraits de livres : 30/01/2012
POUR UNE RÉPUBLIQUE CULTURELLE
«La culture est le début et la fin de tout développement» a dit Senghor.
Je souhaite qu'avec l'arrivée du prochain président de la République et l'élection d'une nouvelle majorité à l'Assemblée nationale en 2012, la culture revienne au centre du débat politique.
L'histoire de notre pays s'est construite avec les artistes. Mais, face à une droite plus encline au divertissement culturel, aux coups médiatiques et aux conservatism.es, la gauche a le devoir d'aller à l'encontre du courant dominant - la seule loi du marché - et de se réapproprier la culture comme enjeu de civilisation.
Je plaide pour un nouveau pacte culturel. Face à une situation de crise économique, sociale et morale, de repli identitaire et de tentations populistes, je forme le voeu que la gauche élue sache affronter les difficultés que traverse notre pays pour mener une politique où la culture s'affirmera comme un vecteur d'émancipation, d'égalité et de valeurs collectives. En un mot, le socle de notre République.
La culture n'est ni un privilège ni un supplément d'âme. Elle ne se réduit pas au loisir ou au divertissement. Elle constitue certes un levier économique, social et éducatif, mais elle est surtout indispensable à notre intelligence, a fortiori en pleine période de crise économique et de perte de repères. Les Français sont inquiets pour leur emploi, leur pouvoir d'achat, inquiets face à la dégradation de l'environnement, inquiets pour l'avenir de leurs enfants. Il est temps que la gauche, une fois arrivée au pouvoir, mette en place à l'échelle nationale une politique culturelle du XXIe siècle, comme elle l'a déjà entrepris dans les collectivités locales quelle dirige. Une politique généreuse, en phase avec son temps, ouverte â tous les citoyens.