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.. La mort de l'adversaire

Couverture du livre La mort de l'adversaire

Auteur : Hans Keilson

Traducteur : Dominique Santoni

Date de saisie : 09/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782021045826

GENCOD : 9782021045826

Sorti le : 19/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 31/01/2012

Le jeune narrateur de La Mort de l'adversaire (roman commencé en 1942, achevé après la guerre, publié en 1959 et récemment redécouvert en Allemagne et aux États-Unis, à l'occasion du centenaire de l'auteur) décrit sur le mode métaphorique - sans jamais employer les mots «nazi» ou «juif» - la puissante ascension d'Hitler, la souffrance d'un enfant juif et de ses proches devant la haine dont ils sont l'objet, la trahison des êtres aimés. Ôtant toute allusion directe aux événements historiques, l'auteur nous offre un récit allégorique, à portée universelle, sur le fléau nazi. Ainsi, Hitler est ici le mystérieux Monsieur B. Sur un ton sans affect, le narrateur anonyme analyse la dépendance qui existe entre persécuteur et persécuté et tente de comprendre la mystérieuse fascination qu'exerce le bourreau charismatique sur les foules.

«Tout le monde devrait inclure Hans Keilson sur sa propre liste des plus grands écrivains.»
Francine Prose, New York Times

Hans Keilson, pédopsychiatre et écrivain né en Allemagne en 1909, a fui les persécutions nazies en s'exilant au Pays-Bas en 1936. Pendant la Seconde Guerre mondiale, entré dans la résistance hollandaise, il a aidé des enfants juifs cachés, traumatisés par la perte de leur famille. Hans Keilson est mort le 31 mai 2011. Il avait cent un ans.


  • Les courts extraits de livres : 31/01/2012

Depuis des jours et des semaines, je ne pense plus qu'à la mort. Chaque matin, au sortir d'une nuit sans rêves, je me lève de bonne heure, quoique j'aime à dormir, à dormir tard. Je sens en moi une énergie vigoureuse, prête à agir, que je n'avais pas éprouvée depuis longtemps. Je salue le jour qui revient m'apporter cette idée de mort. A chaque bouffée d'air elle pénètre plus profondément, jusque dans les recoins les plus secrets de mon corps, qu'elle emplit tout entier. C'est la mort qui guide ma plume, la mort ! Dieu seul sait quel événement a déposé ces pensées funèbres dans mon cerveau, comme autant de petits oeufs qui, couvés et parvenus à maturité à mon insu, ont fini par éclore un beau jour et par accéder à ma conscience. Tiens, me suis-je dit, le jour où la mort a surgi en moi, la voici donc, et je l'ai saluée comme on salue une bonne vieille connaissance qui arrive avec un train de retard.
En vérité, je n'avais pas passé tant de temps à l'attendre, mais sa venue prématurée me surprenait. Je ne l'avais pas non plus appelée de mes voeux. Autrefois, quand j'entendais les gens parler de l'idée qu'ils se font de la mort - et s'il y a une chose sur laquelle ils adorent s'épancher, c'est bien leur fin, comme ils disent -, la question survenait dans mon esprit : et pour toi, qu'en est-il de toi et de la mort, dis-le-moi, comment t'y prends-tu avec elle ?
Ce faisant, je fumais une cigarette, l'âme en paix, en buvant du thé sucré, je prêtais l'oreille aux récits des autres et je me sentais bien. Cela ne m'inspirait rien de plus. Disons que je m'y intéressais, sans plus, comme on dit. La mort - bienvenue à elle, pensais-je, ou (...)


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