Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.

Bibliothécaires,partagez vos découvertes.

Clubs de lecture,envoyez vos choix.

Editeurs,valorisez vos livres.

.. Les hommes providentiels : histoire d'une fascination française

Couverture du livre Les hommes providentiels : histoire d'une fascination française

Auteur : Jean Garrigues

Date de saisie : 05/04/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : L'Univers historique

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-02-097457-8

GENCOD : 9782020974578

Sorti le : 02/02/2012

  • Les présentations des éditeurs : 17/02/2012

De Bonaparte à de Gaulle, en passant par Boulanger, Clemenceau, Pétain, Mendès France, et jusqu'à Nicolas Sarkozy, les hommes providentiels ponctuent l'histoire de France. À chaque fois qu'elle a été confrontée à une situation de crise, aux guerres comme aux «fièvres hexagonales», la République a été tentée par ces héros capables de nous délivrer de nos malheurs et de nos incertitudes. Vestiges de la monarchie déchue et incarnations du roman national, ils traduisent la rencontre entre le désir collectif d'un peuple et la prophétie d'un sauveur.
Quels sont les ingrédients qui composent cette alchimie selon les différentes époques de l'histoire contemporaine ? Quelles circonstances mais aussi quels discours, quelles images, quelle stratégie pour aboutir à cette figure indispensable qui s'impose à la nation tout entière ? Comment passer de l'état de grâce qui suit la prise du pouvoir au culte de la personnalité, qui seul permet d'entretenir le mythe ? Comment cette figure fantasmée du sauveur peut-elle se confronter aux enjeux du réel ? Quels sont ses hérauts, ses thuriféraires, ses idolâtres, mais aussi ses caricatures et ses détracteurs ? Enfin, quand le chêne s'abat, comment resurgit le mythe, comment se réinstalle pour la postérité la figure du sauveur ? Au confluent de l'histoire politique et de l'histoire des représentations, Jean Garrigues nous invite à revisiter la France contemporaine au prisme de cette fascination.

Jean Garrigues, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, est professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Orléans et président du Comité d'histoire parlementaire et politique. Il a notamment publié Le Général Boulanger (Perrin, 1999), La France de la Ve République. 1958-2008 (Armand Colin, 2008), Les Patrons et la Politique. 150 ans de liaisons dangereuses (Perrin, 2011).



  • La revue de presse Olivier Wieviorka - Libération du 5 avril 2012

Si la France a subi, au XIXe comme au XXe siècle une kyrielle de crises, elle les a parfois surmontées en faisant appel à des hommes providentiels. Adolphe Thiers, Léon Gambetta, Pierre Mendès France, Charles de Gaulle... furent tour à tour convoqués à son chevet, où s'affairèrent aussi de plus sombres médecins - Napoléon III, Georges Boulanger ou Philippe Pétain pour ne citer qu'eux. L'historien Jean Garrigues entreprend de revisiter l'histoire contemporaine au(x) travers (si l'on ose dire) de cette maladie bien française...
Les hommes providentiels contribuent-ils à l'exception française ? Ils surgirent, il est vrai, lorsque les régimes ne parvinrent pas à puiser en eux-mêmes les ressources pour surmonter une crise - ce qui distingue la France du Royaume-Uni. Ils confirment par ailleurs l'attachement inconscient des Français pour la monarchie, dont l'exécution de Louis XVI puis le départ sans gloire de Louis-Philippe ne les ont apparemment pas guéris. Ils reflètent enfin le violent désir d'espérance qui traverse le peuple français et que ces hommes, chacun dans leur style, parvinrent à incarner. En ce sens, le mythe de l'homme providentiel a encore de beaux jours devant lui.


  • La revue de presse Marc Riglet - Lire, janvier 2012

De Napoléon à De Gaulle en passant par Clemenceau, Jean Garrigues décrypte l'admiration française pour les grands de ce monde...
Bref, il semble bien que nous soyons en bonne compagnie lorsqu'il s'agit de mettre au pinacle quelques grands hommes qui nourrissent de grandes entreprises, qui incarnent l'espoir d'un peuple ou qui le sauvent d'un destin funeste. Dès lors, cependant, qu'avec Jean Garrigues l'on ne se contente pas d'identifier l'homme providentiel au "grand homme", il apparaît que la catégorie "homme providentiel", si elle perd en intensité, gagne en extension et que, dans ces conditions, la France est particulièrement gourmande de cette sorte de personnages.


  • La revue de presse Jacques de Saint Victor - Le Figaro du 2 février 2012

De Bonaparte à de Gaulle, en passant par Gambetta ou Clemenceau, les hommes providentiels ont fait l'histoire de France. Dans son essai, Jean Garrigues offre une relecture originale de cette figure du «sauveur»...
Le culte de l'homme providentiel est en effet un invariant de notre histoire républicaine depuis 1799. Longtemps, il s'est agi d'un «sauveur» qui nous console, comme de Gaulle en 1940, des affres de la défaite ; ce fut aussi le cas de ­Gambetta en 1871 ou de Clemenceau en 1917. Mais l'homme providentiel peut prendre des aspects plus modestes, comme celui qui nous sort des difficultés économiques (Pinay) ou politiques (Doumergue face aux Ligues en 1934), voire tout simplement nous libère des soubresauts de la décolonisation (Mendès France en 1954 ou de Gaulle en 1958)...
Indéniablement, la figure du «sauveur» est étroitement liée à l'esprit hexagonal...


  • Les courts extraits de livres : 17/02/2012

Extrait de l'introduction

«Il y a des sentiments qui sont si forts qu'il n'y a pas de mots assez grands pour les dire», déclare Nicolas Sarkozy, le 14 janvier 2007, sur la scène dressée au palais des Sports de la porte de Versailles, au moment où il lance la campagne présidentielle qui va l'amener à l'Élysée.
Seul face à une foule que les images télévisuelles nous montrent galvanisée, il incarne la figure du chef qui doit conduire le peuple, via une scène triangulaire symbolisant la direction à suivre, vers l'idéal tant espéré, c'est-à-dire vers «la France d'Après», figurée au fond du décor par un paysage paisible et un ciel d'un bleu profond.
Parce que «notre modèle républicain est en crise», et parce que «cette crise est avant tout morale», parce qu'il faut trancher le noeud gordien d'une société bloquée, il offre aux Français la foi d'un prophète et la volonté d'un guide, «la farouche détermination, l'énergie infinie» qu'il ira «puiser dans la part la plus profonde» de lui-même.
Oubliée la politique, balayée l'argumentation, congédié le programme ; c'est le sentiment qui emporte tout sur son passage, la lucidité, la raison critique, le cartésianisme français, pour laisser place au triomphe de l'irrationnel et du prophétique. Seul face à la foule qui le réclame et l'acclame, l'histrion du gaullisme, l'ex-banni de la chiraquie, le ministre du «coup d'éclat permanent» et des provocations incendiaires se mue en homme d'État, en rassembleur, en héritier du gaullisme et de l'histoire de France. «Le Consulat est de retour», écrira le journaliste Alain Duhamel, comparant Sarkozy à Bonaparte. Pour la énième fois dans notre histoire, le candidat à l'élection présidentielle entend incarner une vieille fascination française : l'homme providentiel.

Une pulsion ancestrale

C'est une histoire vieille comme le monde, qui s'enracine dans la conception providentialiste de l'Histoire, née des récits bibliques. La fonction du sauveur est d'assumer les malheurs et la souffrance de son peuple, comme l'a fait Moïse, et de le guider vers la terre promise et vers le bonheur. Elle s'incarne dans la personne du roi comme envoyé de la Providence et Oint du Seigneur, tel que le présentent Les Grandes Chroniques de France, éditées pour la première fois en 13801. Elle s'illustre par les nombreux récits et anecdotes légendaires qui accompagnent le règne d'Henri IV, modèle du roi réformateur, qui passera sans encombre dans le panthéon contemporain par le truchement de l'historien Ernest Lavisse.
La France républicaine est ainsi prête à accueillir et célébrer un héros de la trempe de Bonaparte, aux côtés des Mirabeau, Carnot, Danton, mais aussi de Vercingétorix, du Guesclin, Bayard ou Turenne, figures tutélaires de l'«instituteur national». Elle vénère Jeanne d'Arc, archétype féminin de l'homme providentiel. Le XIXe siècle devient le siècle de Jeanne, saluée par Jules Michelet et Henri Martin, bien avant la canonisation de 1920. Son mythe s'impose comme l'un des lieux de mémoire sélectionnés par Pierre Nora pour raconter «les» France, au même titre que Charlemagne, Paris ou le coq gaulois. Faut-il en faire l'archétype du sauveur, «le mythe qui résume tous les autres», à la fois «objet de vénération», «figure centrale de l'imaginaire national» et «clé de notre histoire» ? Notre démarche se situe à un autre niveau. Elle consiste à démonter les mécanismes qui ont rendu possible, au coeur même de la France démocratique et républicaine, cette fascination ancestrale et mystique pour la figure de l'homme providentiel.


Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia