La revue de presse André Clavel - Lire, avril 2012
Très oulipien, ce vrai-faux polar, qui se déroule à Prague, manie les quiproquos dans une intrigue burlesque. Très oulipien, ce vrai-faux polar, qui se déroule à Prague, manie les quiproquos dans une intrigue burlesque. Un vieux ronchon à la Léautaud. Une partie d'échecs à la Raymond Roussel. Des entourloupettes à la Perec. Un humour folâtre à la Bohumil Hrabal. Un sens de l'absurde digne du Brave Soldat Chvéïk. Une réflexion sur la "parole vaine" qui fait penser à Louis-René des Forêts. On mélange le tout, on secoue le shaker, on appelle Bouvard et Pécuchet à la rescousse, et on obtient l'inclassable Classé sans suite du Tchèque Patrik Ourednik...
Malgré ses pirouettes et ses acrobaties narratives, Classé sans suite n'a rien de gratuit.
La revue de presse Eric Chevillard - Le Monde du 12 janvier 2012
Heureusement, il existe aussi des fictions sabotées. Celles-ci jouent de tous ces codes, les pervertissent et les retournent avec une joie non dépourvue de malice ni de hargne quelquefois contre le système en vigueur, celui qui noyaute la littérature et tous les autres, par voie de conséquence, par ricochet ou commutativité. L'écrivain pragois Patrik Ourednik, né en 1957, qui réside en France depuis 1984, est un maître en subversion de cette sorte. Son nouveau roman, Classé sans suite, ravira les amateurs du genre et plongera les autres dans la perplexité, l'angoisse, la confusion, le désarroi, le désespoir peut-être, tout cela pour 9 euros seulement, ils auraient bien tort de ne pas en profiter.
La revue de presse Eric Loret - Libération du 12 janvier 2012
L'auteur, Patrik Ourednik, est né en 1957 à Prague, exilé à Paris depuis 1984. Révélé il y a dix ans avec Europeana - Une brève histoire du XXe siècle, sorte de mashup hilarant de toutes les horreurs humaines, il n'est pas connu pour son côté Bisounours. En 2006, Instant propice, 1855 mène un nouveau périple dans les dysfonctionnements politiques en racontant comment des Européens tentent de coloniser le Brésil. Classé sans suite, son troisième récit traduit, se concentre cette fois sur la Tchécoslovaquie d'avant et après la chute du Mur, sans qu'Ourednik renonce à sa saine misanthropie...
Lorsqu'Ourednik en a assez de ses personnages, il les immole par la fenêtre ou les tue dans des accidents débiles (l'un d'eux meurt en poussant une vieille machine à laver d'une falaise), ce qui explique l'hystérie moqueuse du récit en tous sens.