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Auteur : Juan Marsé
Date de saisie : 03/05/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-267-02281-0
GENCOD : 9782267022810
Sorti le : 12/01/2012
Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, le jeune Ringo arpente les rues du quartier de Gracia, observe le quotidien de ses voisins depuis le bistrot de la señora Paquita et s'efforce de percer le mystère qui entoure les activités de son père. Au fil de ses rêveries s'esquisse l'Espagne franquiste, traversée d'interdits et de secrets.
«Juan Marsé est le plus grand écrivain espagnol vivant.»
Antonio Lobo Antunes
«Quand un maître du récit comme Juan Marsé écrit avec autant de liberté et de plaisir intérieur, le résultat est une fête. [...] Dans ses romans, Marsé bâtit un univers reconnaissable, aussi solide qu'une maison dans laquelle le lecteur s'installerait pour lire. Marsé est un auteur qui s'habite.»
Rosa Montera, El Pais
«Ce roman de Marsé propose la meilleure calligraphie de sa prose : il nous fait comprendre que la grandeur réside ailleurs, dans quelque chose qui diffère de ce qui est dit. Cette grandeur est celle de ses personnages désemparés, parce qu'ils fantasment, parce qu'ils vivent eux-mêmes des fictions.»
José Maria Pozuelo Yvancos, ABC
Né en 1933 à Barcelone, son véritable nom est Juan Faneca Rona. Il a pris le nom de Marsé après la mort de sa mère biologique et lors de son adoption par le couple Marsé. Après avoir fini le collège, il a abandonné le cursus académique et est devenu apprenti dans un atelier d'horlogerie, où il a travaillé jusqu'à l'âge de 26 ans. Il a commencé sa carrière d'autodidacte à la fin des années 50 en écrivant des chroniques pour des publications espagnoles. Dans les années 60, il habite à Paris où il est laborantin à l'Institut Pasteur. De retour en Espagne, il épouse Joaquina Hoyas. Il a reçu de nombreux prix dont le Prix Planeta en 1978, le Prix Nacional de la Crítica (en 1993 et en 2000) et le prix Juan Rulfo en 1997. Les nuits de Shangaï a été adapté au cinéma en 2004 par Fernando Trueba. Pour La calligraphie des rêves, Juan Marsé a obtenu le prix Cervantès, l'un des plus prestigieux prix littéraires espagnols, en 2009.
C'est à partir de ces éléments biographiques et d'autres encore que l'écrivain a composé ce roman merveilleux, rempli d'images et de fragments de rêves, qui brillent comme des pierres chatoyantes...
Tous les personnages qui se côtoient dans ce récit semblent doués d'une vie miraculeuse. Tous vibrent et pleurent, souffrent, aiment, désirent comme s'ils étaient réellement de chair et d'os. Comme si, de fait, ce qui est inventé avait plus de poids que la réalité.
Est-ce des rêves ou des instantanés fugitifs, quasi photographiques, que décrit si finement, le jeune Ringo ? Le quotidien et les songes, la réalité et l'imaginaire, le politique et le fantasme se mêlent jusqu'au fantastique dans le dernier roman du grand Catalan Juan Marsé...
A travers Ringo, Juan Marsé raconte aussi, comme jamais, son propre parcours. Et de ses phrases ciselées comme ces bijoux auxquels travaille l'apprenti, le vrai, superbement, se fait fiction. Le salut, décidément, passe par le mensonge.
Mme Mir et le tramway fantôme
Torrente de las Flores. Il avait toujours pensé qu'une rue portant ce nom ne pourrait jamais être le théâtre d'une tragédie. Depuis le haut de la Travesera de Dalt, elle amorce une forte pente qui s'atténue jusqu'à mourir dans la Travesera de Gracia, croise quarante-six rues, a une largeur de sept mètres et demi, est bordée d'immeubles peu élevés et compte trois bars. En été, durant les jours parfumés de la fête patronale, endormie sous un toit ornemental de bandes de papier de soie et de guirlandes multicolores, la rue abrite une agréable rumeur de roselière bercée par la brise et une lumière sous-marine et ondulante, comme d'un autre monde. Lors des nuits étouffantes, après dîner, la rue est un prolongement du foyer familial.
Tout cela est arrivé il y a bien longtemps, quand la ville était moins vraisemblable qu'aujourd'hui, mais plus réelle. Un peu avant deux heures, un dimanche après-midi de juillet, le soleil resplendissant et une averse soudaine se fondent durant quelques minutes, laissant en suspens dans l'air une lumière frisottante, une transparence hérissée et trompeuse tout au long de la rue. Cet été est torride et la peau noirâtre de la (...)
1) Qui êtes-vous ? !
Je m'appelle Jean-Marie Saint-lu, et je suis le traducteur de Juan Marsé, en particulier de «Calligraphie des rêves».
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Comme le dit très bien la 4ème de couverture de la version originale, le thème central de ce livre est l'initiation au désir et à l'écriture, à travers l'histoire d'un jeune garçon d'un quartier populaire de la Barcelone des années quarante. On y trouve la plupart des grands thèmes de Marsé, et un grand nombre de traits autobiographiques - passés au tamis de la fiction, bien sûr.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«... c'est peut-être la première fois que ce garçon pressent, ne serait-que de façon imprécise et fugace, que ce qui est inventé peut avoir plus de poids et de crédit que la réalité, plus de vie propre et plus de sens, et par conséquent plus de possibilités de survie face à l'oubli.» (p.19)
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La 14e sonate de Mozart, oeuvre que le jeune héros aime entre toutes.
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