Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Guy Ferrer | Pascal Lacombe
Date de saisie : 03/02/2012
Genre : Art - Peinture
Editeur : Somogy, Paris, France
Prix : 24.50 € / 160.71 F
ISBN : 978-2-7572-0484-9
GENCOD : 9782757204849
Sorti le : 23/02/2012
Ed. bilingue français-anglais
Alix Aymé, une artiste peintre en Indochine, 1920-1945
Sous la direction de Corinne de Ménonville, directrice du développement et des relations internationales au musée Guimet, Paris
Exposition au musée Evergreen de l'Université John Hopkins de Baltimore du 11 mars au 30 septembre 2012
Ce livre - le premier qui soit consacré à cette artiste pionnière - nous invite à découvrir Alix Aymé, femme peintre peu connue en France, disciple de Maurice Denis, proche des Nabis, spécialiste du laque, qui laisse pourtant une oeuvre abondante En 1920, Alix Aymé quitte la France pour l'Orient, s'installe à Shangaï, puis à Hanoï où elle enseigne le dessin au Lycée Français. Après un bref et fructueux retour en France, elle est chargée par le gouvernement d'une mission au Laos, en lien avec la préparation de l'exposition coloniale de 1931. Rapidement, son travail lui valut des commandes émanant de la famille régnante, dont des fresques murales réalisées pour le Palais royal et aujourd'hui classées trésor national. Alix Aymé ne cessera de voyager, sans jamais se séparer de ses carnets de croquis. Influencée par Gauguin et les nabis, elle parvient à faire une synthèse artistique des styles indochinois sans tomber dans le maniérisme ou l'exotisme. Sa peinture est alerte et délicate, c'est une fine coloriste, son trait est précis et élégant. Libre, voyageuse, curieuse et sensible elle a dessiné, peint une Indochine rêvée et intime, on pense à Marguerite Duras, bien sûr.
Alix Aymé, née Alix Angèle Marguerite Hava, est née à Marseille en 1894. Dotée d'un esprit vif, libre et curieux, la jeune artiste s'installa à Paris où elle devint l'élève, puis la collaboratrice, de Maurice Denis. Ensemble, ils réalisèrent les décors du Théâtre des Champs Élysées et travaillèrent aux Ateliers d'Art Sacré. En 1920, Alix Hava quitte la France pour l'Orient, à la suite de son mari, installation à Shangaï, puis à Hanoï où elle enseigne le dessin au Lycée Français. Après un bref et fructueux retour en France, elle est chargée par le gouvernement d'une mission au Laos, en lien avec la préparation de l'exposition coloniale de 1931. Rapidement, son travail lui valut des commandes émanant de la famille régnante, dont des fresques murales réalisées pour le Palais royal et aujourd'hui classées trésor national. Alix Hava s'était aussi passionnée pour l'art du laque et se mit bientôt à l'enseigner. En 1931, l'artiste épouse en seconde noce, le Colonel Georges Aymé, frère du romancier Marcel et destiné à devenir Général dans l'armée française en Indochine. La carrière d'Alix Aymé allait donc continuer à se partager entre Paris, où elle exposa fréquemment (Galerie Moullot, Galerie de la France d'Outremer,...) et exécuta de nombreuses commandes (Exposition coloniale de 1931, décors de la chapelle de Luc-sur-Mer), l'Orient (Indochine, Inde, Chine, Japon et Corée) et même l'Afrique. Elle se passionne pour les techniques picturales asiatiques : eau forte, peinture sur soie, aquarelle, encre noire, sous-verre, tempera et laque. Alix Aymé ne cessera de voyager, sans jamais se séparer de ses carnets de croquis. Influencée par Gauguin et les nabis, elle parvient à faire une synthèse artistique avec les styles indochinois sans tomber dans le maniérisme ou l'exotisme. Sa peinture est alerte et délicate, c'est une fine coloriste, son trait est précis et élégant. C'est toute la sensibilité de l'Asie qu'Alix Aymé nous transmet.
Lettres à Maurice Denis (1919-1930), extraits
Centre de documentation du musée Maurice Denis. Saint-Germain-en-Laye.
Donation de la famille de Maurice Denis.
Inventaire n° 3919-3920-3923-3924-3926-3927-3928
Dimanche 14 mars 1919, Paris
Monsieur,
Veuillez excuser ma démarche. Je voudrais bien continuer à travailler à l'atelier d'Art sacré, malheureusement ma situation en ce moment est assez difficile. Depuis le mois de novembre, je travaille huit heures par jour en dehors des après-midi afin de gagner ma vie. Je vais le matin dans une imprimerie [...] et emporte du travail à faire chez moi le soir de 8 heures à 11 heures. Je ne gagne que cent quarante francs par mois, ce qui est insuffisant pour vivre. Il faudrait que j'aille aussi travailler l'après-midi, ce que je ne voudrais pas puisque je tiens à aller à l'Art sacré. Je vais donc essayer de trouver un travail plus rétribué pour le matin, d'autant plus que je n'aurais pas pu continuer ce travail le soir car il me fatigue beaucoup les yeux. Ce serait pour moi un vrai secours si vous pouviez me dispenser de verser ma cotisation pour ce trimestre à l'atelier. C'est très difficile de gagner sa vie et de continuer en même temps à peindre. Pourtant, quand on a du courage et qu'on se donne beaucoup de peine, il me semble qu'on doit pouvoir y arriver.
Veuillez croire, monsieur, aux sentiments respectueux et reconnaissants de votre élève.
Alix Hava
1920, Paris
Cher monsieur,
Je n'étais pas encore fixée samedi dernier sur mon possible départ et j'attendais, avant de vous annoncer mon mariage, que mon fiancé ait reçu la nomination qu'il attendait. Il vient d'être nommé professeur de lettres à Shanghai. Je pense me marier dans un mois et partir aussitôt pour la Chine. [...] Ces pays lointains me paraissent bien séduisants et ce voyage ne m'effraie pas et pourtant je suis bien attristée à l'idée de quitter un milieu qui m'est si sympathique et des maîtres et camarades auxquels je me suis sincèrement attachée. [...] Je compte travailler beaucoup et envoyer de temps en temps quelques-uns de mes travaux et si vous vouliez bien me donner à leur sujet quelques conseils, ce serait pour moi un grand encouragement. Il me semble avoir maintenant assez d'acquis pour pouvoir travailler quelque temps seule ? Je crois que la Chine est un pays très intéressant à étudier au point de vue de l'art. Je compte visiter Pékin et tout l'intérieur et voir le Japon pendant l'été. [...]
Alix Hava
7 avril 1921, Institut franco-chinois, Shanghai
Cher monsieur,
J'ai peur que vous ne m'en vouliez d'avoir tant tardé à vous écrire [...] mais en arrivant en Chine, j'ai été si désillusionnée que je n'aurais pu parler que de mon découragement et de l'impossibilité de travailler dans un pays aussi laid. Je ne crois pas vraiment qu'il existe au monde un endroit plus vilain que Shanghai et ses environs. Après avoir vu Hongkong qui est une beauté, le contraste a été tel que je me suis demandé s'il me serait possible de tirer de ce que je voyais un dément quelconque de beauté. Je n'ai jamais rien vu d'aussi plat, d'aussi gris et d'aussi morne comme campagne. [...] Pourtant, à force de regarder, on finit par voir les choses sous un aspect différent et on commence à trouver de l'intérêt à étudier non pas le paysage mais les gens. [...]
Alix de Fautereau
(...)
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia