Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.

Bibliothécaires,partagez vos découvertes.

Clubs de lecture,envoyez vos choix.

Editeurs,valorisez vos livres.

.. L'armée illuminée

Couverture du livre L'armée illuminée

Auteur : David Toscana

Traducteur : François-Michel Durazzo

Date de saisie : 21/01/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 9782843045745

GENCOD : 9782843045745

Sorti le : 05/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 07/01/2012

Instituteur et marathonien, aussi vindicatif qu'idéaliste, Matus rêve de reprendre le Texas aux Gringos et nous embarque ainsi dans le plus tardif et le plus désopilant épisode de la guerre du Mexique - la reconquête de Fort Alamo - à la tête d'une armée improvisée, cinq adolescents un peu simplets convaincus de leur devoir : le Gros Comodoro, espèce de Sancho Pança tourneboulant, la très lunatique Azucena, et trois autres Illuminés tout aussi persuadés de la noblesse de l'épreuve. La Deuxième Guerre du Mexique contre l'Amérique annexionniste aura vraiment lieu, du point de vue de l'Armée illuminée tout du moins.

Par-delà la fable grinçante, et une initiation loufoque à l'art de la guerre, le roman de David Toscana touche au vif. Il relance avant tout le grand art romanesque des Juan Rulfo et Carlos Fuentes avec une verve désopilante pour dire la «bravitude» des innocents, au gré d'une folle ironie et d'un humour qui fuse à chaque page comme la mitraille de l'ennemi.

Avec l'Armée illuminée, David Toscana nous offre un roman terriblement inventif par sa forme et son propos, dans la veine prodigieuse d'EI último lector, qui emporte magistralement le lecteur dans une épopée désopilante et pleine d'ardeur. David Toscana est né en 1961 à Monterrey, au Mexique. Il est considéré comme l'un des meilleurs romanciers mexicains. Ses oeuvres sont déjà traduites dans une dizaine de langues.


  • Les courts extraits de livres : 07/01/2012

Au 467 de la rue Degollado se trouve un cabinet médical. La façade a été rénovée de telle sorte qu'il est impossible de reconnaître la vieille maison où vécurent Ignacio Matus et le gros Comodoro. Aujourd'hui elle est peinte en bleu et blanc, un panneau lumineux indique qu'on y soigne les maladies respiratoires. Dans la salle de séjour, où tant d'exploits furent racontés, où il y eut tant de fumée de cigarette, de parties de dominos, de bière, d'éclats de rire et de silence, on trouve aujourd'hui une femme qui demande à tout venant : que puis-je pour vous ? Avant les travaux de réhabilitation on pouvait voir dans la cour frontale un monument érigé par les amis de Matus. Il s'agissait d'un monticule de béton, représentant peut-être le mont de La Silla, à la cime duquel on avait fixé une plaque de métal avec cette légende : Armée illuminée, 1968. Pour créer trois places de parking, deux hommes ont cassé ce monticule avec une pioche et une masse jusqu'à le réduire en gravats. Personne n'ayant réclamé la plaque, elle a dû être fondue avec un tas de ferraille.

Le dernier wagon disparaît derrière une courbe proche de la gare de Monterrey. Bien qu'on entende encore au loin grincer les roues dans une pétarade de métal, pour Roman et Santiago l'atmosphère s'est apaisée dès que le machiniste a fait taire son sifflet obstiné. Que fait-on dans ces cas-là ? demande Santiago. Je ne sais pas, dit Roman en se grattant la tête dans une attitude perplexe qu'il juge indispensable en un moment pareil, il faut peut-être attendre l'arrivée de la police, d'une ambulance ou de la presse. Sur les voies du chemin de fer, à quelques pas d'eux, gît un corps coupé en trois ou quatre morceaux. Il fait nuit, les couleurs ont laissé place à des nuances de gris et de noir. Impossible de faire la différence entre l'huile perdue par les trains et le sang, la peau du mort à la couleur du plomb, le vert olive de son pantalon est brun. Seuls ses souliers sont visiblement noirs comme en plein jour. Et si passe un autre train ? demande Santiago. Roman tord les lèvres et fronce les sourcils. J'ai entendu dire que les soldats perdent leurs bottes quand ils meurent. C'est une légende, dit Santiago, en réalité on les leur vole, là-dessus quelqu'un arrive, les voyant tous déchaussés il finit par inventer cette histoire. Tous deux sont assis par terre. Et que dis-tu d'une grenade ? Roman lance un caillou en direction de l'avenue contiguë, de temps en temps passe une voiture ou un camion, mais aucun conducteur ni passager ne prête attention à eux. Santiago approuve et se lève lentement, ses jambes lui répondent par des craquements. Avec une grenade, ça change les choses, tu perds tes souliers, ton slip et ton urine. Il perçoit l'odeur de la manufacture de cigarettes voisine et choisit de changer de sujet parce qu'il n'a jamais vu de mort par grenade. Ça sent le tabac, dit-il, comme d'habitude, comme si aujourd'hui était un jour quelconque.


Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia