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Auteur : Maud Tabachnik
Date de saisie : 05/01/2012
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Flammarion, Paris, France
Collection : Tribal Flammarion
Prix : 13.50 € / 88.55 F
ISBN : 9782081263727
GENCOD : 9782081263727
Sorti le : 01/02/2012
Un brusque coup de vent, incompréhensible par sa fraîcheur et sa violence, le ranima. Il ouvrit les yeux et vit avancer sur lui une armée de chênes énormes, pendant que sur la façade, les volets claquaient rageusement, la porte s'ouvrait seule en grinçant sur un gouffre noir. Le vent cessa brutalement de souffler. Le maigre croissant de lune fut avalé par une nuée funèbre, et Sandor, anéanti par ces ténèbres démoniaques, entendit la maison rire d'inhumaine façon tandis que passaient sur son corps les lourds troncs de l'armée des arbres.
Dans un recueil de nouvelles noires et cinglantes, Maud Tabachnik nous livre un état de notre monde dans ce qu'il a de plus insaisissable.
Portrait sans complaisance d'un monde en proie à la violence, l'absurdité des destins et bouleversements du cours de l'histoire ; à travers le destin des jeunes filles excisées, la violence carcérale, le conflit israélo-palestinien qui brise les amitiés, les anges de la mort Maud Tabachnik nous livre un état du monde d'aujourd'hui dans ce qu'il a de plus noir et de plus insaisissable. L'homme, au centre de ce monde, montre toutefois qu'il peut parfois transcender son histoire et sa nature vengeresse, pour pouvoir vivre sa vie.
Maud Tabachnik commence sa carrière en tant que kinésithérapeute. Elle est passionnée de cinéma et surtout de lecture et de poésie. Elle écrit son premier roman. La Vie à fleur de terre en 1991. Ses thrillers politiques sont un coup de poing dans l'univers typiquement machiste des auteurs de polars. Plusieurs de ses romans policiers se déroulent aux États-Unis car, dit-elle, «c'est un pays où tout peut arriver»,
HOME SWEET HOME
L'impression que la maison était vivante s'imposait dès que l'on franchissait la grille tarabiscotée qui la séparait des bois alentour. Les fenêtres qui s'ouvraient sur sa façade et sur les murs latéraux semblaient autant d'yeux perçants et d'oreilles tendues, et sa porte massive une sentinelle vigilante et incorruptible.
C'est toutefois ainsi qu'elle apparut à Sandor, cambrioleur infatigable et chanceux. Les rumeurs rapportaient que les propriétaires de cette sombre bâtisse y séjournaient si peu que nul ne les avait encore aperçus, mais qu'ils étaient riches et amateurs d'art. Qualités qui, pour un homme aussi curieux et actif que Sandor, apparaissaient déterminantes.
Il s'y glissa dès la nuit profonde. La lune, dans son premier quartier, pâle et froide, effleurait à peine la cime des arbres. L'allée qui menait à la maison lui parut ingrate sous ses pieds qu'il tordit plusieurs fois. Les branches sur son passage semblaient se tendre vers lui, allonger leurs griffes, accrocher ses vêtements. Il les maudit à voix basse et serra contre son flanc ses outils de travail qui lui parurent, dans cet univers hostile, le seul élément familier et rassurant.
Il approcha de la lourde porte fermée par une serrure de qualité, mais sans mystère pour un professionnel tel que lui. Il allait s'y mesurer, quand une soudaine inquiétude lui fit lever la tête en direction de la façade, le coeur battant d'angoisse. Il était surveillé. Mais par qui ? Il s'était assuré que la baraque était vide.
Pourquoi cette frayeur irrépressible devant ces ouvertures aveugles qui lui firent l'effet de regards funestes ? Il se passa la main sur le front et se dit qu'il n'avait peut-être plus l'âge pour ce genre d'exercice.
Il recula pour mieux voir, son pied accrocha le bord de la terrasse, le déséquilibrant, et il tomba lourdement sur le gravier où il demeura étourdi.
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