Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Ruta Sepetys
Traducteur : Bee Formentelli
Date de saisie : 11/03/2012
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France
Collection : Scripto
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-07-063567-2
GENCOD : 9782070635672
Sorti le : 13/10/2011
«Ruta Sepetys signe un roman bouleversant. Magnifiquement écrit et capital.»
Harlan Coben
Lina est une jeune Lituanienne comme tant d'autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d'art. Mais une nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l'arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d'un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient. Mais Lina tient bon, portée par l'amour des siens et son audace d'adolescente. Dans le camp, Andrius, dix-sept ans, affiche la même combativité qu'elle...
Le récit de Lina vous coupera le souffle. Vous n'aurez qu'une envie : faire partager cette histoire aussi terrible qu'exemplaire, qui irradie d'amour et d'espérance. Déjà un classique dans de nombreux pays.
«Un livre poignant qu'on lit d'une traite.»
Publishers Weekly
«Premier roman exceptionnel. Formidable choc émotionnel.»
The New York Times Book Review
Ce livre, souvent publié à l'étranger sous la bannière adulte, est, en France, proposé dans la collection «Scripto» de Gallimard. La jeunesse de l'héroïne, sa perception de la vie et du drame qui la frappe rendent ce récit particulièrement palpable aux adolescents. Sa lecture laissera des traces.
Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre raconte l'histoire de Lina et sa famille, condamnés à 25 ans de travaux forcés par le NKVD parce qu'ils sont lituaniens. Il est des livres qui marquent les mémoires au fer rouge. Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre est de cette trempe...
Qu'on ne soit pas rebuté par ce sujet difficile. Car happé par la puissance de ce récit qu'on ne peut lâcher, le lecteur se sent le témoin privilégié d'un épisode important de l'Histoire. Ainsi Lina écrit-elle sur des feuillets qu'elle enterre dans le camp sibérien : "J'espère de tout mon coeur que les pages ici cachées feront jaillir de votre âme la source de la compassion la plus profonde. J'espère aussi qu'elles vous inciteront à faire quelque chose, à en parler à quelqu'un." Dont acte.
Ils m'ont arrêtée en chemise de nuit.
Quand je repense à cette terrible nuit, je suis bien obligée d'admettre que les signes avant-coureurs n'avaient pas manqué : on avait brûlé des photos de famille dans la cheminée; tard dans la soirée, j'avais surpris Mère à coudre à l'intérieur de la doublure de son manteau ses plus beaux bijoux et ses plus belles pièces d'argenterie; Père n'était pas rentré de son travail. Mon petit frère, Jonas, posait des questions. J'en posais, moi aussi, mais peut-être me refusais-je à reconnaître les présages de la catastrophe. En réalité, mes parents avaient l'intention de prendre la fuite, ce que je ne compris que plus tard.
Ils n'ont pas pris la fuite. Nous avons été arrêtés.
14 juin 1941. Après m'être changée et avoir passé ma chemise de nuit, je m'installe à mon bureau pour écrire une lettre à ma cousine Joana. J'ouvre ma nouvelle écritoire en ivoire, assortie d'une boîte de plumes et de crayons, qu'une tante m'a offerte pour mes quinze ans.
La brise du soir entrée par la fenêtre ouverte flotte au-dessus de mon bureau, faisant voltiger les rideaux. Je peux sentir le parfum du muguet que Mère et moi, nous avons planté voilà deux ans. Chère Joana.
Ce n'est pas un simple coup frappé à la porte, mais une véritable salve de coups, pressants, insistants, qui me fait bondir sur ma chaise. On martèle la porte d'entrée à coups de poing. Personne ne bouge à l'intérieur de la maison. Je quitte mon bureau pour aller jeter un regard furtif dans le couloir. Ma mère est debout, aplatie contre le mur, face à notre carte encadrée de la Lituanie. Elle prie, les yeux clos. Elle a les traits tirés par l'angoisse - une angoisse comme je ne lui en ai jamais vue.
- Mère, demande Jonas dont un seul oeil apparaît dans l'embrasure de sa porte, est-ce que tu vas leur ouvrir ? S'ils continuent comme ça, ils vont finir par défoncer la porte d'entrée.
Tournant la tête, Mère nous voit tous les deux, Jonas et moi, postés chacun sur le seuil de notre chambre, l'air interrogateur.
- Oui, mon chéri, je vais leur ouvrir, répond-elle en esquissant un sourire forcé. Je ne laisserai personne défoncer notre porte.
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis la traductrice de Between Shades of Gray, le livre de Ruta Sepetys intitulé en français Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre. Je traduis beaucoup pour les enfants, des plus petits jusqu'aux adolescents et jeunes adultes (essentiellement de l'anglais), mais je travaille aussi, entre autres, sur un poète israélien important, Avot Yeshurun, dont j'ai édité et traduit de l'hébreu une anthologie chez Actes-Sud, et sur le grand poète bengali Rabindranath Tagore.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
C'est la résilience exemplaire dont fait parfois preuve l'être humain, l'idée que dans les pires conditions, contre tout espoir, on peut tenir bon - par la grâce de l'amour, de l'art (son talent, sa passion pour Munch portent beaucoup Lina), de la poésie ou encore de la fidélité à ses propres valeurs, de l'humour aussi. Il ne s'agit pas ici de sublime ni d'héroïsme.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Peut-être citerais-je une phrase extraite d'une note de l'auteur en fin de volume : «[...] il n'est pas de plus puissante arme que l'amour. Quelle que soit la nature de cet amour - qui peut aller jusqu'à pardonner à ses ennemis -, il nous révèle la force miraculeuse de l'esprit humain.»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Ce serait le «De Profundis» et /ou le «Miserere» d'Arvo Pärt que j'ai beaucoup écoutés en traduisant le livre.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
C'est le sentiment que j'éprouve face à la situation vécue par Lina et sa famille, une situation extrême mais où le moindre geste, le moindre petit bonheur prend un sens, alors que dans notre monde extraordinairement confortable en comparaison, le sens disparaît petit à petit.
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia