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Auteur : Azadeh Kian
Date de saisie : 20/11/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Michalon, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 9782841865857
GENCOD : 9782841865857
Sorti le : 20/10/2011
Depuis son élection en 2005, et fort du soutien quasi inconditionnel du Guide suprême, Mahmoud Ahmadinejad a appliqué une politique populiste, promu la militarisation de l'État, accordé aux Gardiens de la révolution des pouvoirs considérables, maintenu sa position sur le dossier du nucléaire, défié le Conseil de sécurité des Nations unies, et suscité de sérieuses inquiétudes en Iran, au Moyen-Orient et dans le monde. Sa réélection en 2009 entachée de fraudes massives a poussé le peuple en lutte pour la démocratie et la justice sociale à descendre dans les rues de Téhéran. Ce mouvement contestataire dit «mouvement vert», surtout mené par les jeunes et les femmes, s'inspirera-t-il du «printemps arabe» ? Se transformera-t-il en révolution ?
Spécialiste de l'Iran, politologue et sociologue, Azadeh Kian nous offre une analyse fouillée et nuancée du contexte socio-économique interne du pays et de sa situation sur la scène internationale.
Professeur de sociologie à l'université de Paris 7-Diderot, responsable du Cedref, chercheur au CSPRP et à l'UMR Mondes iranien et indien, CNRS, Azadeh Kian est l'auteur de La République islamique d'Iran. De la maison du Guide à la raison d'État, Michalon, 2005.
Extrait de l'introduction
Ce livre se situe dans la continuité de celui publié en 2005 {La République islamique d'Iran : De la maison du Guide à la raison d'État) qui examinait les transformations de ce pays sur un plan politique, économique, social et culturel et analysait le paradoxe iranien : entre une société moderne qui se sécularise et un régime islamiste qui s'institutionnalise. Nous écartions alors la probabilité d'une deuxième révolution sur le modèle de celle de 1979. En revanche, nous nous intéressions à la société civile et à la volonté des acteurs sociaux d'introduire le changement par le bas, par une citoyenneté active.
C'est précisément ce qui est arrivé en juin 2009 avec le mouvement contestataire appelé «le mouvement vert». La participation massive des femmes de tous les âges à ce mouvement, a, une fois de plus, démontré le rôle qu'elles jouent dans les mutations sociétales et souligné l'importance de leur lutte pour la citoyenneté pleine et la démocratie. Mais pour comprendre ce mouvement sans révolution, ses bases sociales, ses revendications ou ses modes de mobilisation politiques réels et virtuels, il faut revenir sur la présidentielle de 2005 qui a conduit à l'ascension de Mahmoud Ahmadinejad. Pendant son premier mandat et fort du soutien presque inconditionnel du Guide Khamenei et des commandants des Gardiens de la révolution (Pasdarans), il a appliqué une politique populiste, défié l'institution cléricale, promu la militarisation de l'État, accordé des concessions considérables au conglomérat des Gardiens de la révolution, faisant d'eux un État dans l'État. Il a adopté une position intransigeante sur le dossier du nucléaire, défié le Conseil de sécurité des Nations unies, opté pour une politique conflictuelle à l'égard des puissances occidentales et suscité de sérieuses inquiétudes en Iran, au Moyen-Orient et dans le monde.
À la différence de la Tunisie ou de l'Égypte, les revenus pétroliers conséquents et la politique clientéliste d'une part, l'indépendance politique du régime iranien face aux puissances mondiales d'autre part, ont permis à l'État rentier iranien d'empêcher l'explosion sociale et d'éviter une coalition de différents groupes sociaux protestataires alors qu'il traverse la crise politique la plus grave de son existence. L'État islamique d'Iran continue à générer et définir des groupes sociaux (comme les Gardiens de la révolution, qui se battent pour préserver les fondements du régime et en échange se développent grâce aux revenus du pétrole). Mais sa production de symbolique religieuse à travers laquelle il tente de contrôler la structuration du paradigme islamique du pouvoir a été mise à mal par le mouvement vert, figure d'un islam compatible avec l'égalité, la liberté et la démocratie. De plus, sur le plan régional et international, les conséquences de la crise du nucléaire, la constitution d'un front de refus contre l'Iran et les sanctions internationales décrétées contre ce pays depuis 2006, enfin, l'animosité des voisins arabes de l'Iran ont davantage isolé et fragilisé le pays.
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