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.. Ecrire la Révolution, 1784-1795 : lettres à Pauline

Couverture du livre Ecrire la Révolution, 1784-1795 : lettres à Pauline

Auteur : Gaston de Lévis

Préface : Claudine Pailhès

Date de saisie : 20/11/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : la Louve éditions, Flaujac-Poujols, France

Collection : Littérature & textes

Prix : 26.00 € / 170.55 F

ISBN : 978-2-916488-47-9

GENCOD : 9782916488479

Sorti le : 07/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 20/11/2011

Cet ouvrage livre une correspondance d'environ 300 lettres de Gaston de Lévis, élu en 1816 à l'Académie Française. Ce document est exceptionnel à plus d'un titre : Gaston de Lévis écrit à son épouse Pauline entre les années 1784 et 1795. Outre l'oeuvre littéraire tout à fait remarquable que constituent ces lettres, il s'avère qu'elles sont aussi - et même surtout - une source historique rare. Écrivant de Paris, de Versailles, puis de toute l'Europe, Gaston de Lévis raconte quasiment au jour le jour la Révolution française et les années troublées qui ont suivi. Ainsi, après avoir été député de la noblesse aux États Généraux en 1789, il s'engage auprès des armées coalisées (il est à Valmy, au débarquement de Quiberon...) et il raconte tout cela avec force détails, dans une très belle langue, sans jamais se départir d'un humour décapant. Il se fait ainsi le fidèle rapporteur de remous historiques qu'il vit de l'intérieur. Attaché à la famille royale, il est un témoin avisé et sagace, il a ses entrées à la Cour et derrière les portes closes. Depuis les quatre coins d'une Europe qui vibre, il raconte, décrit, réfléchit... il écrit l'Histoire, tout simplement, en n'oubliant jamais le lieu où son coeur est en dépôt, auprès de «sa» Pauline.

«On a envoyé un reporter dans le temps, et il raconte... Certes, on sait bien que Gaston de Lévis écrit à sa femme, mais on ne peut contenir cette impression tenace que c'est à chacun de nous, personnellement, qu'il s'adresse. Une source historique qui se lirait comme un roman !
C'est assez rare pour que l'on ne boude pas son plaisir...»

Bruno Modica, Les Clionautes

Claudine Pailhès, éditrice de ces lettres, est diplômée de l'École nationale des Chartes, Conservateur en chef du patrimoine, directrice des Archives départementales de l'Ariège et enseignante en archivistique à l'Université de Toulouse-le Mirail.


  • Les courts extraits de livres : 20/11/2011

Extrait de l'introduction

NOTA :
Les chiffres entre parenthèses dans le texte renvoient aux numéros des lettres.

UNE CORRESPONDANCE RETROUVÉE

Histoires de lettres

Le chartrier de Léran, c'est-à-dire les archives de la famille de Lévis dans l'ensemble de ses branches, est demeuré dans le château de Léran (Ariège) jusqu'en 1982. Il a fait l'objet à cette date d'une dation à l'État et a été transféré aux Archives nationales. En 1996, la décision a été prise d'un dépôt aux Archives départementales de l'Ariège où il est désormais conservé.
Quelques liasses concernent la branche de Lévis-Ajac dont est issu le duc Gaston de Lévis. Le chartrier de Léran a fait l'objet d'un inventaire ancien et les pièces ont alors été estampillées, ce qui nous permet d'assurer que les lettres du duc à sa femme sur la période 1784-1795 qui font l'objet de la présente édition n'appartenaient pas au chartrier : elles ne sont pas mentionnées dans l'inventaire et ne sont pas estampillées «château de Léran».
Elles se sont pourtant trouvées un temps entre les mains du duc Antoine de Lévis Mirepoix, historien et académicien (1884-1981) qui en a publié une partie'2, sans toutefois indiquer leur provenance ni leur lieu de conservation. Puis elles ont «disparu» plusieurs décennies avant d'être proposées à la vente, en 2000, aux Archives départementales de l'Ariège qui les ont achetées pour compléter le fonds familial des Lévis.
L'ensemble acquis se compose du «Journal de Prusse», des lettres adressées par Gaston de Lévis à sa femme et d'autres lettres adressées à la duchesse : une lettre de sa mère et une de sa tante alors qu'elle résidait à Tournai (1791) et 22 de son amie, madame de Crenolle, alors qu'elle résidait à Londres (janvier 1794-novembre 1796). Ces 24 lettres se trouvaient dans une chemise intitulée «others letters of duchess of Levis», ce qui laisse penser qu'elles ont séjourné un temps en Angleterre. Y ont-elles été laissées par la duchesse lorsqu'elle est rentrée en France après le temps de l'émigration ? Cela semble peu vraisemblable étant donné le caractère très privé de ce genre de papiers, qu'on conserve, ou à la rigueur qu'on détruit, mais qu'on n'abandonne pas. Sont-elles venues entre les mains de personnes qui avaient connu Gaston et Pauline ? On ne le saura sans doute jamais.
Gaston et Pauline ne s'écrivaient bien sûr que lorsqu'ils étaient séparés, d'où de grands intervalles «vides» dans cette correspondance. Lorsque la séparation était longue et la distance grande, ils numérotaient les lettres pour pallier les aléas de la poste et savoir si telle ou telle lettre n'était pas arrivée à bon port, Gaston l'explique à plusieurs reprises. Portent ainsi une numérotation propre la correspondance du voyage de Prusse et de Russie (juillet 1784-janvier 1785) et les lettres de l'émigration : lettres adressées à Tournai (décembre 1790-mai 1791), à Londres (juin-septembre 1791 puis mars-juillet 1792), lettres de la campagne de Champagne (août-octobre 1792), de l'expédition avortée à partir de l'île de Wight (décembre 1793-janvier 1794) et de l'expédition de Quiberon (juin-juillet 1795).
L'ensemble a reçu plus tard (quand et par qui ?) une numérotation continue qui se superpose à ces numérotations ponctuelles et qui couvre toutes les lettres. C'est cette numérotation que nous avons retenue. Elle offre le précieux avantage de mettre à leur place des lettres non datées et celui de révéler les manques : lorsqu'il y a un grand intervalle chronologique entre deux lettres, on sait s'il est dû à une perte (il manque alors des numéros) ou au fait qu'il n'y a pas eu de correspondance échangée pendant ce temps, parce que le duc et la duchesse vivaient alors ensemble.
Cette numérotation continue révèle que l'ensemble comportait 294 lettres auxquelles il faut ajouter le «Journal» tenu par Gaston de Lévis lors de son voyage de Prusse et de Russie, envoyé en neuf chapitres paginés, qui n'a pas été pas compris dans la numérotation continue apposée postérieurement sur la correspondance mais que nous avons intercalé aux lettres. Il manque 57 lettres et un chapitre du Journal ; la présente édition porte donc sur 236 lettres et huit chapitres du Journal.


  • Le courrier des auteurs : 05/11/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Claudine Pailhès, directrice des Archives départementales de l'Ariège. Les lettres de Gaston de Lévis sont conservées dans ce centre d'archives, avec l'ensemble des archives de la famille de Lévis.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il s'agit d'une correspondance entre un mari et sa femme, des écrits très privés, donc. Cette correspondance témoigne d'abord d'une grande histoire d'amour. Mais par ailleurs, sa grande originalité est de couvrir la fin de l'Ancien Régime et la période révolutionnaire. Gaston, duc de Lévis, écrit à sa femme lorsqu'il est séparé d'elle : pendant un long voyage vers la Prusse et la Russie en 1784 puis lorsqu'elle a émigré en Belgique puis en Angleterre en 1790-1795. Il lui fait le récit de ce qui se passe dans le Paris révolutionnaire puis dans la campagne de Valmy (il assiste à la bataille du haut du fameux «moulin de Valmy») puis lors du débarquement de Quiberon. Mais aussi il se confie à elle, lui expose ses états d'âme, son enthousiasme pour les débuts de la Révolution puis son amertume devant les excès, sa souffrance de devoir prendre parti, sa détresse quand il finit par se sentir obligé d'émigrer et de rejoindre ceux qu'il a longtemps considéré comme traîtres à leur patrie. Le tout avec une écriture magnifique où l'humour affleure en permanence malgré la douleur des temps.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Le ciel pourra tomber, toutes les révolutions et contre-révolutions se faire ou se défaire, toi seule dans le monde vaut mieux que l'honneur."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Mozart.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'intimité et la confiance absolue unissant ce couple qui fait face avec courage et honneur aux grands remous de l'Histoire.


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