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.. Dans le terrier du lapin blanc

Couverture du livre Dans le terrier du lapin blanc

Auteur : Juan Pablo Villalobos

Traducteur : Claude Bleton

Date de saisie : 22/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 12.80 € / 83.96 F

ISBN : 9782330001643

GENCOD : 9782330001643

Sorti le : 31/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 23/11/2011

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Il était une fois un petit garçon très intelligent passionné par les chapeaux, les dictionnaires, les samouraïs et la délicatesse infinie des sans-culottes. Un jour, il se pique de doter son zoo privé d'hippopotames nains du Liberia, et qu'importe que l'espèce soit en voie d'extinction ! Il les aura car papa peut tout. Papa est riche et puissant : il travaille dans la cocaïne. Depuis la forteresse où il vit reclus avec son narcotrafiquant de père et sa cour, le "Candide" observe un monde fantasmagorique et pourtant réel qui répond au moindre de ses désirs. S'il paraît extravagant, il est plein, en vérité, d'une cohérence implacable : le caprice puéril n'est qu'une réplique en miniature de la démence adulte.
Puisant avec brio à la source de l'ironie pour bâtir ce court roman philosophique, l'auteur brandit le pouvoir subversif de la dérision pour pointer une violence mexicaine prégnante et l'affilier, surtout, à une longue tradition humaine. Il semblerait, en effet, que toutes les civilisations comptent leurs coupeurs de têtes et qu'il ne soit pas si rare que les petits lapins blancs se transforment en serpents à sonnette.

Juan Pablo Villalobos est né au Mexique en 1973- II a étudié le marketing et la littérature et vit à Barcelone. Dans le terrier du lapin blanc est son premier roman.



  • La revue de presse Delphine Peras - L'Express, novembre 2011

Tout l'art du Mexicain Juan Pablo Villalobos, dans ce premier roman cruel et drôle, est d'avoir trouvé le ton juste en conservant à son jeune protagoniste une part d'innocence.


  • Les courts extraits de livres : 04/11/2011

Certaines personnes disent que je suis un garçon précoce. Surtout parce quelles croient que je suis trop petit pour savoir les mots difficiles. Mais j'en sais plusieurs, par exemple : sordide, néfaste, impeccable, pathétique et foudroyant. En réalité, il n'y a pas beaucoup d'adultes qui disent que je suis un garçon précoce. Le problème, c'est que je n'en connais pas beaucoup, au maximum treize ou quatorze, dont quatre disent que je suis un garçon précoce, ou que je fais plus grand que mon âge. Ou au contraire, que je suis trop petit pour ce genre de choses. Ou, au contraire du contraire, que je suis un nain. Mais je ne pense pas être un garçon précoce. A vrai dire, j'ai un truc, comme les magiciens qui sortent des lapins de leur chapeau, sauf que je sors des mots du dictionnaire. Tous les soirs, avant de m'endormir, je lis le dictionnaire. Le reste, ma mémoire s'en charge, la mienne est très bonne, presque foudroyante. Yolcaut ne croit pas non plus que je sois un garçon précoce. Il dit que je suis un génie, il me dit :
- Tochtli, sacrée tête de lard, tu es un génie.
Et ses doigts pleins de bagues en or et en diamants me caressent la tête.
N'empêche, une majorité des gens dit que je suis curieux : sept. Tout ça, parce que j'aime bien les chapeaux et que j'en porte toujours un. C'est conseillé, pour être impeccable. Dans le ciel, il y a des pigeons qui font leurs besoins. Si on ne porte pas de chapeau, on finit par avoir la tête toute sale. Les pigeons exagèrent. Ils font leurs cochonneries devant tout le monde, en plein vol. Quand même, ils pourraient attendre de se cacher dans les arbres. Comme ça, on ne serait pas obligés de passer son temps à regarder le ciel et à se protéger la tête. Mais les chapeaux, quand ils sont bons, ça sert à la distinction. Manière de dire qu'un chapeau c'est comme la couronne d'un roi. Si on n'est pas roi, on peut porter un chapeau pour la distinction. Mais si on n'est pas roi et qu'on n'en porte pas, on n'est personne.
Je ne pense pas être curieux parce que je porte des chapeaux. D'ailleurs, curieux, c'est limite moche, dit Cinteotl. En tout cas, si je suis sûr d'une chose, c'est d'être un mec. Par exemple : je ne passe pas mon temps à pleurer, sous prétexte que je n'ai pas de maman. Il est admis que si on n'a pas de maman on doit verser des larmes, beaucoup, des litres, dix ou douze par jour. Mais je ne pleure pas, les types qui pleurent sont des pédés. Quand je suis triste, Yolcaut me dit de ne pas pleurer, il me dit :
- Tiens bon, Tochtli, tiens bon comme un mec.


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