Fais pas ci, fais pas ça, baisse ta musique, fais tes devoirs, ne coupe pas la parole aux adultes... Les ados passent leur temps à entendre ordres et conseils, et avant tout celui d'être bien obéissant. Pas cette fois ! L'auteur de cet ouvrage, lui, lance un cri d'alarme : DÉSOBÉIS ! Dictature de la surconsommation, de la pub, pollution, intolérance, vivisection... Tout ce qui fâche y passe, avec un seul mot d'ordre : le monde et notre destin nous appartiennent.
1. ERNESTO
2. GUÉRILLA
3. POURQUOI REGARDEZ-VOUS CETTE AFFICHE ?
4. LE GANG DES MILLE ET UNE NUITS
5. LE REFUS
6. COMMANDO
7. PLUS OU MOINS
8. CHANGEMENT DE BRAQUET
9. POUR LA VIE
Né en 1959, après des études aux Beaux-arts et différents métiers dont joueur professionnel de tennis et appareilleur en orthopédie, Christophe Léon a passé de nombreuses années à douter, de lui mais aussi de la société. Un temps engagé dans le monde de l'entreprise, il s'est décidé à vivre pauvrement dans le luxe.- l'écriture. Pour adultes, pour la jeunesse et surtout pour les idées qu'il défend au quotidien et qui font de lui, même s'il s'en défend, un auteur engagé.
Les courts extraits de livres : 09/11/2011
- Tu limes jusqu'à ce qu'il n'y ait plus la moindre irrégularité. Je veux que le cul de chaque verre soit bien rond et lisse, compris ?
Si mon grand-père avait encore été de ce monde, il aurait dit, avec cet air moqueur que j'aimais tant chez lui : «Le voilà fier comme un bar-tabac tout neuf !» Il avait de ces expressions dont je ne comprenais pas grand-chose mais qui me ravissaient.
Je ne suis peut-être pas un bar-tabac tout neuf, mais je ne céderais ma place à personne.
Nous sommes, papa et moi, dans le garage attenant à la maison, devant l'établi en bois. Aux murs sont alignés les outils pendus à des crochets - pinces, clés, tournevis, scies...
Je m'applique en donnant des coups de lime réguliers d'un geste sûr du poignet. De temps en temps, je fais passer la pulpe de mon pouce sur la surface polie. Quand plus rien n'accroche la peau, je pose la flûte en plastique sur l'établi à côté des autres. J'en suis à ma sixième.
Il flotte dans l'air une odeur de brûlé qui n'est pas désagréable bien qu'entêtante.
- Encore quatre et c'est bon, dit mon père.
Il se charge de couper les pieds des verres. Il utilise une petite scie à métaux. Il coince délicatement la flûte dans l'étau. Il serre à peine pour ne pas la briser.
- Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi il fallait découper les pieds des verres, papa.
J'ai douze ans, et pour la première fois papa a accepté que je l'aide et plus tard l'accompagne.
Jusqu'à présent je me contentais d'assister aux préparatifs. Ce n'était jamais la même histoire. Tantôt papa se fardait le visage, endossait un habit de clown et partait ainsi déguisé vers des destinations que je ne connaissais souvent qu'en lisant, le lendemain, l'article paru dans le journal local.