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.. Lumières romanes en Charentes, Romanesque reflections in Charentes

Couverture du livre Lumières romanes en Charentes, Romanesque reflections in Charentes

Auteur : Maggie Cole | Philippe Julien-Labruyère | Isabelle Oberson

Préface : Éric Fottorino

Illustrateur : photographies de Philippe Julien-Labruyère

Date de saisie : 21/10/2011

Genre : Architecture

Editeur : Arléa, Paris, France | Croît vif, Saintes, France

Prix : 39.00 € / 255.82 F

ISBN : 978-2-86959-963-5

GENCOD : 9782869599635

Sorti le : 06/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 11/11/2011

Jamais un livre d'art n'a montré de façon aussi complète et passionnée l'extraordinaire floraison romane du pays charentais : 260 photos pour 110 églises... Ce qui frappe ici, c'est la multitude de sanctuaires «qui ne se poussent pas du col, mais donnent au pays son âme rustique et avenante», écrit Eric Fottorino dans sa préface. Un double regard compose cette splendide galerie : celui du photographe, empreint des effets de lumière sur ce qu'il découvre, et celui de l'historien d'art, resituant chaque édifice au sein du grand mouvement de création du «blanc manteau d'églises», qui marque le Moyen Age. Heureux mélange et impression forte : «Une sobre ébriété dans l'abondance de lumière.»

Il s'agit d'un beau livre sur les églises romanes des deux Charentes. Les photos «esthétiques» de Philippe Julien- Labruyère, sont accompagnées de textes descriptifs - en français, dus à Isabelle Oberson (directrice de l'Atelier du patrimoine de Saintonge) - et en anglais, dus à Maggie Cole.

Le livre propose 116 églises des deux Charentes en 276 photos, la plupart sont des photos d'extérieurs.

La profusion de l'art roman en Charentes, notamment des petites églises rurales, est un facteur ancien de l'identité locale, qui illustre l'originalité d'une région ainsi que l'attachement à son patrimoine. Le texte fournit nombre d'explications historiques, architecturales et artistiques...

Édition bilingue français-anglais
Philippe Julien-Labruyère, Isabelle Oberson, Maggie Cole


  • Les courts extraits de livres : 11/11/2011

Extrait de la préface de Éric Fottorino

Romanesque Reflections. Traduit dans la langue de Shakespeare, le titre tout en reflets de ce superbe livre ouvre en grand les portes de mon inconscient : je n'ai jamais pu prononcer l'expression «art roman» sans entendre aussitôt «art du roman», donc mystère du romanesque, fiction, imagination, noces d'un monde réel et d'un monde rêvé. Roman parce qu'il raconte une histoire. Roman parce qu'il prend son temps et, le prenant, il le marque. Comme si chaque église était un signet dans le grand livre des hommes occupés du ciel et conscients d'appartenir à la terre. Vivre en sachant qu'on doit mourir, voilà qui donne du coeur à l'ouvrage, de la constance et de la modestie. Bâtisseur et romancier se rejoignent dans cette quête d'un absolu épuré, la forme que l'un trace dans l'azur, la ligne que l'autre couche sur le papier. Roman, il était une foi, il était une fois... D'instinct aussi, je n'ai jamais séparé l'art roman d'un grand bain de lumière. Je pense forcément à Cocteau et à son drôle d'avertissement : les miroirs feraient bien de réfléchir avant de renvoyer les images. C'est donc ça, cette lumière-là se dit reflection chez nos amis d'outre-Manche. Je me doutais bien qu'il coulait de la pensée dans la lueur de nos jours, dans la noirceur de nos nuits. Et il m'est impossible de voir dans les jeux du clair-obscur autre chose qu'une réflexion divine, ou au moins surnaturelle. D'où mon trouble lorsque le titre Lumières romanes se retourne comme un gant de gentleman en Romanesque Reflections.

Il me semble que les mots disent l'essentiel, à savoir l'essence même de la vie dans son interrogation qui n'en finit pas : pourquoi sommes-nous là, quel est le sens de notre présence au monde, à quelle fin, si tout cela est appelé à finir ? Pour ceux qui, comme moi, sont parfois happés par le vertige (ou la crainte) du rien, alors ces vestiges apportent un début de réponse, sinon un commencement de preuve. Il existe dans l'art roman inventé par les hommes, et pourtant plus grand que les hommes, une manière d'espoir, de douceur nimbée de silence, de vive clarté magnifiée par un je ne sais quoi de modeste, d'humble, de Dieu à portée de main, sans flaflas ni simagrées. Avant même de tourner ces pages, d'en découvrir les trésors visuels captés par Philippe Julien-Labruyère, associés aux mots savants d'Isabelle Oberson et Maggie Cole, l'esprit vagabonde. Les monuments dont il est question ne sont ni si hauts, ni si imposants, et pourtant ils élèvent le regard, allègent l'âme. Ils rendent heureux car ils nous disent aussi que la vie est là où l'ardeur humaine et la ferveur, le goût et le talent ont essaimé pour semer ces havres de paix. Trapus ou effilés comme dentelle, discrets ou majestueux, ce sont des édifices qui ne se poussent pas du col mais donnent au pays de Saintonge son âme rustique et avenante. En les découvrant, je m'aperçois que je les connais, ces églises. Elles appartiennent à mon paysage mental depuis l'enfance, quand à bicyclette je reliais les villages tranquilles des Charentes défendus par ces vigies minérales qui m'offraient leur protection d'ombre fraîche ou leurs façades en coupe-vent. Le roman est pensé en fil de pierre comme Calder pensait en fil de fer. Ces merveilles sous éclairage naturel portent beau et portent bonheur. Elles sont belles à voir, belles à vivre. Nous les avons sauvegardées mais c'est elles qui nous gardent pendant que nous les regardons. Elles inspirent confiance, elles inspirent tout court, telles les images qui naissent d'un roman. Elles sont nos racines en plein air. Elles se jouent de la lumière changeante qui les façonne et les métamorphose, les rendant à chaque instant différentes.


  • Le courrier des auteurs : 11/11/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un gourmand, amoureux et boulimique des belles choses. Ma profession me fait voyager beaucoup et j'adore découvrir ou redécouvrir des lieux et des gens. Ma passion de toujours est la photographie. J'ai réalisé des expositions sur des thèmes de carnets de voyage ou de portraits et aussi sur un thème que j'affectionne particulièrement, l'eau.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Ce livre de photographie est une rencontre avec les églises romanes de Charente. Son ambition est de montrer et de transmettre la clarté des bâtisseurs des XIe et XIIe siècles au travers de leurs oeuvres intemporelles. C'est un croisement des dimensions historiques, architecturales, culturelles, artistiques, émotionnelles et spirituelles.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Il existe dans l'art roman inventé par les hommes, et pourtant plus grand que les hommes, une manière d'espoir, de douceur nimbée de silence, de vive clarté magnifiée par un je ne sais quoi de modeste, d'humble, de Dieu à portée de main, sans flaflas ni simagrées." - préface d'Eric Fottorino.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une cantate de Bach sans aucun doute. Et plus précisément l'air de Basse de la cantate BWV92 "Ich hab in Gottes Herz und Sinn". Son énergie créatrice est tellement le reflet de ce livre.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La beauté ! leur faire sentir les émotions qui sont derrière chaque photo.


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