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.. Comme un oiseau dans la tête : poèmes choisis

Couverture du livre Comme un oiseau dans la tête : poèmes choisis

Auteur : René-Guy Cadou

Préface : Philippe Delerm

Date de saisie : 29/09/2011

Genre : Poésie

Editeur : Points, Paris, France

Collection : Points. Poésie

Prix : 7.80 € / 51.16 F

ISBN : 9782757824719

GENCOD : 9782757824719

Sorti le : 19/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 26/10/2011

Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon coeur durerait jusqu'au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

La poésie de Cadou est de plus en plus présente. Chaque jour qui passe en porte témoignage, du commentaire donné aux bacheliers, au chanteur qui met ses poèmes en musique, à l'enfant qui récite : «Odeur des pluies de mon enfance...» [...] Jamais sans doute poésie d'exigence intérieure n'a été si chantante, jamais poésie chantante aussi exigeante.

Philippe Delerm

René Guy Cadou est né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne. Fils d'instituteur et instituteur lui-même, c'est dans l'atmosphère des écoles et dans la proximité de la nature qu'il puise son inspiration et nous délivre une oeuvre poétique aux accents universels. Il est mort le 20 mars 1951, à l'âge de 31 ans.

Édition établie par Jean-François Jacques et Alain Germain Préface de Philippe Delerm

Dirigée par le romancier Olivier Adam, cette anthologie des plus beaux poèmes de René Guy Cadou est l'occasion de redécouvrir un des grands poètes français - et bretons - du XXe siècle. Sa poésie, lumineuse et éloignée des modes qui affectaient ses contemporains, traite du lien à la nature, de l'amitié, de l'amour fou... mais aussi de l'horreur de la guerre et de la barbarie nazie, dénoncées de façon poignante pendant l'Occupation.

Né en 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne, René Guy Cadou est l'un des grands poètes français du XXe siècle, et l'un des plus célèbres poètes bretons. Son oeuvre a été saluée par de nombreux auteurs, dont Pierre Reverdy, Francis Jammes, Jean Giono et Max Jacob. Il est décédé en 1951, à l'âge de 31 ans.


  • Les courts extraits de livres : 26/10/2011

J'ai toujours habité de grandes maisons tristes
Appuyées à la nuit comme un haut vaisselier

Ainsi René Guy Cadou définit-il le cadre de sa trop courte vie. Grandes maisons tristes. Maisons d'école. Fils d'instituteur puis instituteur lui-même, c'est dans ces lieux d'enfance que la vie tout entière du poète a tenu. A Sainte-Reine-de-Bretagne, le 15 février 1920, René Guy Cadou naissait.

Je n'ai pas oublié cette maison d'école
Où je naquis en février dix-neuf cent vingt
Les vieux murs à la chaux ni l'odeur du pétrole
Dans la classe étouffée par le poids du jardin

Une école. Un pays. Pas n'importe lequel. La Brière. Un bout de monde très tranquille, noyé dans ses étangs. Mystère et apparente simplicité, les mots qui pourraient qualifier sa terre natale nous parlent déjà de l'oeuvre de Cadou :

Brières, mes limons de tendresse
O mes cages
Pérous de la lumière
Les vols ensorcelés de mes canards sauvages
La chambre fortunée où j'en appelle à Dieu
Je revois tout
L'échoppe rose des aurores
Sur mes genoux il pleut encore.

D'emblée cet enracinement de Cadou dans le monde de l'école et dans un pays génère aussi une forme de malentendu. On verra souvent Cadou comme un poète de l'école ou un écrivain régionaliste. Comme si la fidélité aux origines était réductrice pour ceux qui ne savent pas entendre la singularité d'une voix, l'universalité d'un chant. D'ailleurs René Guy Cadou sera aussi un écrivain de la ville, comme en attestent de nombreux poèmes de cette anthologie, et bien des passages de son récit autobiographique Mon enfance est à tout le monde. A sept ans, Cadou quittera la Brière pour Saint-Nazaire, puis Nantes. C'est là qu'il aura la douleur de perdre sa mère, le 30 mai 1932.

Il n'y a plus que toi et moi dans la mansarde
Mon père
Les murs sont écroulés
La chair s'est écoulée
Des gravats de ciel bleu tombent de tous côtés

Noires années. Solitude adolescente. Bientôt, c'est son père qui va disparaître. C'est de ce temps que naîtront la souffrance et l'apaisement d'écrire. Cadou évoquera plus tard cette urgence : «J'entendis la corde du violon casser. Dans la petite chambre qui dominait les pontons du fleuve la poésie venait de s'annoncer.»


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